Après une crevaison, l’opération réalisable au bord de la route consiste généralement à remplacer la roue complète par une roue de secours. Le démontage du pneumatique de sa jante nécessite, lui, un équipement spécialisé et doit être confié à un professionnel.
Avant toute intervention, la priorité est de sécuriser l’arrêt. Une roue peut être remplacée soi-même uniquement lorsque le véhicule se trouve sur un sol plat et stable, suffisamment éloigné de la circulation. Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, notamment sur une voie rapide, dans un virage ou sur un accotement instable, il est plus prudent de faire appel à une assistance.
S’arrêter sans aggraver la crevaison
Dès qu’une perte de pression est suspectée, il faut ralentir progressivement, éviter les mouvements brusques et chercher un emplacement sûr. Continuer à rouler avec un pneu crevé risque d’endommager davantage le pneumatique, la jante et certains éléments du véhicule.
Une fois immobilisé, le véhicule doit être rendu aussi visible que possible. Les feux de détresse doivent être allumés lorsque l’arrêt constitue un danger pour les autres usagers. Avant de sortir, le conducteur doit enfiler son gilet de haute visibilité, qui doit rester accessible depuis l’habitacle.
Le triangle de présignalisation doit être placé à environ 30 mètres du véhicule, ou plus loin lorsque la configuration des lieux l’exige. Il ne faut toutefois pas tenter de le positionner si cette démarche expose manifestement le conducteur à un danger. Les règles applicables sont précisées par le Code de la route concernant les équipements de sécurité.
Vérifier que le remplacement est possible
Le remplacement peut être envisagé lorsque le véhicule dispose d’une roue de secours compatible, d’un cric adapté et d’une clé permettant de desserrer les boulons ou les écrous. La roue de secours n’est pas obligatoire en France, mais elle reste utile lorsqu’elle est accompagnée des outils nécessaires.
Avant de commencer, il convient de consulter le manuel du véhicule. Il indique notamment l’emplacement du matériel, les points de levage prévus par le constructeur, le couple de serrage des fixations et les restrictions éventuelles associées à la roue de secours.
Le matériel nécessaire comprend généralement :
- une roue de secours en bon état et correctement gonflée ;
- un cric compatible avec le véhicule ;
- une clé de roue ;
- l’adaptateur de l’écrou antivol, si le véhicule en possède un ;
- le gilet de haute visibilité et le triangle de présignalisation.
Des gants et une lampe peuvent faciliter l’intervention, mais ils ne remplacent jamais un emplacement sûr ni un matériel adapté.
Immobiliser correctement le véhicule
Le moteur doit être coupé et le frein de stationnement serré. Sur une voiture à boîte manuelle, il faut engager une vitesse. Sur une boîte automatique, le sélecteur doit être placé sur la position « P ».
Le cric ne doit jamais être utilisé sur un sol meuble, incliné ou irrégulier. Il ne faut pas non plus se placer sous un véhicule soutenu uniquement par le cric. Celui-ci sert à lever la voiture pour retirer la roue, pas à sécuriser une intervention sous le châssis.
Les passagers doivent sortir du véhicule et attendre dans un endroit protégé. Si la situation impose de rester à proximité de la circulation, la prudence doit primer sur la volonté de remplacer la roue soi-même.
Changer la roue étape par étape
Une fois le véhicule sécurisé et le matériel préparé, le remplacement peut être effectué dans un ordre précis.
- Retirer l’enjoliveur si nécessaire. Il faut d’abord dégager l’accès aux boulons ou aux écrous de la roue. La méthode de retrait dépend du modèle et doit éviter de forcer sur une pièce fragile.
- Débloquer légèrement les fixations. Tant que la roue touche encore le sol, chaque boulon doit être desserré d’une fraction de tour. Il ne faut pas les retirer à ce stade. Le contact avec le sol empêche la roue de tourner pendant l’effort.
- Positionner le cric au point de levage. Le cric doit être placé uniquement à l’emplacement prévu par le constructeur, généralement signalé sous le bas de caisse. Un mauvais positionnement peut endommager le véhicule ou provoquer sa chute.
- Lever progressivement la voiture. La roue doit quitter le sol de quelques centimètres seulement, juste assez pour pouvoir être retirée et remplacée.
- Dévisser complètement les boulons. Ils doivent être déposés dans un endroit propre afin de ne pas être perdus ni souillés. La roue peut ensuite être retirée en la tirant droit vers soi.
- Installer la roue de secours. La roue doit être alignée avec le moyeu et les trous de fixation. Une fois correctement positionnée, les boulons doivent être engagés à la main pour éviter de détériorer leur filetage.
- Effectuer un premier serrage. Les fixations doivent être rapprochées progressivement, sans serrage maximal, afin de maintenir la roue correctement centrée.
- Redescendre le véhicule. Le cric doit être abaissé avec précaution jusqu’à ce que la roue repose entièrement au sol. Il peut ensuite être retiré.
- Serrer les boulons en croix. Le serrage doit alterner entre des fixations opposées plutôt que de suivre le cercle dans le même sens. Cette méthode répartit la pression et limite le risque de mauvais centrage.
Le serrage final doit respecter le couple indiqué dans le manuel du véhicule. Une clé dynamométrique permet d’appliquer cette valeur avec précision. Un serrage insuffisant peut laisser la roue se desserrer, tandis qu’un serrage excessif peut endommager les fixations ou compliquer un démontage ultérieur.
Contrôler la roue avant de repartir
Avant de ranger le matériel, il faut vérifier que la roue repose correctement contre le moyeu, que toutes les fixations sont présentes et que le cric a bien été retiré. La roue crevée doit être placée dans le coffre de manière à ne pas se déplacer pendant le trajet.
La pression de la roue de secours doit également être contrôlée. Une roue stockée pendant plusieurs mois peut perdre de l’air sans que cela soit visible. Il est donc utile de vérifier et ajuster la pression du pneu dès que possible.
La valeur correcte dépend du type de roue et des indications du constructeur. Les informations peuvent figurer dans le manuel, sur une étiquette placée dans l’encadrement d’une porte ou près de la trappe à carburant. Pour comprendre ces valeurs, il est possible de consulter les indications permettant de connaître la bonne pression des pneus.
Roue de secours classique ou galette : quelles limites ?
Une roue de secours de dimensions identiques aux autres roues permet généralement de retrouver un comportement proche de celui du véhicule en configuration normale, sous réserve qu’elle soit en bon état et correctement gonflée.
Une galette est une roue temporaire, plus étroite et plus légère. Elle sert uniquement à rejoindre rapidement un garage ou un lieu où la roue endommagée pourra être prise en charge. Les limitations inscrites sur la roue et dans le manuel du véhicule doivent être respectées. Ces roues temporaires sont généralement limitées à 80 km/h, mais la valeur applicable reste celle indiquée par le constructeur.
Avec une galette, la tenue de route, le freinage et la stabilité peuvent être dégradés. Il faut donc réduire l’allure, augmenter les distances de sécurité, éviter les accélérations brusques et limiter le trajet au strict nécessaire.
Les erreurs à éviter pendant le changement
La plupart des difficultés viennent d’une mauvaise sécurisation du véhicule ou d’un ordre d’intervention inadapté. Plusieurs erreurs doivent être évitées :
- lever la voiture avant d’avoir légèrement débloqué les boulons ;
- placer le cric ailleurs que sous le point prévu par le constructeur ;
- intervenir sur une pente, un sol meuble ou trop près de la circulation ;
- desserrer complètement les fixations alors que la roue est encore au sol ;
- forcer un boulon qui s’engage de travers ;
- serrer définitivement les fixations alors que la roue est encore suspendue ;
- partir sans contrôler la pression et les restrictions de la roue de secours ;
- considérer une galette comme une solution permanente.
Si un boulon est bloqué, si le cric paraît instable ou si la roue reste collée au moyeu, il ne faut pas multiplier les gestes brusques. Une assistance professionnelle est préférable à une intervention qui devient incertaine.
Que faire du pneu crevé après le remplacement ?
La pose de la roue de secours ne règle pas la cause de la crevaison. La roue déposée doit être examinée par un professionnel afin de déterminer s’il est possible de réparer un pneu crevé ou si son remplacement est nécessaire.
La décision dépend notamment de la localisation de la perforation, de son importance, de l’état général du pneumatique et des dommages éventuellement provoqués par un roulage à plat. Un pneu dont le flanc est endommagé ou qui a roulé longtemps sans pression peut être irréparable, même si la perforation semble modeste.
Lorsque l’usure, l’âge ou les dégâts rendent la réparation inadaptée, il faut savoir quand changer un pneu plutôt que de chercher à prolonger son utilisation. La fixation de la roue montée et son couple de serrage doivent également être contrôlés rapidement, en particulier lorsque le serrage initial a été réalisé sans clé dynamométrique.




