Fisker Karma

Fisker Karma

La Fisker Karma est une berline de luxe hybride rechargeable présentée en 2008 et commercialisée à partir de 2011. Développée par le constructeur américain Fisker Automotive, elle se distingue par une architecture à propulsion électrique associée à un moteur essence servant de prolongateur d’autonomie. Son ambition est de combiner les performances d’une voiture sportive, le raffinement d’une grande berline et la possibilité d’effectuer des trajets quotidiens sans utiliser d’essence.

Dessinée sous la direction d’Henrik Fisker, ancien designer passé notamment par Aston Martin et BMW, la Karma affiche une silhouette basse, un capot long et une poupe sculptée. Sa carrière industrielle reste courte : les difficultés d’approvisionnement en batteries et les problèmes financiers de son constructeur entraînent l’arrêt de la production en 2012, avant la faillite de Fisker Automotive en 2013.

La naissance de la Fisker Karma et son développement

Fisker Automotive est fondé en 2007 par Henrik Fisker et Bernhard Koehler avec l’objectif de créer des automobiles électrifiées haut de gamme. À une époque où les voitures électriques restent limitées par leur autonomie et où les hybrides rechargeables sont encore rares, l’entreprise choisit une solution intermédiaire : une propulsion exclusivement électrique dans son principe, complétée par un moteur thermique capable de produire de l’électricité.

La Fisker Karma est dévoilée le 14 janvier 2008 au Salon international de l’automobile de Detroit. Le concept attire l’attention par son design spectaculaire et son toit intégrant des cellules solaires. Le constructeur annonce alors une berline sportive capable de parcourir une partie de ses trajets en mode électrique, tout en conservant une autonomie totale supérieure grâce à son moteur à essence. La voiture de série reprend largement cette silhouette, malgré les adaptations nécessaires à l’industrialisation.

Le développement prend toutefois du retard. Initialement envisagées plus tôt, les premières livraisons sont repoussées à 2011. La production en série débute finalement en juillet de cette année chez Valmet Automotive, à Uusikaupunki, en Finlande. Ce choix permet à Fisker de s’appuyer sur un partenaire expérimenté dans l’assemblage de véhicules haut de gamme, sans disposer de sa propre grande usine automobile.

Les premières voitures sont livrées aux clients américains au cours de l’année 2011, puis la commercialisation s’étend à d’autres marchés. La Karma reste néanmoins un produit de niche, positionné au-dessus des berlines familiales classiques par son prix, sa présentation et sa technologie. Les retards, les coûts de développement et les difficultés rencontrées par son fournisseur de batteries fragilisent progressivement le projet.

Une architecture hybride rechargeable particulière

La caractéristique essentielle de la Fisker Karma réside dans son système de propulsion électrique à prolongateur d’autonomie. Deux moteurs électriques installés à l’arrière entraînent les roues, tandis qu’un quatre cylindres essence turbocompressé de 2,0 litres, fourni par General Motors, sert à alimenter un générateur électrique. Le fonctionnement diffère donc de celui d’une hybride conventionnelle dans laquelle le moteur thermique peut entraîner directement les roues par l’intermédiaire d’une transmission mécanique.

La batterie lithium-ion, d’une capacité nominale annoncée d’environ 20 kWh, peut être rechargée sur une prise électrique. Lorsque son énergie disponible le permet, la voiture roule sans solliciter le moteur thermique. Une fois le niveau de charge réduit, le groupe essence fournit l’électricité nécessaire au fonctionnement du système et contribue à prolonger les déplacements. Le freinage régénératif récupère également une partie de l’énergie normalement dissipée lors des ralentissements.

Le conducteur peut sélectionner différents modes de fonctionnement. Le mode Stealth privilégie la conduite électrique et une réponse progressive, tandis que le mode Sport sollicite davantage le système de propulsion pour obtenir des accélérations plus franches. Le moteur thermique n’est donc pas simplement destiné à faire avancer la voiture comme sur une hybride parallèle classique : il intervient principalement comme source d’énergie pour la chaîne de traction électrique.

Le toit solaire constitue un autre élément distinctif. Ses cellules photovoltaïques peuvent contribuer à la production d’énergie destinée à certains usages du véhicule, mais leur rendement ne suffit pas à remplacer une recharge sur secteur. Cette solution participe surtout à l’identité technologique de la Karma et à son positionnement environnemental.

Fiche technique de la Fisker Karma

CaractéristiqueDonnée
Année de présentation2008
Début de production en série2011
Période de production2011-2012
ConstructeurFisker Automotive
AssemblageValmet Automotive, Uusikaupunki, Finlande
CarrosserieBerline sportive de luxe à quatre portes
Nombre de places4
Moteur thermiqueQuatre cylindres en ligne essence turbocompressé, famille GM Ecotec
Cylindrée1 998 cm³ environ
Puissance du moteur thermiqueEnviron 260 ch
Couple du moteur thermiqueEnviron 353 Nm
Moteurs électriquesDeux moteurs électriques synchrones à l’arrière
Puissance électrique combinée annoncéeEnviron 403 ch, avec des fiches publiant également 402 ou 408 ch selon le marché et la convention retenue
Couple combiné annoncéEnviron 1 300 Nm
Architecture de propulsionPropulsion électrique avec prolongateur d’autonomie à essence
TransmissionTransmission électrique à rapport unique
BatterieLithium-ion, technologie associée à A123 Systems
Capacité nominale de la batterieEnviron 20,1 kWh
RechargeSur secteur, avec récupération d’énergie au freinage
StructureArchitecture en aluminium de type spaceframe
Suspension avantIndépendante à triangles superposés
Suspension arrièreIndépendante
DirectionCrémaillère assistée
FreinageQuatre freins à disque, étriers Brembo et récupération d’énergie
RouesJantes en aluminium pouvant atteindre 22 pouces selon la configuration
LongueurEnviron 4 995 à 4 998 mm
Largeur hors rétroviseursEnviron 1 984 mm
HauteurEnviron 1 333 mm
EmpattementEnviron 3 160 mm
Voie avantEnviron 1 692 mm selon certaines fiches
Voie arrièreEnviron 1 701 mm selon certaines fiches
Masse à videEnviron 2 400 à 2 450 kg selon les données publiées et les configurations
Vitesse maximale en mode électriqueEnviron 153 km/h
Vitesse maximale en mode SportEnviron 201 km/h
Accélération de 0 à 60 mphEnviron 5,9 à 6,3 secondes selon les données et essais publiés
Autonomie électrique annoncée initialementEnviron 80 km
Autonomie électrique selon l’EPAEnviron 51 km
Autonomie électrique observée en essaiVariable, souvent autour de 39 à 45 km selon les conditions
Volume de coffreEnviron 195 litres selon certaines données européennes
Réservoir de carburantEnviron 34 à 36 litres selon les fiches

Les valeurs de puissance, de masse et d’autonomie diffèrent selon les marchés, les méthodes de mesure et les documents utilisés. Les performances d’accélération publiées en 0 à 60 mph correspondent à une mesure américaine et ne doivent pas être assimilées sans conversion à un temps homologué de 0 à 100 km/h.

Design, habitacle et finitions

La silhouette de la Fisker Karma constitue l’un de ses principaux arguments. Henrik Fisker dessine une grande berline aux proportions très basses, avec un capot étiré, un pare-brise fortement incliné et une ligne de toit fuyante. Les ailes arrière marquées et la poupe sculptée renforcent son allure sportive, tandis que les quatre portes préservent un accès à bord plus pratique que celui d’un coupé traditionnel.

La face avant se caractérise par une calandre centrale proéminente, des prises d’air latérales et des optiques étirées. À l’arrière, les feux horizontaux et le traitement aérodynamique du bouclier prolongent les lignes de la carrosserie. Les grandes jantes, proposées dans plusieurs dessins, accentuent la présence visuelle de cette berline de près de cinq mètres. Le toit solaire, intégré à la surface vitrée, distingue également la version de série de nombreuses berlines de luxe contemporaines.

L’habitacle privilégie une présentation soignée et des matériaux associés au positionnement environnemental de la voiture. La console centrale sculptée regroupe les commandes de transmission, tandis qu’un écran central assure une partie des fonctions multimédias et de contrôle. L’aménagement à quatre places et la ligne de toit basse limitent toutefois la polyvalence par rapport à certaines grandes berlines plus conventionnelles. Le coffre, relativement petit pour le gabarit, reflète également les compromis imposés par l’architecture technique.

La gamme comprend notamment les finitions EcoStandard, EcoSport et EcoChic. Cette dernière met en avant des matériaux présentés comme plus respectueux de l’environnement, avec notamment une sellerie sans cuir animal selon la configuration. Les équipements et les prix évoluent au cours de la courte carrière du modèle, et les appellations ne recouvrent pas nécessairement une dotation identique sur tous les marchés.

Production limitée, prix et difficultés industrielles

La Fisker Karma est assemblée par Valmet Automotive en Finlande, mais sa production reste limitée. Environ 2 450 exemplaires sont couramment cités pour l’ensemble de la carrière industrielle, sans qu’un registre public exhaustif permette de confirmer définitivement ce total. Les véhicules assemblés, ceux livrés aux clients et ceux restés en stock ne doivent pas être comptabilisés comme s’il s’agissait de catégories identiques.

Le prix de la Karma évolue entre son annonce initiale et sa commercialisation. Le tarif envisagé en 2008 se situe autour de 80 000 dollars, avant d’être annoncé à 87 900 dollars. Au lancement, les versions américaines se positionnent plus haut, certaines finitions atteignant environ 100 000 à 116 000 dollars. En France, des fiches historiques indiquent notamment un prix proche de 125 000 euros pour certaines configurations EcoChic. Ces montants correspondent à des périodes et des marchés précis, et non à un tarif unique applicable à toute la gamme.

La carrière du modèle est fragilisée par des problèmes d’approvisionnement en batteries. A123 Systems, son fournisseur, rencontre de graves difficultés financières avant de faire faillite en 2012. Fisker doit également gérer des rappels techniques, des retards et des pertes liées à des véhicules endommagés lors de l’ouragan Sandy en octobre 2012. La production est interrompue au cours de cette même année.

En 2013, Fisker Automotive se place sous la protection de la procédure américaine de faillite. Cet arrêt prématuré complique le suivi des véhicules et la disponibilité de certaines pièces. Pour un acheteur d’occasion, l’état de la batterie haute tension, l’historique d’entretien, la disponibilité des composants électroniques et la compétence de l’atelier chargé des réparations sont donc des éléments essentiels. La rareté de la Karma ne suffit pas, à elle seule, à garantir une valeur de collection élevée.

La Karma face aux autres modèles Fisker

La Fisker Karma originelle doit être distinguée des modèles qui reprennent ensuite le nom de la marque. Après la faillite de Fisker Automotive, des actifs de l’entreprise sont acquis par Wanxiang. Karma Automotive développe alors une évolution de la berline, commercialisée sous le nom de Karma Revero à partir de 2016. Malgré une filiation technique et stylistique évidente, cette voiture appartient à une phase industrielle différente et ne doit pas être confondue avec les exemplaires produits en 2011 et 2012.

Le nom Fisker réapparaît également sur des projets plus récents. Le Fisker Ocean est un SUV 100 % électrique développé par Fisker Inc., une entité distincte fondée par Henrik Fisker. Il ne constitue pas le successeur technique direct de la Karma : son architecture, sa carrosserie et son positionnement répondent à une autre génération de véhicules électrifiés. Il témoigne néanmoins de la volonté persistante d’Henrik Fisker de proposer des automobiles associant design distinctif et technologies électriques.

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