Ferrari F50 GT

La Ferrari F50 GT naît au milieu des années quatre vingt dix comme version de compétition de la supercar F50. Ferrari souhaite alors engager une voiture dérivée de la F50 dans la catégorie GT la plus relevée, face aux McLaren de course et aux autres machines d élite. Le projet est développé avec l aide de partenaires spécialisés comme Dallara et Michelotto, qui apportent leur expertise en aérodynamique et en préparation de châssis.

Conçue autour de l architecture de la F50 de route, la F50 GT en radicalise tous les aspects. Le V12 voit sa puissance très nettement augmentée, la coque en matériaux composites est allégée et renforcée, l habitacle est entièrement dépouillé pour accueillir un arceau complet et un poste de pilotage de course. Malgré des essais prometteurs, Ferrari décide finalement de ne pas poursuivre le programme en compétition, ce qui fait de la F50 GT un prototype resté à la porte des circuits officiels.

Design et aérodynamique

Le dessin de la Ferrari F50 GT reprend les grandes lignes de la F50, mais chaque élément est retravaillé avec une logique de rendement en piste. La carrosserie conserve le long capot arrière et la position centrale du V12, mais reçoit un immense aileron fixe, un bouclier avant avec splitter prononcé et des prises d air plus généreuses pour alimenter le moteur et les freins.

La coque en matériaux composites carbone kevlar, déjà présente sur la F50, est encore optimisée. L objectif est de réduire le poids tout en augmentant la rigidité. Les surfaces aérodynamiques génèrent davantage d appui, ce qui permet au châssis d accepter des vitesses de passage en courbe bien supérieures à celles de la voiture de route. Au final, la F50 GT a plus l allure d un prototype fermé que d une supercar homologuée pour la circulation.

Dimensions, gabarit et poids

La Ferrari F50 GT conserve des proportions proches de celles de la F50, avec un gabarit de supercar à moteur central. La longueur et la largeur restent comparables, mais la hauteur et les détails de carrosserie sont adaptés à l usage sur piste, notamment en raison de la garde au sol réduite et de l imposant système d aileron arrière.

  • Longueur : environ 4 480 mm
  • Largeur : environ 1 980 mm
  • Hauteur : environ 1 120 mm
  • Empattement : environ 2 580 mm
  • Poids : autour de 900 à 1 000 kg selon la configuration

Ce poids très contenu, bien inférieur à celui de la F50 de route, associé à une puissance nettement accrue, place la F50 GT dans la catégorie des voitures de course les plus extrêmes de son époque. Le rapport poids puissance atteint des valeurs dignes de véritables prototypes d endurance.

Moteur V12 et transmission

Au cœur de la Ferrari F50 GT se trouve une version profondément préparée du V12 atmosphérique de la F50. Ce bloc de près de 4,7 litres, dérivé de la technologie de la Formule 1 Ferrari, est adapté à l usage compétition avec des composants internes renforcés, une admission et un échappement plus libres, ainsi qu une gestion électronique reprogrammée pour le fonctionnement sur circuit.

La puissance progresse très nettement par rapport à la F50 de route pour atteindre un niveau proche de celui des prototypes de course contemporains. Le moteur pousse fort dès les régimes intermédiaires et se montre particulièrement violent dans la zone haute, où il peut dépasser les dix mille tours par minute. La boîte manuelle en grille laisse place à une transmission séquentielle de course, commandée par un levier ou des palettes selon les spécifications, avec des rapports rapprochés adaptés à l usage sur circuit.

  • Architecture : V12 atmosphérique à 65 degrés en position centrale arrière
  • Cylindrée : environ 4 698 cm³
  • Distribution : double arbre à cames en tête par rangée avec cinq soupapes par cylindre
  • Régime maximal : au delà de 10 000 tr/min selon les réglages de course
  • Puissance maximale : aux alentours de 750 ch à 10 500 tr/min
  • Couple maximal : environ 520 à 530 Nm
  • Boîte de vitesses : séquentielle de compétition, propulsion

Avec cet ensemble mécanique, la F50 GT revendique des performances hors norme. Le sprint de 0 à 100 km par heure s effectue en moins de trois secondes et la vitesse maximale théorique dépasse largement 350 km par heure lorsque l aérodynamique est configurée pour la pointe. Ces chiffres la placent parmi les Ferrari les plus rapides jamais construites à partir d une base de voiture de route.

Châssis, liaisons au sol et comportement

La structure de la Ferrari F50 GT repose sur une monocoque en matériaux composites, à laquelle le moteur et la transmission sont boulonnés pour jouer un rôle porteur. Les suspensions utilisent des triangles superposés avec combinés ressorts amortisseurs actionnés par basculeurs, comme sur de nombreux prototypes de course. La garde au sol est réduite à quelques centimètres, et les réglages de suspension peuvent être adaptés à chaque circuit.

Le freinage est confié à de grands disques ventilés de compétition, associés à des étriers puissants et à des plaquettes spécifiquement conçues pour supporter des températures extrêmes. Les jantes forgées reçoivent des pneus slicks, dont l adhérence transforme le comportement en virage par rapport à la F50 routière. Le résultat est une voiture extrêmement vive, très exigeante et capable de vitesses de passage en courbe impressionnantes, qui nécessite un pilote expérimenté pour être exploitée à son plein potentiel.

Production et rareté

Le programme F50 GT est finalement interrompu avant toute participation officielle à un championnat international. Ferrari décide de réorienter ses ressources et ne mène pas le projet jusqu à l homologation en course. Seuls trois exemplaires complets de la F50 GT sont assemblés, sur un nombre de châssis initialement prévu plus important. Ces voitures sont vendues à des clients triés sur le volet, avec l idée qu elles restent des pièces de collection plutôt que des concurrentes sur la scène des courses GT.

Cette production extrêmement limitée, combinée au lien direct avec la F50 et avec la technologie issue de la Formule 1, fait de la Ferrari F50 GT l un des modèles les plus rares et les plus fascinants de l histoire moderne de Ferrari. Elle incarne ce que la F50 aurait pu devenir en version purement compétition et demeure un exemple spectaculaire de la façon dont la marque sait transformer une supercar de route en machine de course radicale.