Alors que le marché de l’automobile électrique continue de se transformer, Hyundai annonce une décision inattendue mais révélatrice des réalités du secteur : l’arrêt de la commercialisation de la Ioniq 6 en France. Malgré son design distinctif et ses performances solides, cette berline 100% électrique quitte discrètement un marché devenu hostile à son format et à son positionnement.
Une berline séduisante, mais incomprise
Lancée avec l’ambition de concurrencer la Tesla Model 3 et de proposer une alternative élégante aux SUV omniprésents, l’Ioniq 6 misait sur son aérodynamisme, son autonomie généreuse (jusqu’à 614 km en cycle WLTP) et ses équipements technologiques de pointe. Pourtant, elle n’a jamais su réellement s’imposer dans le paysage français. Le principal frein ? Une combinaison de facteurs économiques, fiscaux et culturels.
Les raisons d’un retrait stratégique
Le retrait de la Hyundai Ioniq 6 du marché français n’est pas le fruit d’un seul facteur. Il s’explique par une conjonction d’éléments qui rendent son maintien difficile à justifier :
- Absence de bonus écologique : en raison de son poids et de son origine hors UE, la Ioniq 6 n’est pas éligible aux aides gouvernementales françaises.
- Fiscalité défavorable : son malus au poids et les taxes associées freinent l’achat chez les particuliers comme chez les entreprises.
- Rejet croissant des berlines : les consommateurs français privilégient désormais les SUV, jugés plus pratiques et valorisants.
- Positionnement tarifaire : son prix élevé, sans bonus, la rendait peu compétitive face à des SUV électriques mieux perçus.
Un avenir incertain pour les berlines électriques
Ce retrait sonne comme un avertissement pour les autres berlines électriques. La morphologie traditionnelle à trois volumes séduit de moins en moins en Europe, et encore moins lorsqu’elle est couplée à un prix premium. Même les constructeurs allemands, historiquement attachés à ce format, réorientent leurs gammes vers des crossovers et SUV compacts.
Hyundai ne renonce toutefois pas à l’électrique : le constructeur coréen mise désormais davantage sur l’Ioniq 5, son SUV à succès, ainsi que sur l’arrivée très attendue de l’Ioniq 7, un grand SUV familial prévu pour 2026. La Ioniq 6, quant à elle, continuera d’être commercialisée sur d’autres marchés plus réceptifs à son style, comme l’Allemagne ou les États-Unis.
Une page qui se tourne
La fin de la Ioniq 6 en France illustre la difficulté de concilier ambition technologique, attentes du public et contraintes réglementaires. Dans une période de transition énergétique, les choix des constructeurs doivent s’adapter rapidement à des contextes nationaux parfois très divergents. La disparition de cette berline visionnaire laisse une place vide, mais aussi de nombreuses leçons pour l’avenir de la mobilité électrique.