Gumpert Apollo

Gumpert Apollo

La Gumpert Apollo est une supercar allemande présentée en 2005, conçue pour offrir les performances d’une voiture de compétition tout en restant homologable pour la route. Développée sous l’impulsion de Roland Gumpert, ancien dirigeant d’Audi Sport, elle associe un moteur V8 biturbo de 650 ch, une structure tubulaire légère et une aérodynamique particulièrement travaillée. Produite artisanalement à Altenbourg, en Allemagne, elle se distingue par son architecture radicale, sa silhouette spectaculaire et ses performances qui la plaçaient parmi les automobiles les plus rapides de son époque.

Contrairement aux grandes sportives privilégiant le confort ou le prestige, l’Apollo a été développée autour d’un objectif précis : maximiser l’efficacité sur circuit sans renoncer à une utilisation routière. Cette philosophie explique ses proportions inhabituelles, son habitacle dépouillé et ses solutions techniques directement inspirées du sport automobile.

Origines et développement de la Gumpert Apollo

L’histoire de la Gumpert Apollo commence au début des années 2000, lorsque Roland Gumpert entreprend de créer une sportive capable de rivaliser avec les meilleures voitures de compétition tout en respectant les exigences d’une homologation routière. L’ingénieur allemand possède alors une solide expérience du sport automobile, acquise notamment chez Audi, où il a participé à la réussite des programmes de rallye de la marque aux anneaux.

Son ambition ne consiste pas à développer une nouvelle voiture de grand tourisme, mais à construire une machine légère, rigide et extrêmement performante. Le projet prend forme avec la participation de spécialistes de l’ingénierie automobile, notamment dans l’environnement du préparateur allemand MTM. Les premières étapes du développement sont associées aux appellations GMG Apollo et MTM Apollo, avant l’adoption définitive du nom Gumpert.

Les études portent principalement sur la rigidité du châssis, la répartition des masses, le refroidissement du moteur et l’efficacité aérodynamique. Plusieurs prototypes permettent de valider les solutions retenues. Le dessin de la carrosserie, généralement attribué à Marco Vanetta, répond avant tout à des contraintes fonctionnelles. Chaque ouverture, prise d’air et surface extérieure contribue à la gestion des flux aérodynamiques ou au refroidissement des organes mécaniques.

La Gumpert Apollo est présentée en 2005 et sa fabrication débute à la fin de cette même année dans les installations du constructeur à Altenbourg, en Thuringe. Sa commercialisation se développe à partir de 2006, avec une production artisanale destinée à une clientèle recherchant une automobile particulièrement exclusive.

Cette approche place Gumpert dans une catégorie différente de celle des constructeurs traditionnels. L’entreprise ne dispose pas d’une gamme étendue ni d’importants volumes de fabrication. L’Apollo constitue son modèle fondateur et concentre l’essentiel de son savoir-faire technique.

Un design entièrement consacré à l’aérodynamique

La Gumpert Apollo possède une silhouette immédiatement reconnaissable. Son habitacle très avancé, son toit extrêmement bas et ses ailes arrière volumineuses lui donnent des proportions proches de celles d’un prototype d’endurance. Avec une hauteur d’environ 1,11 m et une largeur proche de deux mètres, elle affiche une présence visuelle particulièrement impressionnante.

La face avant se caractérise par un museau plongeant, de grandes ouvertures de refroidissement et des optiques compactes intégrées aux extrémités de la carrosserie. Les flancs comportent d’importantes prises d’air destinées à alimenter le moteur central et à évacuer la chaleur produite par la mécanique. À l’arrière, le diffuseur et les différents appendices aérodynamiques participent à la stabilité du véhicule à grande vitesse.

L’une des particularités les plus visibles de l’Apollo réside dans ses portes à ouverture vers le haut, de type papillon. Leur conception facilite l’accès à un habitacle entouré de seuils particulièrement larges, imposés par la structure du châssis. Cette disposition contribue également à son identité de voiture de course homologuée pour la circulation.

L’aérodynamique constitue un élément central du projet. Le soubassement, les canaux d’air et les surfaces de carrosserie sont étudiés pour générer un appui important, particulièrement utile dans les virages rapides. Gumpert a notamment popularisé l’idée selon laquelle l’appui produit à très haute vitesse serait théoriquement suffisant pour maintenir l’automobile à l’envers dans un tunnel. Cette affirmation illustre les ambitions aérodynamiques du constructeur, mais ne correspond pas à une démonstration réellement effectuée.

À bord, la présentation privilégie la conduite plutôt que le luxe. Les occupants prennent place dans des sièges très enveloppants, installés particulièrement bas. L’instrumentation est orientée vers le conducteur et les commandes sont disposées pour rester accessibles pendant une conduite sportive. Les possibilités de personnalisation permettent néanmoins d’adapter les matériaux et certains équipements aux préférences du propriétaire.

La visibilité périphérique limitée, les seuils élevés et la faible garde au sol rappellent constamment les compromis nécessaires pour obtenir un tel niveau de performance. L’Apollo est homologable pour la route, mais son ergonomie demeure beaucoup plus proche de celle d’une voiture de compétition que d’une sportive conventionnelle.

Un V8 biturbo Audi au cœur d’une architecture de compétition

La Gumpert Apollo utilise un moteur V8 essence d’origine Audi, profondément modifié pour répondre aux exigences du constructeur allemand. Installé longitudinalement en position centrale arrière, ce bloc d’environ 4,2 litres reçoit deux turbocompresseurs et un système de refroidissement de l’air d’admission. Dans sa configuration initiale, il développe 650 ch et un couple maximal de 850 Nm.

Cette mécanique se distingue par sa puissance élevée, mais également par son couple important, disponible sur une plage de fonctionnement adaptée aux accélérations soutenues. La suralimentation permet d’obtenir des performances remarquables sans recourir à un moteur de très forte cylindrée. Le système de lubrification à carter sec contribue à maintenir une alimentation en huile efficace lorsque la voiture subit de fortes accélérations latérales sur circuit.

La puissance est transmise exclusivement aux roues arrière par une boîte séquentielle à six rapports. Cette architecture privilégie la rapidité des changements de vitesse et la transmission directe du couple. Malgré les liens historiques de Roland Gumpert avec Audi et la transmission quattro, l’Apollo ne possède donc pas de transmission intégrale.

Le moteur repose dans un châssis tubulaire en acier au chrome-molybdène, conçu pour offrir une rigidité élevée tout en limitant la masse. La carrosserie fait largement appel aux matériaux composites, notamment à la fibre de carbone selon les éléments et les configurations. Il ne s’agit cependant pas d’une monocoque entièrement réalisée en carbone : la structure principale reste un ensemble tubulaire métallique.

Les suspensions indépendantes à doubles triangles superposés permettent un contrôle précis des mouvements de roues. Leur géométrie et les possibilités de réglage répondent aux besoins d’une utilisation intensive sur circuit. Le freinage repose sur de grands disques ventilés associés à des étriers multipistons, tandis que les pneumatiques arrière particulièrement larges doivent transmettre au sol la puissance du V8.

Avec une masse généralement annoncée entre 1 100 et 1 200 kg suivant les configurations, l’Apollo bénéficie d’un rapport poids-puissance particulièrement favorable. La combinaison de ce poids contenu, de la propulsion et de l’appui aérodynamique explique son comportement très différent de celui des grandes GT à moteur avant.

Fiche technique de la Gumpert Apollo

CaractéristiqueGumpert Apollo originale (2005)
ConstructeurGumpert Sportwagenmanufaktur GmbH
Pays d’origineAllemagne
Site de productionAltenbourg, Thuringe
Première présentation2005
Période de fabricationFin 2005 à environ 2012-2013
CatégorieSupercar biplace
CarrosserieCoupé deux portes
ArchitectureMoteur central arrière longitudinal
MotorisationV8 essence à 90°, dérivé d’un moteur Audi
CylindréeEnviron 4,2 litres, 4 163 ou 4 172 cm³ selon les fiches
SuralimentationDeux turbocompresseurs avec échangeurs thermiques
DistributionDouble arbre à cames en tête par rangée de cylindres, cinq soupapes par cylindre
InjectionÉlectronique multipoint
LubrificationCarter sec
Puissance maximale650 ch (478 kW)
Régime de puissanceEnviron 6 000 à 6 500 tr/min selon les fiches
Couple maximal850 Nm
Régime de coupleEnviron 4 500 à 5 000 tr/min
TransmissionPropulsion
Boîte de vitessesSéquentielle à six rapports
ChâssisStructure tubulaire en acier au chrome-molybdène
CarrosserieMatériaux composites, dont fibre de carbone selon configuration
Suspension avantIndépendante à doubles triangles superposés
Suspension arrièreIndépendante à doubles triangles superposés
DirectionÀ crémaillère, assistance électrohydraulique selon configuration
FreinsDisques ventilés, environ 380 mm
ÉtriersSix pistons
Pneumatiques avant255/35 ZR19
Pneumatiques arrière345/35 ZR19
Longueur4 460 mm
Largeur1 998 à 2 000 mm
Hauteur1 105 à 1 114 mm
Empattement2 700 mm
Voie avant1 670 mm
Voie arrière1 598 mm
Masse annoncéeEnviron 1 100 à 1 200 kg selon configuration
Nombre de places2
Capacité du réservoirEnviron 120 litres
Volume de coffre annoncéEnviron 100 litres
Vitesse maximale annoncéeEnviron 360 km/h
Accélération de 0 à 100 km/hEnviron 3,0 à 3,7 secondes suivant les données publiées
Accélération de 0 à 200 km/hEnviron 8,9 à 9,5 secondes
Consommation mixte publiéeEnviron 14,7 à 17,1 l/100 km selon les fiches
Émissions de CO2 publiées342 g/km selon certaines fiches

Performances, Nürburgring et engagements en compétition

La Gumpert Apollo a rapidement acquis une réputation de voiture particulièrement efficace sur circuit. Ses performances ne reposent pas uniquement sur la puissance de son moteur, mais sur l’équilibre entre légèreté, motricité, rigidité structurelle et appui aérodynamique. Cette combinaison lui permet de rivaliser avec des supercars nettement plus puissantes ou plus coûteuses.

Sa notoriété internationale progresse fortement grâce aux essais réalisés par la presse automobile et aux chronos enregistrés sur des circuits de référence. En 2008, une version sportive de l’Apollo réalise un tour du circuit d’essai de l’émission britannique Top Gear en 1 minute 17,1 seconde, pilotée par The Stig. Ce résultat la place alors parmi les voitures les plus rapides du classement de l’émission.

Le 13 août 2009, une Apollo conduite par Florian Gruber réalise un tour de la Nordschleife du Nürburgring en 7 minutes 11,57 secondes. Cette performance est particulièrement remarquée, car elle concerne une automobile dérivée d’un modèle homologué pour la route. Le véhicule utilisé appartient toutefois à une évolution sportive de la famille Apollo et ne doit pas être confondu avec la configuration initiale de 650 ch.

La participation de Gumpert à la compétition ne se limite pas aux chronos réalisés avec des voitures routières. En 2008, une Apollo spécialement modifiée prend part aux 24 Heures du Nürburgring avec une motorisation hybride associant un V8 biturbo de cylindrée réduite à une propulsion électrique. Heinz-Harald Frentzen figure parmi les pilotes engagés sur ce programme expérimental.

Cette Apollo hybride utilise notamment une batterie lithium-ion et un moteur électrique d’environ 100 kW. Malgré des difficultés mécaniques affectant la transmission thermique, le projet démontre l’intérêt du constructeur pour des solutions techniques différentes de celles de sa supercar conventionnelle. L’engagement constitue surtout une expérimentation en conditions de course plutôt qu’une évolution commercialisée de l’Apollo.

Ces apparitions sportives contribuent à installer Gumpert parmi les constructeurs spécialisés capables de développer des voitures extrêmement performantes malgré des moyens industriels limités. L’Apollo acquiert ainsi une réputation reposant davantage sur ses résultats chronométriques que sur son image de marque ou son confort.

Les différentes versions de la Gumpert Apollo

La carrière de l’Apollo s’accompagne de plusieurs évolutions destinées à augmenter ses performances ou à adapter son comportement à différents usages. Dès les premières années, le constructeur envisage des configurations plus puissantes que le modèle initial, notamment des déclinaisons annoncées autour de 700 et 800 ch. Les caractéristiques varient ensuite suivant les versions et les millésimes.

L’Apollo Sport apparaît comme une évolution davantage orientée vers la piste. Elle reçoit des réglages spécifiques et une puissance supérieure, généralement annoncée à 700 ch sur les premières configurations, puis jusqu’à 750 ch sur certaines évolutions. Les équipements aérodynamiques peuvent également être modifiés pour augmenter l’appui et améliorer la stabilité à grande vitesse.

En 2009, la Gumpert Apollo Speed représente une autre évolution importante de la famille. Elle bénéficie d’un travail aérodynamique particulier et reste étroitement associée au célèbre chrono de 7 minutes 11,57 secondes sur la Nordschleife. Les dénominations Sport et Speed ont parfois été utilisées de manière imprécise dans les comptes rendus de cette période, ce qui explique certaines différences entre les fiches techniques disponibles.

En 2012, Gumpert présente l’Apollo R, une déclinaison radicale destinée à une utilisation sur circuit. Sa puissance annoncée atteint 860 ch, tandis que sa préparation aérodynamique et son équipement accentuent encore son caractère de voiture de compétition. Cette version ne doit pas être assimilée à l’Apollo routière lancée en 2005.

La même année apparaît l’Apollo Enraged, une édition particulièrement exclusive développant 780 ch. Elle se distingue par sa présentation spécifique et son orientation extrême, illustrant les dernières évolutions du modèle sous la direction historique de Roland Gumpert.

Parallèlement, le constructeur cherche à diversifier son offre. Présenté en 2011, le concept Gumpert Tornante, développé avec le carrossier italien Touring Superleggera, propose une interprétation plus élégante et davantage tournée vers le grand tourisme. Il ne devient cependant pas un successeur de série de l’Apollo.

Les difficultés financières rencontrées par Gumpert à partir de 2012 interrompent progressivement cette dynamique. La société connaît une procédure d’insolvabilité et son activité sous sa forme historique prend fin en 2013. La date précise de fabrication du dernier exemplaire d’Apollo reste incertaine, les sources situant généralement la fin de production autour de 2012 ou 2013.

Production artisanale, prix et rareté de la Gumpert Apollo

La Gumpert Apollo n’a jamais été conçue pour une fabrication à grande échelle. Chaque voiture est assemblée artisanalement, avec des possibilités de personnalisation portant sur les finitions, les équipements et certaines caractéristiques techniques. Cette méthode de production explique son exclusivité, mais aussi les différences observées entre les exemplaires.

Lors de son lancement, le prix de base annoncé se situe autour de 198 000 euros. Ce montant concerne la configuration initiale et peut augmenter sensiblement avec les options ou les motorisations plus puissantes. En 2009, certaines versions sportives atteignent des tarifs annoncés proches de 300 000 euros hors taxes, témoignant du positionnement très haut de gamme adopté par le constructeur.

Les ambitions commerciales initiales évoquent une production de plusieurs dizaines de voitures par an. Les volumes réellement atteints sont cependant beaucoup plus modestes. Une estimation d’environ 44 exemplaires est parfois avancée pour la famille Apollo, mais l’absence d’un registre public complet ne permet pas de confirmer définitivement ce chiffre ni la répartition entre les différentes versions.

Cette rareté complique aujourd’hui l’établissement d’une cote de collection représentative. Les transactions publiques sont peu nombreuses et les voitures présentent des configurations parfois très différentes. L’historique d’entretien, la conformité de l’homologation, l’authenticité des composants et la provenance de chaque exemplaire jouent donc un rôle essentiel dans leur évaluation.

La maintenance constitue également un élément important pour les collectionneurs. Même si le moteur repose sur une architecture issue d’Audi, de nombreuses pièces mécaniques, éléments de carrosserie et solutions d’assemblage sont spécifiques à Gumpert. Leur remplacement peut nécessiter l’intervention de spécialistes connaissant les particularités de cette production artisanale.

Après la disparition du constructeur historique, le nom Apollo réapparaît sous une nouvelle structure, notamment avec l’Apollo N présentée en 2016. Les projets ultérieurs, dont l’Apollo Intensa Emozione à moteur V12 atmosphérique, appartiennent à une nouvelle période industrielle. Ils ne doivent pas être considérés comme de simples versions de la Gumpert Apollo originale, dont les exemplaires conservent leur identité technique et leur provenance propres.

Marque Gumpert

Année de sortie 2005

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