Présentée en novembre 2006 au salon Auto China de Pékin, la Maybach 62 S représente la déclinaison haute performance de la grande limousine Maybach 62. Avec son moteur V12 biturbo développé par Mercedes-AMG, ses 612 ch et son habitacle conçu pour offrir un confort exceptionnel aux passagers arrière, elle associe les prestations d’une voiture de représentation aux performances d’une berline sportive. Sa puissance atteint même 630 ch lors du restylage de 2010.
Longue de plus de 6,16 mètres et dotée d’un empattement de 3,83 mètres, la Maybach 62 S appartient à une catégorie particulièrement exclusive. Elle s’adresse principalement à une clientèle privilégiant les déplacements avec chauffeur, sans renoncer à une motorisation puissante et à des équipements technologiques sophistiqués. Produite jusqu’en 2012, elle constitue l’une des dernières expressions de Maybach en tant que marque de prestige distincte de Mercedes-Benz.
Histoire et développement de la Maybach 62 S
L’histoire de la Maybach 62 S commence avec la renaissance de la marque Maybach au début des années 2000. DaimlerChrysler souhaite alors disposer d’une enseigne capable de rivaliser avec Rolls-Royce et Bentley sur le marché des automobiles de très grand luxe. La stratégie consiste à proposer des limousines bénéficiant des technologies Mercedes-Benz, mais avec un niveau de finition, de personnalisation et d’exclusivité supérieur.
En 2002, Maybach commercialise deux modèles : la Maybach 57, longue d’environ 5,73 mètres, et la version 62, destinée davantage aux déplacements avec chauffeur. Toutes deux reçoivent initialement un V12 biturbo de 5,5 litres développant 550 ch. Leur conception privilégie l’espace intérieur, le silence de fonctionnement et la qualité de fabrication.
La Maybach 62 constitue la base directe de la future 62 S. Son empattement allongé permet d’aménager un compartiment arrière particulièrement spacieux, avec des sièges individuels inclinables et de nombreuses possibilités de personnalisation. Cette architecture répond aux attentes d’une clientèle pour laquelle la place arrière constitue le véritable centre de l’automobile.
Maybach enrichit ensuite sa gamme avec des motorisations plus performantes. En 2005, la Maybach 57 S inaugure un V12 biturbo AMG de 5 980 cm³ développant 612 ch. Cette évolution démontre qu’une limousine Maybach peut offrir des accélérations remarquables tout en conservant son raffinement.
Le 6 novembre 2006, le constructeur annonce la Maybach 62 S, présentée en première mondiale au salon de Pékin. La lettre S signifie officiellement « Special ». Cette quatrième déclinaison de la gamme reprend la motorisation de la 57 S dans la carrosserie longue de la 62, avec une présentation extérieure spécifique et un équipement particulièrement luxueux.
La commercialisation intervient à partir de la fin de l’année 2006 selon les marchés, les catalogues français référençant généralement le modèle à partir de janvier 2007. La fabrication est assurée à Sindelfingen, en Allemagne, dans l’environnement industriel de Mercedes-Benz, au sein de la Maybach Manufaktur.
Un V12 biturbo AMG de 612 puis 630 chevaux
La principale particularité technique de la Maybach 62 S réside dans son moteur V12 biturbo de 5 980 cm³. Développé par Mercedes-AMG, ce douze cylindres en V à 60 degrés bénéficie de deux turbocompresseurs, d’un refroidissement de l’air de suralimentation et d’une gestion électronique adaptée à une utilisation aussi bien souple que dynamique.
Dans sa configuration initiale, le moteur délivre 612 ch entre 4 800 et 5 100 tr/min. Son couple maximal atteint 1 000 Nm, disponibles sur une large plage de régime et limités électroniquement. Cette caractéristique permet des reprises puissantes sans nécessiter de fortes montées en régime, un avantage important pour préserver le confort des occupants.
La puissance est transmise aux roues arrière par une boîte automatique à cinq rapports. Cette transmission privilégie la douceur des changements de vitesse et la disponibilité du couple. Malgré une masse proche de 2,9 tonnes, la Maybach 62 S peut accélérer de 0 à 100 km/h en environ 5,2 secondes. Sa vitesse maximale est limitée électroniquement à 250 km/h.
Ces performances sont particulièrement impressionnantes pour une limousine dépassant six mètres de longueur. Elles ne transforment toutefois pas la 62 S en véritable voiture de sport : sa conception reste dominée par le confort, la stabilité et la capacité à parcourir de longues distances avec un minimum de fatigue.
La motorisation s’inscrit dans une période durant laquelle Maybach explore également des applications plus spectaculaires du V12 suralimenté. Le prototype Maybach Exelero, présenté en 2005, utilise ainsi un V12 biturbo de 5,9 litres dans une configuration spécifique. Ce véhicule expérimental illustre les ambitions techniques de la marque, sans constituer un dérivé direct de la 62 S.
Le moteur de la limousine bénéficie du savoir-faire d’AMG en matière d’assemblage manuel. Chaque exemplaire est monté selon le principe « One man, one engine », avec identification du technicien responsable. Cette méthode contribue au positionnement exclusif de la motorisation.
En 2010, le restylage de la gamme Maybach s’accompagne d’une évolution mécanique. La puissance de la 62 S passe à 630 ch, soit 463 kW, tandis que le couple maximal reste fixé à 1 000 Nm. Le constructeur annonce également une diminution de la consommation normalisée et des émissions de CO2, sans modification fondamentale de l’architecture du V12.
Design extérieur et caractéristiques distinctives
La Maybach 62 S conserve les proportions imposantes de la 62, mais adopte une présentation plus affirmée. Sa silhouette se caractérise par un long capot, une cellule centrale très étirée, de grandes portes arrière et un coffre nettement séparé. L’ensemble privilégie une élégance statutaire plutôt qu’une recherche de sportivité visuelle excessive.
La face avant de la version initiale reçoit une calandre spécifique, associée à des éléments de carrosserie qui permettent de la distinguer de la 62 standard. Les jantes en alliage de 20 pouces et les détails de finition renforcent cette identité. Le style demeure néanmoins volontairement discret au regard de la puissance disponible.
La carrosserie peut recevoir une peinture bicolore, caractéristique emblématique des Maybach modernes. Cette possibilité ne constitue cependant pas un élément d’identification exclusif à la 62 S, puisque d’autres modèles de la gamme proposent également des combinaisons de couleurs contrastées.
Le restylage présenté en avril 2010 au salon de Pékin apporte des modifications visibles. La calandre devient plus haute et adopte, sur les versions S, douze doubles lamelles. Le capot et le bouclier avant sont redessinés, tandis que des feux de jour à LED apparaissent dans les prises d’air latérales.
Les rétroviseurs extérieurs évoluent également, les feux arrière adoptent une teinte rouge foncé et de nouvelles jantes de 20 pouces à douze branches sont proposées. Ces éléments permettent de différencier une Maybach 62 S restylée d’un exemplaire produit avant 2010.
Les dimensions restent celles d’une très grande limousine. Avec un empattement de 3 827 mm, l’espace réservé aux occupants arrière dépasse largement celui d’une berline traditionnelle. Cette longueur impose néanmoins certaines contraintes en circulation urbaine, notamment lors des manœuvres et du stationnement.
Habitacle, confort et technologies embarquées
L’habitacle de la Maybach 62 S est organisé autour des passagers arrière. La longueur de la carrosserie permet d’installer deux sièges individuels particulièrement élaborés, capables de s’incliner fortement pour offrir une position de repos. Les réglages électriques et les fonctions de confort transforment le compartiment arrière en véritable espace de détente.
La présentation intérieure repose sur une sélection de matériaux haut de gamme : cuirs raffinés, boiseries, garnitures soigneusement assemblées et nombreuses combinaisons de couleurs. Le programme de personnalisation Maybach permet aux clients de choisir des ambiances très différentes, depuis les configurations sobres jusqu’aux aménagements particulièrement exclusifs.
Le confort acoustique occupe une place centrale. L’insonorisation, les vitrages, les matériaux absorbants et le réglage des suspensions contribuent à limiter les bruits mécaniques et de roulement. Cette recherche de silence est essentielle pour une voiture destinée aussi bien aux déplacements professionnels qu’aux longs trajets.
Selon les équipements retenus, les passagers disposent d’un système multimédia arrière, d’écrans individuels, d’une installation audio haut de gamme et de fonctions de communication. Un toit panoramique électrotransparent peut également équiper le véhicule, permettant de modifier la transmission de lumière sans recourir à un simple store opaque.
La climatisation et les nombreux réglages de sièges permettent d’adapter l’environnement aux préférences des occupants. Certaines configurations comprennent des fonctions de massage, des repose-pieds et des aménagements destinés à faciliter le travail ou la détente pendant le trajet.
La Maybach 62 S peut aussi recevoir une cloison séparant le chauffeur des passagers arrière. Cette disposition répond aux attentes d’une clientèle recherchant davantage de confidentialité. Elle s’accompagne, selon la configuration, de dispositifs de communication entre les deux espaces.
Lors du restylage de 2010, Maybach modernise les équipements embarqués. De nouvelles solutions multimédias sont proposées, notamment un grand écran arrière de 19 pouces sur certaines configurations avec cloison et un routeur permettant une connexion sans fil. Ces évolutions cherchent à maintenir le niveau technologique du modèle face à une concurrence de plus en plus sophistiquée.
Fiche technique de la Maybach 62 S
| Caractéristique | Maybach 62 S |
|---|---|
| Marque | Maybach |
| Modèle | 62 S |
| Première présentation | 2006, salon Auto China de Pékin |
| Période de production | 2006 à 2012 |
| Lieu de fabrication | Sindelfingen, Allemagne |
| Catégorie | Limousine de grand luxe |
| Carrosserie | Berline tricorps, 4 portes |
| Architecture | Moteur avant longitudinal, propulsion |
| Structure | Carrosserie autoporteuse, famille Maybach 240 |
| Moteur | V12 biturbo essence Mercedes-AMG |
| Cylindrée | 5 980 cm³ |
| Disposition des cylindres | V à 60° |
| Distribution | 36 soupapes, 3 par cylindre |
| Alimentation | Injection électronique multipoint |
| Suralimentation | Deux turbocompresseurs avec refroidissement de l’air |
| Alésage x course | 82,6 x 93 mm |
| Puissance de 2006 à 2010 | 612 ch (450 kW) |
| Puissance après restylage | 630 ch (463 kW) |
| Couple maximal | 1 000 Nm |
| Régime du couple maximal initial | 2 000 à 4 000 tr/min |
| Boîte de vitesses | Automatique à 5 rapports |
| Roues motrices | Arrière |
| Suspension avant | Roues indépendantes, doubles bras transversaux |
| Suspension arrière | Roues indépendantes, architecture multibras |
| Amortissement | Suspension pneumatique AIRMATIC DC à pilotage électronique |
| Direction | Assistée |
| Freinage | Disques aux quatre roues, ABS et assistance électronique |
| Contrôle de stabilité | ESP |
| Pneumatiques | 275/45 R20 |
| Jantes | Alliage léger, 20 pouces |
| Longueur | Environ 6 165 à 6 171 mm selon millésime et source |
| Largeur de carrosserie | 1 980 mm |
| Hauteur | 1 573 mm |
| Empattement | 3 827 mm |
| Voie avant | 1 675 mm |
| Voie arrière | 1 695 mm |
| Masse à vide | Environ 2 855 à 2 930 kg selon la définition et la source |
| 0 à 100 km/h | Environ 5,2 secondes |
| Vitesse maximale | 250 km/h, limitée électroniquement |
| Consommation mixte initiale | 16,4 l/100 km, cycle NEDC |
| Consommation mixte après 2010 | 15,8 l/100 km, cycle NEDC |
| Émissions de CO2 initiales | 390 g/km |
| Émissions de CO2 après 2010 | 368 g/km |
| Réservoir | 110 litres |
| Volume du coffre | 605 litres |
| Prix neuf indicatif en France | Environ 529 000 € en 2007 |
Évolutions, versions apparentées et fin de production
La Maybach 62 S connaît une carrière relativement courte, marquée principalement par l’évolution mécanique et esthétique de 2010. Contrairement à certains modèles de luxe renouvelés par générations successives, elle conserve la même architecture générale entre sa présentation en 2006 et l’arrêt de la production en 2012.
La gamme Maybach comprend également des réalisations plus exclusives. La Maybach Landaulet, dévoilée initialement sous forme de concept en 2007 avant sa commercialisation, reprend la grande carrosserie de la famille 62 et le V12 haute performance. Elle se distingue par une partie arrière découvrable, tandis que le compartiment du chauffeur conserve un toit fixe. Cette architecture répond à une tradition historique des voitures de représentation.
La série spéciale Zeppelin, présentée en 2009, constitue une autre expression du luxe Maybach. Proposée dans la famille des limousines 57 et 62, elle reçoit une présentation spécifique et une motorisation portée à 640 ch. Elle ne doit donc pas être confondue avec une Maybach 62 S standard, même si elle partage une partie de sa base technique.
Le positionnement de la 62 S explique également son prix particulièrement élevé. En France, les catalogues de 2007 indiquent un tarif neuf d’environ 529 000 euros, avant certaines personnalisations. Le choix des matériaux, des équipements et des aménagements particuliers pouvait entraîner des variations importantes d’un exemplaire à l’autre.
La production totale de la seule version 62 S n’est pas publiée de manière suffisamment précise pour établir un nombre définitif d’exemplaires. Les statistiques généralement citées concernent l’ensemble des Maybach modernes, sans distinguer systématiquement les 57, 62, versions S et séries spéciales. Cette absence de ventilation empêche d’attribuer un chiffre de production fiable à la seule limousine sportive longue.
Malgré ses qualités techniques et son positionnement prestigieux, la marque Maybach ne parvient pas à atteindre les objectifs commerciaux envisagés lors de sa relance. Le groupe Daimler décide finalement de mettre fin à la production des Maybach 57 et 62 en 2012, plutôt que de développer une nouvelle génération sous cette forme.
La stratégie évolue ensuite vers une intégration du nom Maybach à l’univers Mercedes-Benz. Présentée en 2014, la Mercedes-Maybach Classe S inaugure une nouvelle approche du très grand luxe, reposant sur la Classe S contemporaine. Elle ne constitue pas une continuation directe de la Maybach 62 S : les proportions, l’architecture et le positionnement industriel changent, tandis que le nom Maybach devient une signature de prestige au sein de la gamme Mercedes-Benz.




