Porsche finalise un nouveau SUV compact thermique codé M1, pensé pour prendre la relève du Macan essence sur les marchés où il restera de la demande. Le projet vise une entrée en production vers 2028, avec un développement compressé à environ trois ans afin de contenir coûts et délais. L’objectif est double : sécuriser des volumes sur un segment clé et compléter le rôle du Macan électrique, lancé en 2024.
Architecture : motricité avant prédominante
Le M1 adopterait une base technique Audi de dernière génération, avec une transmission intégrale à motricité avant prédominante. Le principe attendu reprend l’architecture « quattro ultra » : la voiture fonctionne en priorité en traction, l’essieu arrière s’enclenche à la demande via des embrayages pilotés pour limiter les pertes mécaniques en croisière. Ce choix tranche avec la tradition Porsche axée propulsion prioritaire, mais répond à une logique d’efficience et d’industrialisation rapide.
Plateforme et synergies
Le M1 partagerait de nombreux organes avec le nouvel Audi Q5 sur la plateforme PPC (Premium Platform Combustion) à moteur longitudinal. Cette convergence permet d’accélérer l’industrialisation tout en laissant aux ingénieurs Porsche la latitude d’un réglage châssis, freinage et direction fidèle aux attentes de la marque.
Positionnement face au Macan EV
Porsche maintient une séparation claire entre le Macan 100 % électrique et le futur M1 thermique. Le Macan essence a quitté l’Union européenne en 2024 à cause des nouvelles exigences de cybersécurité, mais ses ventes se sont poursuivies hors UE. Le M1 doit occuper l’espace laissé par le thermique, sans cannibaliser le rôle technologique et d’image du Macan EV.
- M1 attendu uniquement en essence avec hybridation légère, pas de version diesel ni 100 % électrique
- Transmission intégrale activable, prioritairement traction pour l’efficience
- Réglages châssis et performances calibrés au standard Porsche
Motorisations pressenties
À ce stade, les blocs ne sont pas officialisés. Les repères de l’Audi Q5 sur base PPC donnent un ordre d’idée des familles de moteurs disponibles à retravailler par Porsche : 4 cylindres 2,0 l TFSI avec hybridation légère et V6 3,0 l TFSI, avec des déclinaisons de puissance qui pourraient servir de base à des versions S, GTS ou Turbo. La boîte automatique et la gestion de couple devront préserver la vivacité attendue pour un modèle portant l’écusson de Stuttgart.
Industriel et calendrier
Porsche étudie plusieurs options d’assemblage, dont Leipzig et le site Audi de San José Chiapa au Mexique. La décision finale n’est pas annoncée. Le jalon visé est un lancement commercial autour de 2028, en cohérence avec un cycle de mise au point plus court qu’à l’accoutumée.
Contexte marché et finances
Le Macan EV a démarré fort : 25 884 unités sur le premier semestre 2025, pour un total Macan de 45 137 sur la période. Au global, Porsche a livré 146 391 véhicules au S1 2025. Le chiffre d’affaires a atteint 18,16 milliards d’euros pour 1,01 milliard d’euros de résultat opérationnel, en baisse sous l’effet d’un marché des BEV moins porteur que prévu et d’une demande chinoise plus faible. D’où un recentrage sur des produits à marges maîtrisées et davantage de synergies de plateformes.
Comparatif rapide
| Modèle | Énergie | Architecture motrice | Plateforme | Calendrier |
|---|---|---|---|---|
| Porsche M1 | Essence avec hybridation légère | Intégrale à motricité avant prédominante | PPC | Cible 2028 |
| Porsche Macan EV | 100 % électrique | Transmission électrique avant et arrière selon versions | PPE | Lancé 2024 |
Ce qu’il reste à confirmer
Les points clés attendent une annonce officielle : puissance et familles de moteurs, site d’assemblage, calendrier de révélation, stratégie de gammes S et GTS, technologies d’allégement et d’aérodynamique actives. Le cap est toutefois clair : un junior SUV thermique à forte efficience, conçu pour compléter le Macan EV et garantir une offre élargie sur le cœur du marché des SUV compacts premium.






