La Ferrari 512 TR apparaît au début des années 1990 comme une profonde évolution de la célèbre Testarossa. Présentée en 1992, elle reprend la base technique de sa devancière tout en corrigeant ses faiblesses et en affinant ses qualités. Produite de 1991 à 1994, elle occupe la place de grande GT à moteur 12 cylindres à plat dans la gamme Ferrari avant l’arrivée de la F512 M.
Il s’agit d’une berlinette à deux places, à moteur central arrière et propulsion. Dans la lignée des Ferrari à moteur 12 cylindres, la 512 TR est souvent considérée comme l’une des versions les plus abouties de la famille Testarossa, avec un compromis très réussi entre performances, confort et facilité d’utilisation.
La production totale se situe autour de 2 260 à 2 280 exemplaires, ce qui en fait un modèle relativement rare et très prisé des collectionneurs, surtout lorsqu’il s’agit d’exemplaires bien documentés et peu kilométrés.
Design, architecture et châssis
Le design de la Ferrari 512 TR conserve immédiatement les signes distinctifs de la Testarossa, notamment les larges prises d’air latérales à lamelles qui alimentent le moteur et les ailes arrière très marquées. Cependant, la face avant est redessinée, avec un bouclier plus intégré et une signature rappelant la 348, tandis que la poupe est affinée avec un bouclier arrière revu et des lignes plus tendues.
Le châssis repose sur un cadre tubulaire en acier et le groupe motopropulseur est installé en position centrale arrière longitudinale. Ferrari retravaille profondément l’implantation mécanique, le moteur et la boîte sont abaissés d’environ 30 mm afin d’abaisser le centre de gravité et d’améliorer la stabilité à haute vitesse ainsi que la précision de la direction.
La 512 TR reçoit des suspensions à roues indépendantes aux quatre coins, à triangles superposés, avec ressorts hélicoïdaux, amortisseurs télescopiques et barres antiroulis. L’ensemble du train roulant est revu par rapport à la Testarossa afin d’offrir une voiture plus incisive, plus agile et moins sous vireuse, tout en préservant un confort de grande GT.
Dimensions et gabarit
La Ferrari 512 TR est une GT aux proportions spectaculaires, large et très basse, typique des supercars de son époque. Ses dimensions en font une voiture impressionnante sur la route, mais aussi étonnamment utilisable grâce à un habitacle relativement spacieux pour deux personnes et un bon compromis entre compacité et stabilité.
- Longueur : 4 480 mm
- Largeur : 1 976 mm
- Hauteur : 1 135 mm
- Empattement : 2 550 mm
- Voie avant : 1 532 mm
- Voie arrière : 1 644 mm
- Poids à sec : environ 1 473 kg
- Capacité du réservoir : environ 100 litres
Moteur et caractéristiques techniques
Le cœur de la Ferrari 512 TR est un spectaculaire moteur 12 cylindres à plat, directement issu de la tradition des Ferrari de compétition et de la Testarossa, mais largement retravaillé. Ce bloc, appelé F113G, est un 12 cylindres à plat à 180 degrés, installé en position centrale arrière longitudinale, avec quatre soupapes par cylindre et deux arbres à cames en tête par rangée de cylindres.
Ferrari revoit en profondeur l’admission, les culasses, les pistons et la gestion électronique avec un système Bosch Motronic plus moderne. Le moteur gagne en puissance, en couple et en souplesse, ce qui transforme la 512 TR en une GT extrêmement performante et plus agréable à utiliser au quotidien que la Testarossa originelle.
- Type : 12 cylindres à plat à 180 degrés, type F113G
- Cylindrée : 4 943 cm³
- Distribution : quatre soupapes par cylindre, double arbre à cames en tête par rangée
- Alimentation et gestion : injection et allumage électroniques Bosch Motronic M2.7
- Taux de compression : environ 10,0 à 1
- Puissance maximale : environ 428 ch à 6 750 tr/min sur les versions européennes
- Couple maximal : environ 491 Nm à 5 500 tr/min
- Régime maximal d’utilisation : autour de 7 200 à 7 300 tr/min
Transmission, direction et freinage
La 512 TR est équipée d’une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports avec la célèbre grille métallique Ferrari. L’embrayage est de type monodisque et la voiture dispose d’un différentiel autobloquant mécanique qui assure une motricité efficace, en particulier lors des fortes accélérations en sortie de virage.
La direction est à crémaillère sans assistance, ce qui donne un ressenti très direct et précis au volant même si les manœuvres à basse vitesse demandent plus d’effort. Les freins sont composés de disques ventilés et perforés aux quatre roues, avec des étriers à quatre pistons et des disques plus généreux que sur la Testarossa. Certaines voitures de fin de production auraient reçu un système ABS selon les marchés, mais la majorité des 512 TR restent très puristes dans leur approche de l’assistance électronique.
Les jantes en alliage à cinq branches affichent un diamètre de 18 pouces avec des pneus larges à profil bas, 235/40 ZR 18 à l’avant et 295/35 ZR 18 à l’arrière. Cette monte renforce la stabilité à haute vitesse et la motricité, tout en participant au style très typé de la voiture.
Performances et comportement routier
Avec plus de 400 chevaux et un poids contenu pour une grande GT douze cylindres, la Ferrari 512 TR offre des performances de tout premier plan. La vitesse maximale officielle dépasse les 313 km/h</strong}, ce qui la place parmi les supercars les plus rapides de son époque. L’accélération de 0 à 100 km/h se situe aux environs de 4,8 secondes et le 1 000 m départ arrêté se parcourt en un peu moins de 23 secondes selon les sources.
Sur la route, la 512 TR est sensiblement plus efficace que la Testarossa grâce à son centre de gravité abaissé, ses suspensions retravaillées et ses freins plus puissants. Le train avant accroche mieux, le comportement est plus neutre et la voiture offre une stabilité remarquable à haute vitesse. La direction non assistée demande de la poigne, mais elle procure un ressenti très fin, apprécié des conducteurs passionnés.
Le moteur 12 cylindres à plat se distingue par sa souplesse à bas régime et sa montée en puissance linéaire jusqu’à la zone rouge, avec une sonorité caractéristique qui évolue d’un grondement grave à un hurlement métallique. La 512 TR conserve le confort et la polyvalence d’une grande GT, tout en offrant un niveau de performances et d’engagement au volant digne des meilleures Ferrari à moteur central.
Place de la 512 TR dans la lignée Testarossa
Par rapport à la Testarossa originelle, la Ferrari 512 TR représente bien plus qu’un simple restylage. Les évolutions techniques de son moteur, de son châssis et de son freinage lui apportent un net gain en performances et en agrément de conduite. Beaucoup d’amateurs considèrent la 512 TR comme l’aboutissement de la formule Testarossa, avec une esthétique emblématique, une mécanique plus affûtée et des qualités routières en net progrès.
Produite en quantités limitées, dotée d’un moteur 12 cylindres à plat puissant et d’un design immédiatement reconnaissable, la Ferrari 512 TR occupe aujourd’hui une place particulière dans le cœur des passionnés et sur le marché des voitures de collection. Elle incarne l’une des dernières grandes Ferrari à moteur 12 cylindres à plat, à la fois brutale et raffinée, et demeure une référence incontournable pour comprendre l’évolution des grandes GT de Maranello au début des années 1990.









