2 594 400 sinistres bris de glace ont été comptabilisés en France en 2024 pour les véhicules de première catégorie hors flottes. Ce chiffre, publié par France Assureurs, correspond aux dossiers classés comme « bris de glaces avec suite », c’est-à-dire aux sinistres enregistrés dans les statistiques des assureurs et ayant donné lieu à un traitement.
Rapporté à une année complète, ce volume représente environ 7 100 dossiers par jour. Il ne doit toutefois pas être interprété comme le nombre exhaustif de vitrages réellement endommagés en France. Un impact réparé sans déclaration, un dommage non couvert ou un bris concernant un véhicule situé hors du périmètre étudié peut ne pas apparaître dans ce total.
Que recouvre exactement le chiffre de 2,59 millions ?
Le résultat de 2,59 millions concerne les véhicules de première catégorie, principalement les voitures particulières et certains véhicules utilitaires légers, en excluant les flottes. Le périmètre statistique est donc plus précis que la formulation générale « nombre de pare-brise cassés en France ».
Le terme bris de glace ne se limite d’ailleurs pas toujours au pare-brise. Selon le contrat souscrit, la garantie bris de glace peut couvrir le pare-brise, les vitres latérales, la lunette arrière et, dans certains cas, d’autres éléments vitrés comme le toit panoramique ou les optiques. Les éléments couverts, les exclusions et le montant de la franchise varient selon l’assureur et la formule choisie.
Le chiffre officiel décrit donc avant tout un volume de sinistres assurantiels. Il ne correspond ni au nombre de véhicules concernés, puisqu’un même véhicule peut subir plusieurs dommages, ni nécessairement au nombre de pièces remplacées, puisqu’un impact peut parfois être réparé sans changement complet du vitrage.
Les bris de glace ont augmenté en 2024
D’après l’étude 2024 de France Assureurs sur l’assurance automobile des particuliers, le nombre de dossiers a progressé de 3,3 % par rapport à 2023. Cette hausse signifie qu’environ 83 000 sinistres supplémentaires ont été enregistrés en un an sur le périmètre observé.
La fréquence a atteint 62,2 sinistres pour 1 000 véhicules assurés pour cette garantie en 2024, contre environ 61 pour 1 000 en 2023. Autrement dit, le secteur a comptabilisé approximativement un dossier de bris de glace pour 16 véhicules couverts au cours de l’année.
Cette fréquence est une moyenne statistique. Elle ne signifie pas que chaque conducteur a une probabilité identique de subir un dommage. L’exposition dépend notamment du kilométrage, des routes empruntées, du lieu de stationnement et des conditions de circulation. La donnée permet surtout de mesurer le poids global du phénomène dans le portefeuille des assureurs.
Pourquoi trouve-t-on aussi les chiffres de 2,7 ou 3,5 millions ?
Les chiffres publiés sur le bris de glace semblent parfois contradictoires, mais ils ne portent pas toujours sur les mêmes véhicules. Une étude de l’ANFA publiée en novembre 2024 évoquait environ 2,7 millions de bris pris en charge chaque année pour les voitures particulières et véhicules utilitaires légers de première catégorie.
La même étude estimait le marché à environ 3,5 millions de sinistres en incluant l’ensemble des véhicules assurés. Ce périmètre élargi peut intégrer des catégories absentes des statistiques limitées aux véhicules particuliers hors flottes.
Le chiffre souvent arrondi à trois millions constitue donc un ordre de grandeur acceptable dans une présentation générale, mais il manque de précision s’il n’est pas accompagné d’une année et d’un périmètre. Pour répondre strictement à la question du nombre de dossiers comptabilisés en 2024 chez les particuliers hors flottes, la valeur la plus précise reste 2 594 400.
Le bris de glace est le sinistre automobile le plus fréquent
En 2024, les bris de glace ont représenté 34,9 % des 7,44 millions de sinistres automobiles indemnisés sur le périmètre étudié par France Assureurs. Plus d’un dossier sur trois relevait ainsi de cette catégorie.
Cette proportion en fait le premier type de sinistre en nombre de déclarations. Elle ne signifie cependant pas que le bris de glace constitue la principale dépense de l’assurance automobile. Les dommages corporels et certains accidents matériels sont beaucoup moins fréquents, mais leur coût unitaire peut être nettement supérieur.
Les bris de glace n’ont ainsi représenté que 10,5 % de la charge totale des sinistres en 2024. La comparaison montre la particularité de cette garantie : beaucoup de dossiers, mais une gravité financière moyenne inférieure à celle des accidents les plus lourds.
Combien coûtent les bris de glace aux assureurs ?
La charge totale associée aux bris de glace a atteint 1,852 milliard d’euros en 2024, soit une hausse de 8,9 % sur un an. Cette progression est nettement plus rapide que celle du nombre de dossiers, limitée à 3,3 %.
En divisant la charge totale par les 2 594 400 sinistres recensés, on obtient une charge moyenne implicite d’environ 714 euros par dossier. Il s’agit d’une moyenne calculée à partir des données globales, et non du prix systématique d’un remplacement de pare-brise. Le montant réel dépend du véhicule, de la pièce, de la possibilité de réparer l’impact, de la main-d’œuvre et des équipements intégrés au vitrage.
L’ANFA indiquait pour sa part que le coût moyen d’un sinistre était passé de 475 euros en 2018 à 675 euros en 2023, soit une progression de 42 % en cinq ans. L’organisme associe notamment cette hausse à la technicité croissante des pare-brise et aux opérations nécessaires sur certains véhicules équipés d’aides à la conduite.
Pourquoi un pare-brise moderne coûte-t-il plus cher à remplacer ?
De nombreux véhicules récents utilisent une caméra placée derrière le pare-brise pour alimenter des fonctions comme le maintien dans la voie, la lecture des panneaux ou le freinage automatique. Après le remplacement du vitrage, un recalibrage peut être nécessaire afin que la caméra retrouve son positionnement et son fonctionnement prévus.
Cette intervention s’ajoute au prix de la pièce et à la pose. Les pare-brise peuvent également intégrer des capteurs de pluie, des traitements acoustiques, un affichage tête haute, un dégivrage ou des caractéristiques propres à une version précise du véhicule. Deux pare-brise de dimensions proches ne présentent donc pas nécessairement le même coût.
La hausse de la facture moyenne ne prouve pas à elle seule que chaque réparateur facture davantage une prestation identique. Elle reflète aussi l’évolution du parc automobile et la part croissante de vitrages plus complexes à remplacer.
Réparation ou remplacement : tous les sinistres ne se ressemblent pas
Un petit impact peut parfois être réparé par injection de résine, tandis qu’une fissure étendue ou située dans une zone sensible peut imposer le remplacement du pare-brise. La décision dépend notamment de la taille et de la position du dommage ainsi que de l’état général du vitrage.
Après une pose complète, le délai avant de reprendre la route dépend du produit de collage et des conditions d’intervention. Les consignes du professionnel doivent être respectées, notamment concernant le temps d’immobilisation et les précautions à prendre pour rouler après un changement de pare-brise.
Cette distinction entre réparation et remplacement est importante pour interpréter les statistiques. Un sinistre comptabilisé n’équivaut pas automatiquement à un pare-brise neuf. Il correspond à un dossier traité, dont la solution technique et le coût peuvent varier fortement.
Le chiffre à retenir dépend donc du périmètre
Pour l’année 2024, la réponse la plus précise est 2,59 millions de sinistres bris de glace comptabilisés parmi les véhicules de première catégorie hors flottes. Un chiffre proche de 2,7 millions peut apparaître dans d’autres études portant sur un périmètre ou une période légèrement différents, tandis que l’estimation atteint environ 3,5 millions lorsque toutes les catégories de véhicules assurés sont incluses.
La mention de l’année, des véhicules concernés et de la nature assurantielle de la donnée est donc indispensable. Sans ces précisions, plusieurs chiffres apparemment concurrents peuvent être présentés comme équivalents alors qu’ils ne mesurent pas exactement la même chose.






