Ferrari 315 S

FERRARI 315 S

La Ferrari 315 S, souvent appelée 315 Sport, est un sport prototype de compétition produit en 1957. Carrossée en spider biplace par Scaglietti, elle est développée pour succéder à la 290 MM victorieuse aux Mille Miglia 1956 et pour répondre à une concurrence de plus en plus puissante, notamment la Maserati 450S. Ferrari met en avant un saut technique majeur avec un nouveau V12 à quatre arbres à cames en tête entraînés par chaîne, présenté comme plus puissant et plus léger que les moteurs précédents à simple arbre.

Production et rareté

Ferrari ne publie pas de chiffre officiel de production sur sa fiche, mais plusieurs sources spécialisées s’accordent sur une diffusion extrêmement limitée. Un consensus de dossiers de châssis retient trois exemplaires distincts de 315 S en 1957, dont un construit à partir d’une 290 S et un autre issu d’une 290 MM renumérotée. Certaines synthèses citent un nombre plus élevé, mais elles précisent aussi que la production effective se concentre sur trois voitures usine, ensuite rapidement modifiées et parfois converties en 335 S.

Architecture, châssis et transmission

La 315 S repose sur un châssis tubulaire en acier. La suspension avant est indépendante à triangles inégaux avec ressorts hélicoïdaux et amortisseurs hydrauliques. À l’arrière, Ferrari adopte un pont De Dion avec doubles bras tirés, une lame transversale et des amortisseurs hydrauliques. Le freinage est assuré par des tambours et la direction est de type vis et secteur. La transmission est confiée à une boîte manuelle à quatre rapports avec marche arrière, associée à la propulsion.

Moteur V12 Jano Tipo 140

La Ferrari 315 S inaugure pour Ferrari un V12 de compétition conçu par Vittorio Jano, évolution directe du moteur apparu sur la 290 S mais porté ici à 3,8 litres. Ferrari souligne particulièrement l’apport de la distribution à quatre arbres à cames en tête, un choix associé à une meilleure respiration et à une puissance accrue.

  • Architecture V12 à 60 degrés monté à l’avant en position longitudinale
  • Cylindrée totale 3 783,40 cm³
  • Cylindrée unitaire 315,28 cm³
  • Alésage et course 76 mm x 69,5 mm
  • Taux de compression 9 pour 1
  • Distribution quatre arbres à cames en tête avec deux soupapes par cylindre
  • Alimentation six carburateurs Weber 42 DCN
  • Allumage double allumage avec quatre bobines
  • Lubrification carter sec
  • Embrayage multidisque
  • Puissance maximale environ 360 ch à 7 800 tr min
  • Puissance spécifique 95 ch par litre

Dimensions, masse, pneus et performances

Ferrari publie des cotes de châssis, un poids à sec et une vitesse maximale. Des écarts de voies apparaissent selon les sources, ce qui reflète des différences de mesure ou d’évolution entre châssis, mais l’empattement et les valeurs clés de performance sont bien établis. Les pneus sont en 6.00 x 16 à l’avant et 7.00 x 16 à l’arrière.

  • Empattement 2 350 mm
  • Voie avant 1 296 mm sur fiche Ferrari, parfois donnée 1 310 mm
  • Voie arrière 1 310 mm sur fiche Ferrari, parfois donnée 1 286 mm
  • Poids à sec 880 kg
  • Vitesse maximale 290 km h
  • Pneus avant 6.00 x 16
  • Pneus arrière 7.00 x 16

Compétition et faits marquants de 1957

La 315 S est surtout associée à la Mille Miglia 1957, remportée par Piero Taruffi, dans ce qui est souvent décrit comme sa dernière course. Une autre 315 S pilotée par Wolfgang von Trips termine deuxième, offrant un doublé à Ferrari. La saison 1957 comporte aussi d’autres résultats notables, avec une douzième place aux 12 Heures de Sebring 1957 pour une 315 S confiée à Luigi Musso et Alfonso de Portago. Des synthèses de saison indiquent également une troisième place aux 1000 km du Nürburgring et une cinquième place aux 24 Heures du Mans, avant que la 315 S ne soit progressivement supplantée par la 335 S. La saison se conclut par un titre de Championnat du monde des voitures de sport pour Ferrari, auquel la 315 S contribue avec la 335 S.

Valeur et marché de collection

La rareté, l’historique d’usine et la victoire à la Mille Miglia font de la Ferrari 315 S l’une des Ferrari les plus chères au monde. Un exemplaire particulièrement célèbre, associé à Taruffi et à la Mille Miglia, a été rapporté comme vendu à un collectionneur suisse pour environ 55 millions de dollars, illustrant l’importance historique et financière de ce prototype dans l’univers des Ferrari de compétition.