BAC Mono

BAC Mono

La BAC Mono est une voiture de sport monoplace britannique présentée en 2011 par Briggs Automotive Company. Conçue pour offrir les sensations d’une voiture de compétition tout en étant homologuée pour la route, elle se distingue par son poste de conduite central, son moteur atmosphérique installé derrière le pilote et son poids d’environ 540 kg. Dans sa configuration originale, son quatre cylindres Cosworth de 2,3 litres développe 280 bhp, soit environ 284 ch, une puissance particulièrement élevée au regard de sa masse.

Contrairement aux sportives traditionnelles, la BAC Mono ne possède ni siège passager, ni toit, ni pare-brise conventionnel. Sa conception privilégie la précision du comportement, la légèreté et le contact direct entre le conducteur et la mécanique. Cette approche radicale en fait une automobile à part, située entre une monoplace de course et une sportive routière artisanale.

Une monoplace britannique née de la passion des frères Briggs

L’histoire de la BAC Mono commence avec Ian et Neill Briggs, deux frères britanniques issus du monde du design et de l’ingénierie automobile. Avant de fonder leur propre constructeur, ils travaillent notamment à travers leur société de conseil Adaptive Space, participant à des projets pour plusieurs marques automobiles prestigieuses. Leur expérience leur permet d’envisager une voiture entièrement dédiée au plaisir de conduire, sans les compromis imposés par une architecture conventionnelle.

Les premières réflexions sur ce projet remontent à 2007. L’objectif consiste à créer une machine capable de reproduire les sensations d’une monoplace de compétition, mais utilisable sur route. Plutôt que de transformer une voiture existante, les frères Briggs choisissent de développer une architecture spécifique, organisée autour d’un seul conducteur.

Briggs Automotive Company, généralement désignée par l’acronyme BAC, est fondée en 2009. Ian Briggs joue un rôle central dans le dessin de la carrosserie et l’identité visuelle du véhicule, tandis que Neill Briggs supervise principalement les aspects techniques et le développement mécanique. Leur projet s’appuie également sur plusieurs équipementiers spécialisés dans la compétition automobile.

La BAC Mono est officiellement dévoilée en mars 2011 au salon Retro Classics de Stuttgart, en Allemagne. Cette première apparition attire rapidement l’attention de la presse spécialisée. À une époque où les supercars deviennent toujours plus puissantes et sophistiquées, BAC propose une philosophie différente : obtenir des performances exceptionnelles en réduisant drastiquement la masse plutôt qu’en multipliant les chevaux.

La fabrication est organisée au Royaume-Uni, dans la région de Liverpool. Chaque exemplaire est assemblé artisanalement et peut recevoir des adaptations correspondant à la morphologie et aux préférences de son propriétaire. Cette production en petites séries distingue immédiatement BAC des constructeurs automobiles généralistes.

Un design entièrement conçu autour du pilote

La silhouette de la BAC Mono évoque directement une monoplace de compétition. Sa carrosserie très basse, son nez effilé, ses roues largement dégagées et ses suspensions apparentes composent un ensemble inhabituel pour une automobile homologuée sur route. Pourtant, elle ne reprend pas simplement l’apparence d’une Formule 1 : ses volumes ont été développés pour associer efficacité aérodynamique, protection mécanique et identité propre.

Le poste de conduite occupe exactement l’axe longitudinal de la voiture. Le conducteur est installé très bas, dans une position allongée, avec les jambes dirigées vers le pédalier et le volant placé près du corps. Cette disposition favorise une répartition équilibrée des masses et évite les contraintes d’une architecture biplace.

L’habitacle ne possède aucune porte conventionnelle. Le pilote prend place directement dans le cockpit ouvert, protégé par une structure de sécurité et un arceau situé derrière sa tête. Le siège et les commandes peuvent être adaptés à sa morphologie. Le pédalier réglable permet notamment d’ajuster la position de conduite sans compromettre l’implantation centrale du siège.

Le dessin signé Ian Briggs repose sur un contraste entre les surfaces enveloppantes de l’avant et la mécanique plus exposée à l’arrière. Les petits projecteurs sont intégrés aux volumes du nez, tandis que les flancs sculptés laissent apparaître certains éléments structurels. Les prises d’air participent au refroidissement du groupe motopropulseur placé derrière le conducteur.

La carrosserie utilise des matériaux composites, notamment la fibre de carbone, afin de limiter le poids. Sous cette enveloppe, la structure de sécurité fait appel à une construction métallique tubulaire. L’ensemble reprend plusieurs principes issus de la compétition, avec une attention particulière portée à la rigidité et à la réduction des masses inutiles.

Avec une longueur inférieure à quatre mètres et une hauteur d’environ 1,11 mètre, la BAC Mono affiche des proportions extrêmement compactes. Sa largeur de 1,80 mètre lui permet toutefois de conserver des voies généreuses et une assise adaptée aux performances recherchées. Son esthétique résulte directement de ses contraintes techniques, sans chercher à reproduire les codes habituels des coupés sportifs.

Fiche technique de la BAC Mono

CaractéristiqueBAC Mono originale (2011)
ConstructeurBriggs Automotive Company (BAC)
Pays d’origineRoyaume-Uni
PrésentationMars 2011, Stuttgart
CarrosserieSportive monoplace ouverte
Nombre de places1
ArchitectureMoteur central arrière longitudinal, propulsion
MoteurFord Duratec préparé par Cosworth
Configuration4 cylindres en ligne, atmosphérique
Cylindrée2 261 cm³
DistributionDouble arbre à cames en tête, 16 soupapes
AlimentationInjection électronique d’essence
Puissance maximale280 bhp, environ 284 ch, à 7 700 tr/min
Couple maximal280 Nm à 6 000 tr/min
Régime maximal annoncé8 300 tr/min
LubrificationCarter sec
Boîte de vitessesHewland FTR séquentielle à 6 rapports
Commande de boîtePalettes au volant
TransmissionRoues arrière motrices, différentiel autobloquant
StructureCellule de sécurité tubulaire métallique, carrosserie composite
Suspension avantDoubles triangles indépendants, poussoirs
Suspension arrièreDoubles triangles indépendants, poussoirs
AmortisseursSachs réglables
DirectionÀ crémaillère
FreinageDisques ventilés de 295 mm, étriers AP Racing à quatre pistons
JantesOZ Racing, 17 pouces
Pneumatiques avant205/40 R17
Pneumatiques arrière245/40 R17
Longueur3 952 mm
Largeur1 800 mm
Hauteur1 110 mm
Empattement2 565 mm
Poids annoncéEnviron 540 kg
Répartition des masses48 % avant, 52 % arrière
Rapport poids/puissanceEnviron 519 bhp/tonne
0 à 60 mph (96,6 km/h)2,8 secondes annoncées
0 à 100 km/hEnviron 3 secondes
0 à 100 mph (160,9 km/h)6,7 secondes annoncées
Vitesse maximaleEnviron 274 km/h
Réservoir35 litres

Un moteur Cosworth et une mécanique issue de la compétition

La BAC Mono originale utilise un quatre cylindres Ford Duratec profondément préparé par Cosworth. Ce moteur atmosphérique se distingue par sa capacité à monter rapidement en régime et par sa réponse directe à l’accélérateur. BAC privilégie cette solution à une mécanique suralimentée afin de conserver une délivrance progressive de la puissance et une relation immédiate entre la pédale et les roues motrices.

La préparation comprend notamment des composants internes renforcés et un système de lubrification à carter sec. Ce dernier présente un intérêt particulier pour une voiture capable de subir de fortes accélérations latérales sur circuit. Il permet de maintenir une alimentation en huile adaptée aux contraintes de la conduite sportive, tout en facilitant l’installation du moteur dans une position basse.

Le groupe motopropulseur est installé longitudinalement derrière le cockpit. Cette disposition concentre les principaux organes mécaniques à proximité du centre de la voiture. La transmission Hewland séquentielle à six rapports, commandée par des palettes au volant, reprend une architecture familière aux pilotes de compétition. Elle permet d’enchaîner les changements de vitesse sans utiliser une commande manuelle classique en grille.

Les suspensions constituent un autre élément fondamental du comportement de la Mono. Les doubles triangles indépendants sont associés à des poussoirs et à des amortisseurs Sachs réglables. Cette architecture permet de contrôler précisément les mouvements des roues et d’adapter certains réglages à l’utilisation envisagée. Les éléments de suspension visibles participent également à l’identité esthétique de la voiture.

Le freinage est confié à AP Racing, équipementier reconnu dans le sport automobile. Les disques ventilés et les étriers à quatre pistons doivent ralentir une masse particulièrement faible, ce qui contribue à la réactivité du véhicule lors des phases de décélération. Des solutions carbone-céramique apparaîtront ensuite parmi les évolutions proposées par BAC.

La légèreté joue un rôle aussi important que la puissance. En réduisant l’inertie à l’accélération, au freinage et dans les changements de direction, les ingénieurs recherchent une voiture capable de répondre immédiatement aux sollicitations du pilote. Cette philosophie explique pourquoi la Mono peut rivaliser en performances avec des sportives disposant de moteurs beaucoup plus puissants.

Performances et sensations de conduite sur circuit

La BAC Mono a été développée pour privilégier les sensations et l’efficacité plutôt que la facilité d’utilisation quotidienne. Son accélération annoncée de 0 à 60 mph en 2,8 secondes la place parmi les voitures les plus rapides de son époque sur cet exercice. Sa vitesse maximale d’environ 274 km/h reste remarquable pour un véhicule dépourvu de toit et de pare-brise traditionnel.

La position centrale du conducteur constitue l’une des particularités les plus importantes de son comportement. Le pilote se trouve directement dans l’axe du véhicule, ce qui facilite la perception de ses mouvements. Cette disposition, associée à la faible hauteur d’assise et à la direction directe, renforce l’impression de proximité avec la route.

Le moteur atmosphérique impose une conduite active pour exploiter toute sa puissance. La boîte séquentielle permet de maintenir le moteur dans sa plage de fonctionnement favorable, tandis que les pneus haute performance assurent la transmission des efforts au sol. Sur circuit, la combinaison d’une masse réduite et de suspensions sophistiquées favorise les changements d’appui rapides.

La BAC Mono a notamment acquis une forte notoriété grâce aux essais de la presse automobile britannique et à ses apparitions dans l’émission Top Gear. Son passage sur le circuit d’essai de l’émission a contribué à faire connaître les performances de cette petite marque au-delà du cercle des passionnés de voitures de piste.

Sur route, l’expérience est naturellement plus exigeante que dans une sportive conventionnelle. L’absence de protection contre les intempéries, l’accès particulier au cockpit et le faible espace de rangement limitent les usages possibles. Le conducteur est directement exposé au vent et aux conditions extérieures, ce qui rend le port d’un casque particulièrement adapté à la conduite rapide.

La Mono se distingue ainsi des sportives légères biplaces comme l’Ariel Atom ou la KTM X-Bow. Si ces modèles partagent une recherche de performance fondée sur la réduction du poids, BAC pousse plus loin le concept en réservant toute l’architecture du véhicule à un seul occupant.

Évolutions de la BAC Mono et passage au moteur 2,5 litres

Après le lancement de 2011, BAC poursuit le développement de sa monoplace sans abandonner son principe fondamental. Les premières améliorations concernent notamment les matériaux, certains équipements de freinage et les possibilités de personnalisation. La fabrication artisanale permet au constructeur d’intégrer progressivement de nouvelles solutions techniques.

Une évolution importante intervient au milieu des années 2010 avec l’adoption d’un moteur atmosphérique de 2,5 litres développé avec Mountune. Cette version, identifiée dans la chronologie officielle de BAC comme Mono (W) à partir de 2016, développe 305 bhp, soit environ 309 ch métriques. Elle bénéficie également d’un habitacle élargi et de plusieurs modifications destinées à améliorer son ergonomie et ses performances.

Cette évolution ne doit pas être confondue avec la Mono originale à moteur Cosworth 2,3 litres. Les deux voitures conservent une silhouette proche et la même philosophie, mais leurs motorisations, certaines caractéristiques structurelles et leurs valeurs de performance diffèrent. La transition marque une étape importante dans la maturation technique du modèle.

En 2019, BAC dévoile la BAC Mono R, une évolution beaucoup plus profonde de sa monoplace. Cette nouvelle interprétation développe 343 bhp et adopte une aérodynamique remaniée, ainsi qu’un recours accru aux matériaux composites avancés. Elle bénéficie d’un travail approfondi sur la réduction de masse et l’optimisation des composants, tout en conservant le principe du cockpit central unique.

La famille Mono poursuit ensuite son développement avec une nouvelle génération présentée en 2023. BAC continue d’exploiter les possibilités offertes par les matériaux légers, l’évolution des groupes motopropulseurs et les techniques de fabrication spécialisées. Les versions récentes possèdent cependant leurs propres caractéristiques et ne doivent pas être assimilées à la configuration historique de 2011.

Production artisanale, prix et exclusivité

La BAC Mono est fabriquée en petites séries au Royaume-Uni. Son assemblage demande une intervention humaine importante, aussi bien pour la préparation mécanique que pour l’adaptation de l’habitacle. Contrairement à une voiture produite sur une chaîne industrielle classique, chaque exemplaire peut être configuré en fonction des attentes de son propriétaire.

Au lancement, son prix britannique est annoncé autour de 79 950 livres sterling. Ce tarif la place dans l’univers des sportives haut de gamme, malgré son équipement volontairement minimaliste. L’essentiel du coût provient de sa conception spécifique, de ses composants issus de la compétition et de sa production artisanale, plutôt que d’équipements de confort ou de luxe.

Le nombre de véhicules construits demeure limité. Vers le milieu des années 2010, la presse britannique évoque une cinquantaine d’exemplaires produits depuis les débuts de BAC, sans que ce chiffre permette d’isoler précisément la production de la première version 2,3 litres. La rareté du modèle résulte donc autant de son positionnement spécialisé que des capacités de fabrication d’un petit constructeur indépendant.

La personnalisation occupe une place essentielle dans l’expérience d’achat. Le siège, la position des commandes et certains éléments de finition peuvent être adaptés au conducteur. Cette approche est particulièrement pertinente sur une monoplace où l’ergonomie influence directement la maîtrise du véhicule. Elle implique également qu’un exemplaire d’occasion ne conviendra pas nécessairement à tous les pilotes sans ajustement.

Pour un acheteur recherchant une BAC Mono de première génération, l’identification du moteur constitue un point déterminant. Une voiture équipée du Cosworth 2,3 litres correspond à la configuration initiale, tandis qu’une Mono à moteur Mountune 2,5 litres appartient à une évolution ultérieure. L’historique d’entretien, les interventions sur la transmission séquentielle, l’état des éléments composites et l’utilisation éventuelle sur circuit méritent une attention particulière.

La documentation de chaque exemplaire est également importante en raison des adaptations réalisées à la commande. Les réglages de suspension, les équipements optionnels et les caractéristiques du poste de conduite peuvent différer d’une voiture à l’autre. Pour une utilisation routière, il convient enfin de vérifier les documents d’immatriculation et la conformité de l’exemplaire au marché concerné, les conditions d’homologation n’étant pas nécessairement identiques d’un pays à l’autre.

Marque BAC

Année de sortie 2011

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