Il suffit d’un regard pour comprendre que la Ferrari 360 GT n’est pas une simple 360 Modena avec un aileron. Derrière cette silhouette connue se cache une vraie voiture de course, développée avec Michelotto Automobili pour dominer les catégories GT du début des années 2000. Vendue via le programme Corse Clienti, elle n’a jamais été pensée pour la route, seulement pour les circuits, les chronos et l’endurance.
Une histoire écrite dans les paddocks
Tout commence quand une 360 Challenge modifiée par l’équipe JMB Giesse s’invite en FIA N-GT et commence à gagner. Ferrari observe, analyse, puis décide de passer la vitesse supérieure. Résultat. une version officielle, homologuée, destinée aux équipes clientes: la 360 GT.
La production reste minuscule. Entre 2002 et 2004, Michelotto assemble 20 exemplaires neufs, auxquels s’ajoutent 17 conversions issues de la 360 Challenge. Une trentaine de voitures à peine. Ce qui explique pourquoi on en voit si rarement.
Allégée, élargie, aiguisée
La base, c’est le châssis spaceframe en aluminium de la Modena. Mais ici, tout est revu. Les ingénieurs retirent les équipements inutiles, remplacent de nombreux éléments par des pièces en carbone et installent un arceau complet. La carrosserie gagne un bouclier avant plus agressif, une prise NACA, un aileron fixe et des ailes élargies pour passer des pneus plus costauds.
Le résultat se ressent tout de suite sur la balance: 1 100 kg à sec, parfois même en dessous, au point de devoir ajouter du lest pour respecter le règlement.
Quand on s’approche, on perçoit aussi ses proportions tendues:
- Longueur. 4 557 mm
- Largeur. 1 985 mm
- Hauteur. 1 185 mm
- Empattement. 2 600 mm
Des chiffres qui expliquent son assiette basse et cette impression de voiture collée au sol.
Un V8 qui aime respirer haut
Au centre, Ferrari conserve le V8 3,6 litres, mais optimisé pour la course. Il fonctionne avec 5 soupapes par cylindre, une injection Bosch très précise et une lubrification par carter sec pour supporter les longues courbes rapides sans perte de pression.
Il développe 430 ch à 8 500 tr/min et 377 Nm à 5 000 tr/min, envoyés aux roues arrière via une boîte séquentielle F1 à 6 rapports. Les changements de vitesse se font à la volée, au bout des doigts, sans lever le pied.
On comprend vite pourquoi Ferrari ne s’est pas amusée à publier des chiffres d’accélération: avec un rapport poids puissance proche de 0,39 ch/kg, la 360 GT parle un langage que seuls les circuits savent traduire.
Une plateforme taillée pour encaisser
Le comportement vient d’un ensemble soigneusement pensé. Suspensions à triangles superposés, barres antiroulis, géométries réglables. Les freins, fournis par des spécialistes comme Brembo, supportent sans broncher les relais les plus exigeants.
Les jantes en magnésium limitent les masses non suspendues, et les dimensions de pneus disent tout sur ses ambitions:
- Avant. 265/645 R18
- Arrière. 305/680 R18
Le réservoir de 100 litres rappelle qu’elle a été conçue pour rester longtemps en piste, pas pour faire un simple tour d’honneur.
Dans l’habitacle, le silence du superflu
Oublie le cuir, l’odeur de nouvelle GT italienne et les équipements gourmands en poids. Ici, chaque élément a une fonction précise. On retrouve un baquet, un harnais, un arceau FIA, un extincteur, un afficheur numérique.
Le faisceau électrique est simplifié, les garnitures disparaissent, et chaque pièce raconte la même histoire. tout sert à aller plus vite.
Résultats et héritage
La Ferrari 360 GT a été engagée un peu partout: FIA GT, ALMS, Grand-Am, Le Mans, Daytona, Sebring, Spa. Elle accumule des victoires de classe, participe à des titres et installe Ferrari à nouveau dans le jeu face aux Porsche GT3.
Des équipes comme Risi Competizione ou Ferrari of Washington l’ont exploitée avec conviction, et son développement donnera naissance à l’évolution suivante. la 360 GTC.
Combien vaut ce morceau d’histoire
Ferrari ne publiait pas de prix officiel pour ce type de modèle client. On sait simplement qu’une 360 Modena routière valait environ 171 000 euros à l’époque, et que la version GT coûtait sensiblement plus cher, préparation incluse.
Aujourd’hui, un exemplaire authentique de 360 GT peut dépasser 235 000 livres sterling, surtout lorsqu’il possède un historique de course clair.












