Selon une enquête nationale menée début juillet, 74 % des Français considèrent que la voiture est devenue un bien de luxe. Paradoxalement, 63 % la jugent indispensable au quotidien et 54 % déclarent ne pas pouvoir s’en passer. Le ressenti de renchérissement est massif: 90 % estiment qu’« avoir une voiture coûte trop cher » et 61 % disent que la part du budget consacrée à l’auto a augmenté avec le temps.
Ce que disent les chiffres
La contrainte budgétaire pèse sur l’arbitrage d’achat: 50 % ont déjà renoncé à acheter ou remplacer une voiture pour des raisons de coût. Les postes jugés les plus lourds sont l’entretien et les réparations (36 %), le carburant (25 %) puis l’achat et le financement (24 %). L’assurance arrive à 11 % dans la hiérarchie des dépenses perçues. Côté financement, 39 % ont déjà utilisé le crédit, 12 % le leasing. Et 20 % sont déjà passés par un crédit pour payer une réparation.
| Indicateur clé | Résultat | Lecture rapide |
|---|---|---|
| Voiture perçue comme un luxe | 74 % | Ressenti prix élevé |
| Indispensable au quotidien | 63 % | Dépendance forte |
| Impossible de s’en passer | 54 % | Absence d’alternative pratique |
| Renoncement à l’achat/remplacement | 50 % | Arbitrage budgétaire serré |
| Part du budget dédiée à l’auto | 10 à 20 % pour 30 % des ménages | Poids récurrent significatif |
| Assurance auto mensuelle payée | 41 à 60 € pour 47 % | Décalage avec le « raisonnable » perçu |
| Réduction de garanties d’assurance | 33 % | Ajustement défensif du contrat |
| Crédit pour réparation/entretien | 20 % | Maintenance devenue investissement |
| Alternatives déjà utilisées | Transports en commun 44 %, vélo trottinette 27 % | Mais 36 % n’en voient aucune crédible |
Ce que les Français attendent
Interrogés sur les politiques publiques, 30 % jugent qu’elles ne vont pas assez en faveur du pouvoir d’achat, 32 % estiment qu’elles privilégient surtout les véhicules électriques et 21 % y voient un soutien à la transition. La voiture reste d’abord un moyen de transport indispensable pour 48 % des répondants, loin devant le symbole de réussite sociale (6 %).
Points saillants pour l’édition et le commerce
- Sensibilité prix élevée sur tous les postes, avec une attention particulière à l’entretien et au carburant.
- Défi assurantiel: une partie des automobilistes réduit ses garanties pour contenir la dépense.
- Financement sous tension: le crédit s’étend à l’achat mais aussi à la maintenance.
- Mobilité de substitution limitée: les transports en commun progressent mais un noyau dur ne voit aucune alternative.
- Communication publique à clarifier: pouvoir d’achat, électrification et usage quotidien doivent être conciliés.
Le tableau qui se dessine est celui d’une France où la voiture reste vitale pour l’organisation de la vie, tout en devenant coûteuse au point d’être perçue comme un luxe. Entre arbitrages de budget et manque d’alternatives crédibles pour une partie du territoire, les marques et les pouvoirs publics sont face à un impératif: réduire le coût total d’usage sans dégrader l’accessibilité de la mobilité individuelle.






