Ferrari F512 M

Ferrari F512 M

Présentée à l’automne 1994, la Ferrari F512 M est l’ultime évolution de la famille Testarossa. Elle reprend l’architecture générale de la 512 TR, mais reçoit un moteur plus puissant, un poids légèrement réduit, une aérodynamique retravaillée et une identité visuelle profondément modernisée. Produite à seulement 501 exemplaires jusqu’au début de 1996, elle est aussi la plus rare des trois grandes versions routières issues de la Testarossa.

La dernière évolution de la Testarossa

Le nom F512 M résume son positionnement. Le nombre 512 renvoie traditionnellement à la cylindrée proche de cinq litres et aux douze cylindres, tandis que la lettre M signifie « Modificata », c’est-à-dire modifiée. Cette appellation souligne qu’il ne s’agit pas d’un modèle entièrement nouveau, mais d’une évolution poussée de la Ferrari 512 TR.

La F512 M clôt une lignée commencée avec la Testarossa en 1984. Celle-ci avait elle-même prolongé la tradition des berlinettes Ferrari à moteur douze cylindres installé derrière l’habitacle, représentée auparavant par la Ferrari 512 BB. Cette architecture permettait de concentrer les masses au centre de la voiture tout en conservant le caractère mécanique attendu d’une Ferrari de très haut niveau.

L’évolution s’était poursuivie avec la Ferrari 512 BBi, qui avait adopté une alimentation par injection. La F512 M constitue l’aboutissement de cette succession de modèles à moteur douze cylindres à plat en position centrale arrière. Après elle, Ferrari change de philosophie avec la 550 Maranello, dévoilée en 1996, dont le V12 retrouve une implantation à l’avant.

Un moteur douze cylindres porté à 440 ch

La F512 M conserve un moteur de 4 943,04 cm³. Désigné par le code F113 G, ce bloc est décrit comme un douze cylindres à plat ou comme un V12 ouvert à 180 degrés. Il est monté longitudinalement en position centrale arrière et utilise une lubrification par carter sec, une solution adaptée aux fortes contraintes subies lors d’une conduite rapide.

L’alimentation repose sur une injection électronique Bosch Motronic M2.7. Le moteur développe 440 ch à 6 750 tr/min et un couple maximal de 500 Nm à 5 500 tr/min. Il est associé à une boîte manuelle à cinq rapports, fidèle à la configuration mécanique des Ferrari de route les plus performantes de cette période.

Pour atteindre ce niveau de puissance, Ferrari ne s’est pas contenté de modifier la gestion électronique. Le moteur reçoit notamment des bielles en titane, tandis que le taux de compression est porté à 10,4:1. Un échappement en acier inoxydable complète les évolutions. Ces changements permettent de gagner 12 ch et 9 Nm par rapport à la 512 TR, sans augmenter la cylindrée.

Performances et caractéristiques principales

Les chiffres officiels placent la F512 M parmi les voitures de route les plus rapides du milieu des années 1990. Ferrari annonce une vitesse maximale de 315 km/h et un passage de 0 à 100 km/h en 4,7 secondes. Le kilomètre départ arrêté est couvert en 22,7 secondes, tandis que les 400 mètres départ arrêté demandent 12,7 secondes.

CaractéristiqueFerrari F512 M
Moteur12 cylindres à plat, 4 943,04 cm³
Puissance440 ch à 6 750 tr/min
Couple500 Nm à 5 500 tr/min
TransmissionBoîte manuelle à 5 rapports
Vitesse maximale315 km/h
0 à 100 km/h4,7 secondes
400 m départ arrêté12,7 secondes
1 000 m départ arrêté22,7 secondes
Poids à sec1 455 kg
Production501 exemplaires

La carrosserie mesure 4 480 mm de long, 1 976 mm de large et seulement 1 135 mm de haut. L’empattement atteint 2 550 mm. Ces proportions expliquent en grande partie la silhouette très basse et très large du modèle, immédiatement reconnaissable même après la disparition de plusieurs éléments caractéristiques de la première Testarossa.

Le poids à sec officiel est annoncé à 1 455 kg. La voiture dispose d’un réservoir de 110 litres et de roues de 18 pouces, chaussées en 235/40 ZR18 à l’avant et en 295/35 ZR18 à l’arrière. La différence importante entre les dimensions des pneumatiques avant et arrière reflète la puissance transmise aux roues arrière.

Les différences entre la F512 M et la 512 TR

La F512 M ne bouleverse pas les bases établies par la 512 TR, mais améliore plusieurs données essentielles. La puissance progresse, le couple augmente légèrement et le poids à sec diminue de 18 kg. Les performances gagnent quelques dixièmes, ce qui traduit une optimisation globale plutôt qu’une transformation radicale.

CritèreFerrari 512 TRFerrari F512 M
Cylindrée4 943 cm³4 943,04 cm³
Puissance428 ch440 ch
Couple491 Nm500 Nm
Poids à sec1 473 kg1 455 kg
0 à 100 km/h4,8 secondes4,7 secondes
Vitesse maximale313,8 km/h315 km/h

Ces écarts peuvent sembler modestes lorsqu’ils sont considérés séparément. Ils illustrent pourtant la démarche suivie par Ferrari: gagner en efficacité sans remettre en cause une base déjà très performante. L’adoption de l’ABS participe également à cette modernisation, à une époque où les aides électroniques restent encore limitées sur les voitures sportives.

Un style nettement différent de celui de la Testarossa

Les modifications les plus visibles concernent la carrosserie. Les phares escamotables disparaissent au profit d’optiques fixes placées sous des protections transparentes. Cette solution modifie fortement le regard de la voiture et rompt avec l’un des signes distinctifs de la Testarossa et de la 512 TR.

À l’arrière, la large grille horizontale est remplacée par quatre feux circulaires apparents. Ce dessin rapproche la F512 M des codes visuels employés sur d’autres Ferrari, tout en allégeant l’aspect de la poupe. Les boucliers sont également redessinés et les jantes adoptent une forme spécifique à cinq branches torsadées.

La F512 M conserve néanmoins les grandes prises d’air latérales et les lignes horizontales qui caractérisent la famille Testarossa. Son dessin associe donc des éléments hérités des années 1980 à des détails annonçant les Ferrari de la seconde moitié des années 1990. Cette coexistence explique en partie son apparence singulière, parfois plus discutée que celle de la 512 TR.

La dernière Ferrari de série à douze cylindres à plat

La place historique de la F512 M ne tient pas seulement à sa rareté. Elle est la dernière Ferrari de série équipée de cette architecture mécanique à douze cylindres à plat en position centrale arrière. La marque abandonne ensuite cette formule pour ses grandes GT de route, en revenant à un moteur placé à l’avant avec la 550 Maranello.

Ce changement marque la fin d’une période commencée avec les Berlinetta Boxer. Pendant plus de vingt ans, Ferrari avait associé son moteur douze cylindres le plus prestigieux à une implantation centrale arrière sur ses modèles routiers les plus exclusifs. La F512 M représente la version la plus aboutie de cette configuration, mais aussi son point final.

Une production limitée à 501 exemplaires

Ferrari a fabriqué 501 F512 M jusqu’au début de 1996. Les numéros de châssis recensés s’étendent de 99376 à 105516. Certaines publications évoquent parfois une production arrondie à 500 unités, mais le chiffre communiqué par le constructeur est bien de 501 exemplaires.

Cette diffusion est nettement inférieure à celle de la Testarossa et de la 512 TR. Elle s’explique notamment par une période de commercialisation courte, située à la fin du cycle de vie de la plateforme. La F512 M apparaît ainsi comme une série de transition, proposée avant le renouvellement complet de la grande sportive douze cylindres de Ferrari.

Sa rareté, son statut d’ultime évolution et sa mécanique particulière renforcent son intérêt auprès des collectionneurs. Sa valeur reste toutefois évolutive et dépend fortement de l’état, de l’historique, de la conformité de la voiture et de sa documentation. Ces critères sont déterminants lorsque l’objectif est d’investir dans une Ferrari, au-delà du seul nombre d’exemplaires produits.

F512 M et 512 M: deux Ferrari différentes

La Ferrari F512 M routière ne doit pas être confondue avec la Ferrari 512 M de compétition. Cette dernière est un prototype destiné aux courses d’endurance au début des années 1970. Malgré la proximité des appellations, les deux voitures appartiennent à des périodes, des catégories et des programmes techniques entièrement différents.

Sur la F512 M de 1994, la lettre F fait partie intégrante de la désignation officielle et permet précisément de la distinguer. Elle identifie une berlinette de route dérivée de la Testarossa, équipée d’un moteur de près de cinq litres, d’une boîte manuelle à cinq rapports et produite à 501 exemplaires. La 512 M historique est, au contraire, une voiture conçue pour la compétition.