Développée en 1996 pour la compétition, la Ferrari F50 GT est une version radicale de la supercar lancée un an plus tôt. Son V12 atmosphérique atteint 750 ch, son poids à sec tombe à 860 kg et sa vitesse maximale annoncée s’élève à 376 km/h. Malgré ces caractéristiques, elle n’a jamais disputé la moindre course officielle. Le programme a été interrompu après la construction de seulement trois exemplaires.
Une F50 transformée en voiture de course
La F50 GT reprend la cellule centrale et l’architecture générale de la Ferrari F50, mais elle ne se résume pas à une version allégée du modèle routier. Ferrari l’a conçue pour participer aux compétitions internationales de Grand Tourisme, dans un contexte où les constructeurs développaient des machines toujours plus proches de prototypes.
La F50 de série occupait déjà une place particulière dans la gamme Ferrari. Sa monocoque en matériaux composites, son moteur central arrière et son V12 dérivé de l’expérience acquise en Formule 1 en faisaient une base adaptée à un programme de compétition. La F50 GT pousse cette logique beaucoup plus loin en supprimant les équipements inutiles sur circuit et en adoptant une mécanique, une transmission et une aérodynamique spécifiques.
Elle s’inscrit aussi dans la continuité des supercars extrêmes de Maranello. Après la Ferrari F40, développée autour d’un V8 biturbo et d’une recherche poussée de légèreté, la F50 avait choisi une approche différente avec un V12 atmosphérique. La GT devait démontrer le potentiel sportif de cette architecture face aux meilleures voitures de course de sa catégorie.
Un V12 atmosphérique porté à 750 ch
La Ferrari F50 GT conserve la cylindrée de 4 698,50 cm³ du modèle routier. Son moteur est un V12 ouvert à 65 degrés, installé longitudinalement en position centrale arrière. Il reçoit cinq soupapes par cylindre, une injection électronique Magneti Marelli et une lubrification par carter sec, une solution indispensable pour assurer une alimentation constante en huile lors des fortes accélérations latérales.
Le travail réalisé sur l’admission, l’échappement, la gestion électronique et les composants internes permet d’atteindre 750 ch à 10 500 tr/min, contre 520 ch pour la F50 de série. Le couple maximal annoncé est de 529 Nm à 7 500 tr/min. Ces valeurs traduisent le caractère très pointu du moteur, dont la puissance maximale n’est disponible qu’à un régime particulièrement élevé.
La transmission manuelle du modèle routier laisse place à une boîte séquentielle à six rapports, complétée par une marche arrière. Ce dispositif permet des changements de vitesse plus rapides et mieux adaptés à une utilisation intensive sur circuit.
Ferrari F50 et F50 GT : des différences considérables
| Caractéristique | Ferrari F50 | Ferrari F50 GT |
|---|---|---|
| Année de présentation | 1995 | 1996 |
| Moteur | V12 atmosphérique de 4 698,50 cm³ | V12 atmosphérique de 4 698,50 cm³ |
| Puissance maximale | 520 ch | 750 ch |
| Poids à sec annoncé | 1 230 kg | 860 kg |
| Vitesse maximale annoncée | 325 km/h | 376 km/h |
| 0 à 100 km/h annoncé | Non retenu ici | 2,9 secondes |
| Transmission | Boîte manuelle | Boîte séquentielle à six rapports |
| Usage prévu | Route | Compétition GT |
La différence la plus spectaculaire ne tient pas seulement aux 230 ch supplémentaires. La F50 GT perd environ 370 kg par rapport à la voiture de série. Son rapport poids-puissance théorique devient ainsi exceptionnel, avec approximativement 1,15 kg par cheval sur la base des chiffres annoncés par Ferrari.
Le constructeur communique également une accélération de 0 à 100 km/h en 2,9 secondes et une vitesse de pointe de 376 km/h. Ces performances doivent être considérées comme des données constructeur. Elles ne correspondent pas à des mesures issues d’un essai comparatif indépendant publié dans des conditions normalisées.
Une carrosserie dictée par l’efficacité aérodynamique
La silhouette reste immédiatement identifiable comme celle d’une F50, mais presque chaque modification répond à une fonction précise. Une prise d’air installée sur le toit alimente le moteur en air frais. L’avant est abaissé et reçoit des appendices destinés à mieux canaliser les flux autour de la carrosserie.
À l’arrière, la F50 GT adopte un imposant aileron fixé sur un support central. Il remplace l’aileron intégré du modèle routier et permet de générer davantage d’appui. Un diffuseur redessiné accélère l’air sous la voiture afin d’améliorer sa stabilité à haute vitesse.
L’habitacle est débarrassé de ses éléments de confort et organisé autour des besoins du pilote. La monocoque en fibre de carbone est associée aux équipements de sécurité nécessaires à une voiture de compétition. La participation de spécialistes comme Dallara et ATR est mentionnée dans le développement du projet, même si Ferrari indique que la mise au point de la voiture a été menée en interne.
Pourquoi la Ferrari F50 GT n’a-t-elle jamais couru ?
La F50 GT a effectué des essais sur le circuit de Fiorano, où elle aurait obtenu des performances jugées très élevées par Ferrari. Elle n’a toutefois jamais dépassé cette phase de développement. Aucun exemplaire n’a été engagé dans une course officielle et le programme a été arrêté avant le lancement d’une véritable campagne sportive.
Ferrari explique cette décision par la priorité alors accordée à la Formule 1. Au milieu des années 1990, la Scuderia mobilisait d’importantes ressources pour retrouver durablement le premier plan dans la discipline. Le développement et l’exploitation d’un programme GT auraient nécessité une structure supplémentaire, des essais prolongés et un budget conséquent.
La F50 GT ne doit donc pas être considérée comme une voiture retirée après une saison décevante. Il s’agit d’un projet arrivé à un stade avancé, testé en piste, mais abandonné avant sa première compétition. Cette distinction explique pourquoi son histoire sportive ne comporte ni palmarès, ni résultats officiels, malgré des performances théoriques remarquables.
Seulement trois exemplaires construits
Ferrari a produit trois F50 GT. Ce nombre extrêmement limité résulte directement de l’arrêt prématuré du programme. La voiture n’a jamais été fabriquée comme une série destinée à respecter un quota commercial ou à alimenter plusieurs équipes de course.
Cette rareté la distingue de modèles Ferrari effectivement engagés dans les championnats GT. La Ferrari 575 GTC, apparue quelques années plus tard, illustre une approche différente, avec une voiture développée pour courir réellement et confiée à des équipes clientes.
La F50 GT annonce néanmoins certaines orientations reprises par Ferrari dans ses programmes réservés au circuit. La recherche d’un poids minimal, l’exploitation d’une supercar existante et l’absence de compromis routier se retrouveront notamment dans la Ferrari FXX. Cette dernière ne sera pas conçue pour un championnat traditionnel, mais elle prolongera l’idée d’une machine extrême développée autour d’une Ferrari à moteur V12 central arrière.
Une voiture plus proche du prototype que de la F50 de route
La Ferrari F50 GT conserve le nom, la structure centrale et la cylindrée de la F50, mais ses caractéristiques la placent dans une autre catégorie. Avec 750 ch, 860 kg à sec, une boîte séquentielle et une aérodynamique entièrement tournée vers l’appui, elle se rapproche davantage d’un prototype de course habillé d’une carrosserie reconnaissable que d’une simple déclinaison sportive homologuée pour la route.
Son intérêt historique tient précisément à ce statut. La F50 GT montre jusqu’où Ferrari pouvait pousser la base technique de la F50 sans tenir compte du confort, de l’homologation routière ou de la facilité d’utilisation. Les trois exemplaires existants restent les témoins d’un programme prometteur interrompu avant d’avoir pu confronter ses performances annoncées à celles de ses rivales en compétition.











