Maybach Landaulet

Maybach Landaulet

La Maybach Landaulet est une limousine de très grand luxe à carrosserie partiellement découvrable, présentée en novembre 2007 et commercialisée à partir de 2008. Développée sur la base de la Maybach 62 S, elle se distingue par son compartiment arrière équipé d’une capote escamotable, tandis que le chauffeur conserve un poste de conduite entièrement fermé. Avec son moteur V12 biturbo de 612 ch, sa longueur supérieure à six mètres et son habitacle conçu pour deux passagers privilégiés, elle représente l’une des réalisations les plus exclusives de la marque allemande au XXIe siècle.

Contrairement à un cabriolet traditionnel, la Landaulet conserve les montants latéraux et les encadrements de ses portières arrière. Seule la partie supérieure du compartiment des passagers peut s’ouvrir, reprenant un principe de carrosserie historiquement réservé aux voitures de représentation. Fabriquée sur commande, elle associait cette architecture particulière aux technologies et aux équipements de confort des limousines Maybach contemporaines.

Histoire et développement de la Maybach Landaulet

La renaissance de Maybach au début des années 2000 s’inscrit dans la stratégie de Daimler visant à proposer des automobiles de prestige au sommet du marché mondial. En 2002, la marque lance deux grandes berlines, dont la Maybach 62, une limousine à empattement long destinée principalement aux propriétaires utilisant les services d’un chauffeur. Son habitacle arrière particulièrement spacieux constitue le point de départ du développement de la Landaulet.

La gamme s’enrichit ensuite de déclinaisons plus puissantes, notamment la Maybach 62 S. Cette dernière fournit à la Landaulet sa base mécanique, son moteur V12 biturbo et une grande partie de ses équipements. L’objectif n’est cependant pas de créer une nouvelle limousine sportive, mais de proposer une expérience de voyage différente, associant le confort d’une berline fermée à la possibilité de circuler à ciel ouvert depuis les places arrière.

Maybach dévoile une première étude Landaulet en novembre 2007. Le véhicule est ensuite présenté au public américain lors du Salon de Détroit en janvier 2008. Sa carrosserie blanche, sa capote noire et son habitacle arrière habillé de cuir clair attirent l’attention sur une configuration alors devenue extrêmement rare dans la production automobile moderne.

L’accueil réservé au prototype conduit Daimler à proposer une fabrication individualisée. La production sur commande débute au commencement de l’année 2008, tandis que le premier exemplaire destiné à un client est livré en novembre de la même année. Cette chronologie, confirmée par les rapports annuels du constructeur, explique pourquoi la Landaulet est parfois référencée comme un modèle de 2007 et parfois comme une automobile lancée en 2008.

La fabrication s’inscrit dans l’environnement industriel de Maybach à Sindelfingen, en Allemagne. Chaque voiture fait l’objet d’une réalisation adaptée aux demandes de son propriétaire, avec des possibilités de personnalisation portant notamment sur les couleurs, les matériaux et les équipements intérieurs. La Landaulet demeure proposée jusqu’à la fin de la première génération moderne de Maybach, généralement située en 2012.

Une carrosserie landaulet conçue pour les passagers arrière

La particularité fondamentale de la Maybach Landaulet réside dans son pavillon. Les ingénieurs ont supprimé la partie centrale du toit au-dessus des sièges arrière tout en conservant la structure fermée du compartiment avant. Cette transformation exigeait des modifications importantes, car la carrosserie d’origine avait été conçue comme celle d’une limousine entièrement fermée.

Pour préserver la rigidité de l’ensemble, des renforts tubulaires en acier ont été intégrés dans les parties latérales de la structure. Les encadrements des portes et les montants demeurent en place, ce qui permet de conserver la silhouette générale de la Maybach 62 S. La transformation ne correspond donc pas à une simple découpe du toit, mais à une adaptation structurelle spécialement étudiée.

La capote textile noire fonctionne grâce à un mécanisme électrohydraulique commandé depuis le poste de conduite. Après le déverrouillage électrique, des vérins replient la couverture vers l’arrière du véhicule. L’opération complète demande moins de vingt secondes selon les informations communiquées par Maybach. La lunette arrière en verre de sécurité participe à l’isolation et à la visibilité lorsque le toit est fermé.

Le dispositif a également été conçu pour conserver l’utilisation du coffre. La capote se replie dans un espace aménagé à l’arrière du compartiment des passagers, sans transformer la voiture en cabriolet intégral. Les occupants arrière peuvent ainsi profiter de l’extérieur tout en restant installés dans une limousine dotée de ses vitrages latéraux et de sa séparation avec le chauffeur.

Le prototype présenté en 2007 possède une peinture nacrée Antigua White, associée à une capote noire et à des jantes spécifiques de 20 pouces à onze rayons peintes en blanc. Ses indicateurs de direction avant clairs et ses feux arrière assombris contribuent également à son identité visuelle. Cette configuration est emblématique de la Landaulet, mais les voitures produites sur commande pouvaient recevoir d’autres finitions.

Un habitacle de grand luxe organisé autour de deux fauteuils

L’aménagement intérieur repose sur une séparation volontaire entre le compartiment avant et l’espace réservé aux passagers. Le chauffeur dispose d’un environnement proche de celui d’une Maybach 62 S classique, tandis que l’arrière bénéficie d’une présentation spécifique, inspirée des grandes limousines de représentation.

Sur le prototype, la partie avant reçoit du cuir noir Stromboli et des surfaces laquées sombres. À l’arrière, les deux fauteuils individuels sont habillés de cuir nappa blanc Seychelles, accompagné de moquettes claires et de garnitures assorties. Le contraste souligne la différence de fonction entre les deux espaces.

Les sièges arrière disposent de nombreux réglages électriques, de repose-jambes et de repose-pieds. Le dossier peut s’incliner jusqu’à 47 degrés, permettant aux occupants d’adopter une position particulièrement détendue pendant les longs trajets. L’empattement généreux de la voiture offre l’espace nécessaire à ces mouvements sans compromettre le confort des passagers.

Une cloison sépare les places arrière du poste de conduite. Son vitrage à opacité variable permet de préserver l’intimité des occupants lorsque cela est souhaité. Des équipements multimédias, des écrans intégrés à la séparation, des tablettes et des dispositifs de communication complètent l’aménagement. Le prototype comprend notamment un téléphone Vertu installé dans un support spécifique.

Maybach a également employé des matériaux inhabituels dans l’industrie automobile, notamment du granite noir Star Galaxy provenant d’Inde. Pour intégrer cette pierre naturelle aux surfaces courbes de l’habitacle, les spécialistes ont utilisé de très fines feuilles de granite fixées sur des supports adaptés. Cette technique permettait de conserver l’apparence du matériau tout en répondant aux contraintes d’aménagement intérieur.

L’ensemble de ces équipements répond à une philosophie précise : la Landaulet est avant tout conçue pour être appréciée depuis ses places arrière. Son toit découvrable ne constitue qu’une partie de l’expérience, au même titre que le silence de fonctionnement, l’espace disponible et la qualité des matériaux.

Fiche technique de la Maybach Landaulet

CaractéristiqueMaybach Landaulet
Première présentationNovembre 2007
Début de commercialisation2008
Période de production2008 à 2012
OrigineAllemagne, Sindelfingen
CarrosserieLimousine landaulet à quatre portes
Nombre de places4
Architecture moteurV12 essence biturbo
Cylindrée5 980 cm³
Distribution36 soupapes
AlimentationInjection électronique, double turbocompresseur
Puissance initiale612 ch (450 kW) à environ 4 800 tr/min
Puissance indiquée sur certaines fiches tardives630 ch (463 kW)
Couple maximal1 000 Nm entre environ 2 000 et 4 000 tr/min
Position du moteurLongitudinale avant
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesAutomatique à 5 rapports
StructureCarrosserie autoporteuse renforcée
Suspension avantIndépendante, pneumatique, à doubles triangles
Suspension arrièreIndépendante, pneumatique, multibras
AmortissementGestion électronique
DirectionAssistée
FreinageDisques aux quatre roues, assistance électronique
Jantes du prototype20 pouces, 11 rayons
Pneumatiques du prototype275/45 R20
LongueurEnviron 6 165 à 6 176 mm
Largeur hors rétroviseursEnviron 1 980 mm
HauteurEnviron 1 573 mm
Empattement3 827 mm
Voie avantEnviron 1 675 mm
Voie arrièreEnviron 1 695 mm
Poids à videEnviron 2 855 à 2 875 kg selon les fiches
Vitesse maximale250 km/h, limitée électroniquement
Accélération de 0 à 100 km/hEnviron 5,1 à 5,4 secondes
Consommation mixteEnviron 16,4 à 17,4 l/100 km selon le cycle et le millésime
Émissions de CO2Environ 390 à 403 g/km selon les fiches
Capacité du réservoirEnviron 110 litres
Volume du coffreEnviron 603 à 605 litres
Ouverture du toitÉlectrohydraulique, moins de 20 secondes

Motorisation V12 et comportement routier

La Maybach Landaulet reprend le V12 biturbo de 5,98 litres développé pour les versions les plus puissantes de la gamme. Ce moteur privilégie la disponibilité du couple et la souplesse de fonctionnement plutôt qu’un caractère sportif démonstratif. Son importante réserve de puissance permet de déplacer la limousine avec aisance malgré son poids et ses dimensions.

La transmission automatique à cinq rapports accompagne cette orientation. Les changements de vitesse sont conçus pour favoriser la progressivité, tandis que la propulsion conserve l’architecture traditionnelle des grandes berlines de prestige. Le moteur est installé longitudinalement à l’avant, laissant le compartiment arrière entièrement consacré au confort des occupants.

Les premières Landaulet utilisent la définition mécanique de 612 ch de la 62 S. Certaines fiches correspondant aux dernières années mentionnent une puissance portée à 630 ch, mais cette valeur ne peut pas être appliquée indistinctement à tous les exemplaires. Le couple maximal de 1 000 Nm constitue la caractéristique essentielle de cette motorisation, particulièrement adaptée aux reprises à faible et moyen régime.

La suspension pneumatique indépendante, associée à un amortissement piloté électroniquement, contribue au confort de roulement. Le système adapte les réactions du châssis aux conditions de circulation et aux mouvements de la carrosserie. Sur une automobile aussi longue, la maîtrise des oscillations et des mouvements verticaux est essentielle pour préserver le confort des passagers arrière.

La Landaulet partage une grande partie de sa mécanique avec la Maybach 57 S, mais son empattement supérieur et sa carrosserie particulière lui donnent une vocation différente. La 57 S privilégie un format plus compact, alors que la Landaulet recherche avant tout l’espace et la qualité du voyage avec chauffeur.

Les performances annoncées demeurent remarquables pour une limousine de cette catégorie. Elles ne doivent cependant pas masquer sa finalité : la Landaulet n’est pas une voiture de sport transformée en cabriolet, mais une automobile de représentation dont les capacités mécaniques permettent de voyager rapidement et confortablement.

Production limitée, prix et positionnement dans la gamme Maybach

La Maybach Landaulet occupe une position singulière dans la gamme du constructeur. Alors que la Maybach 57 et la Maybach 62 constituent les modèles principaux de la marque, la Landaulet représente une proposition beaucoup plus exclusive, destinée à une clientèle recherchant une automobile individualisée et particulièrement distinctive.

Lors de son lancement, la presse automobile française évoque un prix d’environ 900 000 euros. D’autres tarifs, dépassant parfois le million d’euros, apparaissent dans les publications internationales et les fiches de millésimes ultérieurs. Ces écarts tiennent notamment aux marchés, aux périodes et aux configurations considérées. Le montant de 900 000 euros demeure la référence la plus représentative du lancement français.

La fabrication sur commande explique la rareté du modèle. Plusieurs publications spécialisées mentionnent une production totale de 21 exemplaires, mais ce chiffre ne bénéficie pas d’une confirmation officielle suffisamment précise pour être considéré comme définitif. Les rapports Daimler attestent en revanche le démarrage de la production individualisée en 2008 et la livraison du premier véhicule client en novembre de cette année.

Cette exclusivité rapproche la Landaulet d’autres réalisations exceptionnelles de Maybach, comme la Maybach Exelero, spectaculaire coupé expérimental présenté en 2005. Les deux automobiles répondent à des objectifs très différents, mais témoignent de la volonté de la marque d’associer ses motorisations puissantes à des carrosseries inhabituelles.

La Landaulet s’inscrit également dans une tradition de grandes voitures de représentation à toit arrière découvrable, illustrée autrefois par certaines Mercedes-Benz 600 Pullman. Après la disparition de Maybach comme marque indépendante, le nom subsiste dans l’univers Mercedes-Maybach, notamment avec la Maybach Pullman, limousine fermée destinée au transport de prestige. Celle-ci ne constitue toutefois pas un successeur direct de la Landaulet.

En 2017, Mercedes-Maybach réintroduit le principe de la carrosserie partiellement découvrable avec le G 650 Landaulet, un véhicule tout-terrain développé sur une base de Classe G et produit à 99 exemplaires. Malgré une dénomination et une philosophie de luxe apparentées, ce modèle possède une architecture entièrement différente de celle de la limousine Maybach présentée dix ans auparavant.