Le 15 juillet 2025, les actions des grands constructeurs automobiles européens ont plongé sur les marchés financiers, plombées par la menace d’un tarif douanier de 30 % que les États-Unis pourraient appliquer dès le 1ᵉʳ août sur les véhicules européens. Le STOXX 600 (indice boursier paneuropéen) a reculé de 0,5 %, avec un repli plus marqué dans le secteur automobile.
Des marchés ébranlés par l’incertitude
Annoncée dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre l’Union européenne et les États-Unis, cette éventuelle taxe pèse lourdement sur les perspectives des groupes automobiles européens, fortement exposés au marché nord-américain. Renault, Stellantis, BMW et Volkswagen ont vu leur cours chuter entre 2 et 4 % à la clôture.
En coulisse, la Maison-Blanche affirme vouloir rétablir un équilibre commercial avec l’Europe, accusée de pratiquer un protectionnisme déguisé via ses normes environnementales. L’administration américaine reproche également à Bruxelles d’imposer des taxes carbone qui désavantageraient les véhicules fabriqués hors de l’UE.
Pourquoi l’industrie est vulnérable
Si cette taxe venait à entrer en vigueur, elle alourdirait considérablement le prix des voitures européennes aux États-Unis, affectant à la fois les ventes et les marges. Le secteur est d’autant plus vulnérable qu’il dépend :
- D’exportations premium vers les États-Unis (notamment pour Mercedes, BMW, Audi).
- De chaînes d’approvisionnement mondialisées, déjà fragilisées par les conflits commerciaux précédents.
- D’un contexte économique incertain en Europe, où la demande intérieure ralentit.
- D’investissements massifs dans l’électrification, qui réduisent leur marge de manœuvre pour encaisser un choc tarifaire.
- D’un manque de clarté politique à court terme des deux côtés de l’Atlantique.
L’Europe sous pression
À Bruxelles, la menace est prise très au sérieux. Plusieurs responsables évoquent la possibilité de représailles commerciales si les droits de douane américains étaient réellement appliqués. Les discussions se poursuivent en urgence entre la Commission européenne et les émissaires américains pour tenter de désamorcer cette escalade.
L’Allemagne, en particulier, pousse pour une solution diplomatique : son industrie automobile représente une part majeure des exportations vers les États-Unis, et une taxe de 30 % pourrait coûter plusieurs milliards d’euros aux constructeurs allemands.
Vers un bras de fer transatlantique ?
Cette situation ravive le souvenir de la guerre commerciale entamée en 2018, où droits de douane, taxes ciblées et contre-sanctions avaient déstabilisé les marchés mondiaux. Si aucun décret n’a encore été signé, la date butoir du 1ᵉʳ aoûtapproche à grands pas, et les investisseurs redoutent un nouveau choc économique et stratégique.