Jaguar Land Rover reporte l’électrification de ses modèles phares

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Dernière mise à jour le 21 juillet 2025
Jaguar Land Rover

Alors que la plupart des constructeurs avancent à marche forcée vers le tout électrique, Jaguar Land Rover (JLR) choisit la prudence. Le groupe britannique a décidé de repousser le lancement de ses premiers modèles 100 % électriques, notamment le très attendu Range Rover EV et la nouvelle gamme Jaguar. Cette décision stratégique reflète les incertitudes persistantes du marché et les enjeux spécifiques auxquels fait face le constructeur de luxe.

Un virage électrique plus lent que prévu

JLR avait promis une transition rapide vers l’électrique, avec une première Jaguar zéro émission dès 2025, suivie de près par un Range Rover EV. Mais les plans changent. Désormais, ces véhicules ne verront le jour qu’à partir de 2026. Ce report est justifié par un double impératif : garantir une expérience client irréprochable et sécuriser la montée en puissance industrielle de la plateforme électrique MLA (Modular Longitudinal Architecture).

Le groupe souhaite éviter les erreurs coûteuses d’un lancement précipité, dans un contexte où les consommateurs deviennent plus exigeants vis-à-vis des véhicules électriques, tant en termes d’autonomie que de fiabilité et de qualité perçue.

Les raisons d’un report stratégique

Plusieurs facteurs expliquent cette décision mesurée de JLR :

  • Complexité technique des plateformes multi-énergies comme MLA, qui doivent concilier thermique, hybride et 100 % électrique
  • Fluctuation de la demande : le marché des véhicules électriques haut de gamme reste encore incertain
  • Problèmes de chaîne d’approvisionnement persistants, notamment sur les batteries
  • Volonté de préserver l’image de marque premium en évitant un modèle inabouti ou sujet à des rappels
  • Ralentissement du marché global de l’électrique dans certaines régions, y compris en Europe

Des conséquences économiques immédiates

Le retard des modèles EV n’est pas sans impact sur les finances du groupe. Malgré une dynamique positive dans certains marchés, JLR doit composer avec une baisse des commandes, notamment sur ses modèles thermiques vieillissants. Pour faire face à ces ajustements, l’entreprise a annoncé la suppression de 500 postes dans ses effectifs, en grande partie dans les services non industriels.

En parallèle, la direction assure maintenir le cap sur l’électrification. Des investissements majeurs sont en cours dans l’usine de Solihull, future base de production du Range Rover EV, ainsi qu’au sein de sa filiale de batteries, qui travaille à sécuriser l’autonomie et la performance énergétique des futurs modèles.

Un positionnement haut de gamme à préserver

Pour JLR, chaque lancement doit répondre à un cahier des charges rigoureux : performances dynamiques, raffinement, qualité de finition et innovations technologiques. Le lancement d’un modèle électrique ne doit pas seulement être respectueux de l’environnement, il doit aussi incarner l’élégance britannique et la robustesse attendue de marques comme Range Rover ou Jaguar.

La future gamme Jaguar, qui devrait comporter trois modèles électriques (un coupé GT, un crossover et une berline), entend se positionner en concurrente directe de Porsche, Tesla ou Lucid, avec des prix à partir de 100 000 €. Le report vise donc aussi à affiner cette montée en gamme inédite dans l’histoire de Jaguar.

Un calendrier réajusté mais une vision intacte

Malgré ce délai, Jaguar Land Rover ne remet pas en cause sa stratégie d’électrification complète. La vision Reimagine, présentée en 2021, prévoit toujours un avenir 100 % électrique pour Jaguar à l’horizon 2030, et une gamme très largement électrifiée pour Land Rover dans la même période.

En choisissant la rigueur plutôt que la précipitation, JLR prend un risque mesuré. Ce recul temporaire pourrait bien lui permettre de mieux réussir sa transition, en livrant des modèles à la hauteur des attentes d’un public haut de gamme, de plus en plus exigeant mais encore réticent à abandonner le thermique sans compromis.

Dimitri Hubert
Dimitri Hubert

Passionné par les voitures depuis son plus jeune âge, Dimitri a travaillé pendant 20 ans dans un garage automobile et pendant 10 ans chez un concessionnaire. Aujourd'hui, il partage son expertise à travers des analyses détaillées et des retours d'expériences sur l'univers automobile.

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