La Ferrari 575 GTC n’a jamais été une voiture de route adaptée à la piste. Elle a été pensée dès le départ pour courir. Développée par Ferrari Corse Clienti en collaboration avec N.Technology, elle prolonge l’histoire des GT à moteur avant de Maranello, tout en succédant à la redoutable 550 engagée par Prodrive. Présentée en 2003, elle incarne un moment charnière: celui où Ferrari signe sa dernière grande GT d’usine avec un V12 installé devant.
Une rareté absolue
La production est restée minuscule. Ferrari assemble environ 12 exemplaires, tous destinés aux équipes privées. Chaque voiture est construite pour les championnats GT1 et l’endurance, avec un seul objectif: être fiable, rapide et exploitable par des structures professionnelles.
Cette rareté en fait aujourd’hui l’un des modèles les plus confidentiels de la marque.
Une carrosserie taillée pour l’air
La base provient de la 575M Maranello, mais presque rien n’est inchangé. Les ingénieurs renforcent le châssis, allègent la structure et redessinent entièrement l’aérodynamique. Le capot gagne de larges ouvertures, le pare-chocs avant canalise mieux l’air, l’arrière reçoit un diffuseur agressif et un aileron massif pour stabiliser la voiture dans les longues courbes rapides.
Ses proportions parlent d’elles-mêmes:
- Longueur. 4 590 mm
- Largeur. 2 035 mm
- Hauteur. 1 170 mm
- Empattement. environ 2 500 mm
C’est large, bas, planté. Exactement ce que l’on attend d’une GT faite pour aller très vite pendant très longtemps.
Le cœur: un V12 qui respire pour la course
Sous le capot se cache un V12 à 65° de 5 997 cm³, avec un alésage de 90 mm, une course de 78,56 mm et un rapport volumétrique de 12,9:1. L’injection Magneti Marelli gère la combustion avec précision, tandis que la distribution double arbre et les quatre soupapes par cylindre permettent au moteur de respirer pleinement.
Même avec les brides imposées par le règlement, il délivre 605 ch à 6 300 tr/min et 730 Nm à 5 200 tr/min. Cette mécanique pousse avec une autorité incroyable, tout en gardant cette sonorité grave et métallique propre aux V12 Ferrari.
Transmission et châssis pensés pour la compétition
La puissance passe par une boîte séquentielle à 6 rapports dotée d’un embrayage carbone triple disque. Les passages sont rapides, précis, conçus pour résister à des heures d’utilisation intensive.
La suspension repose sur des triangles superposés à l’avant comme à l’arrière, associés à des amortisseurs Sachsréglables. L’idée est simple: offrir une voiture qui absorbe les bosses, reste stable sur les freins et conserve de la motricité en sortie de virage.
Côté contact au sol, la 575 GTC ne fait pas semblant:
- Pneus avant. 325/650 R18
- Pneus arrière. 325/705 R18
Ajoute à cela un réservoir FIA FT3 de 100 litres et des freins ventilés haute performance, et tu obtiens une machine prête pour l’endurance.
Poids et performances
Malgré son V12 et son architecture à moteur avant, la voiture reste étonnamment légère. Les fiches parlent d’un poids à sec compris entre 1 100 et 1 150 kg. Avec environ 0,55 ch par kilo, la 575 GTC peut dépasser les 330 km/h et franchir le 0 à 100 km/h en environ 3,5 secondes, selon la configuration aéro et la transmission.
Des chiffres impressionnants pour une GT engagée dans des courses de plusieurs heures.
Un cockpit sans compromis
Ouvre la porte et tu comprends tout de suite l’intention. Pas de cuir, pas de luxe. Un arceau FIA, un siège baquet, un harnais, un extincteur et un tableau de bord fonctionnel. Le faisceau électrique est simplifié, la console centrale accueille les commandes vitales et un boîtier de gestion moteur.
Ici, chaque gramme économisé devient un dixième gagné.
La vie en compétition
La Ferrari 575 GTC a été engagée en FIA GT, en Le Mans Endurance Series et dans plusieurs championnats nationaux. Des équipes comme JMB Racing, GPC Giesse ou encore Barron Connor Racing l’ont alignée face à une concurrence redoutable.
Elle n’a pas dominé comme la 550 Prodrive, mais elle a marqué son époque par sa présence et son rôle symbolique: la dernière Ferrari GT officielle équipée d’un V12 avant.
Une valeur qui s’envole
Vendue à l’époque de manière confidentielle via Corse Clienti, la 575 GTC coûtait déjà très cher. Aujourd’hui, sa rareté la rend extrêmement recherchée. Plusieurs estimations récentes la placent autour de 3 millions de dollars, avec certains châssis estimés au-delà selon leur historique.
Un morceau d’histoire Ferrari, destiné à une poignée de collectionneurs.












