La Ferrari F512 M est dévoilée en 1994 comme ultime évolution de la lignée Testarossa et 512 TR. Le M signifie Modificata, modifiée, et souligne le travail réalisé sur la mécanique, le châssis et le style. C’est la dernière Ferrari de route équipée d’un spectaculaire douze cylindres à plat, ce qui lui confère une place particulièrement symbolique dans l’histoire de la marque.
Produite jusqu’au milieu des années 1990 à un peu plus de cinq cents exemplaires, la F512 M se distingue par une présentation plus moderne, des performances en légère hausse et une mise au point affinée par rapport à la 512 TR. Elle clôt ainsi la saga des grandes GT à moteur central arrière flat 12 Ferrari avant le passage aux V12 avant avec la 550 Maranello.
Design et évolutions stylistiques
Le design de la Ferrari F512 M conserve la silhouette emblématique de la Testarossa, avec ses larges épaules et ses prises d’air latérales à lamelles, mais introduit plusieurs changements marquants. Les phares escamotables disparaissent au profit de blocs fixes carénés sous des glaces transparentes. La poupe adopte des feux arrière ronds derrière une grille redessinée, dans l’esprit des autres modèles de la gamme de l’époque.
Les boucliers avant et arrière sont retouchés avec des formes plus douces et des prises d’air réinterprétées. Le capot avant reçoit des prises de type NACA et les jantes en alliage de 18 pouces adoptent un dessin spécifique qui participe à l’identité visuelle de la F512 M. L’habitacle évolue également avec des détails comme un pédalier en aluminium, un nouveau pommeau et la possibilité de sièges baquets en carbone, mais l’ambiance générale reste celle d’une grande GT des années 1990.
Dimensions, gabarit et poids
La Ferrari F512 M repose sur l’architecture générale de la 512 TR, avec un châssis tubulaire et un moteur central arrière. Ses dimensions imposantes renforcent l’impression de présence sur la route tout en préservant une bonne stabilité à haute vitesse. Malgré l’adoption d’éléments allégés, la voiture reste une GT relativement lourde, mais son moteur puissant compense largement cette masse.
- Longueur : environ 4 480 mm
- Largeur : environ 1 976 mm
- Hauteur : environ 1 135 mm
- Empattement : environ 2 550 mm
- Voie avant : environ 1 532 mm
- Voie arrière : environ 1 644 mm
- Poids à sec : autour de 1 450 kg
- Poids en ordre de marche : proche de 1 600 à 1 630 kg
Ce gabarit associé à une grande largeur et à un centre de gravité bas permet à la F512 M de conserver une allure très stable à grande vitesse. La voiture reste toutefois une grande GT, plus faite pour enrouler rapidement de longues courbes que pour se faufiler dans les petites routes étroites.
Moteur flat 12 et caractéristiques techniques
Le cœur de la F512 M est un impressionnant douze cylindres à plat de 4,9 litres, ultime évolution du moteur apparu sur la Testarossa. Installé en position centrale arrière longitudinale, ce bloc à 180 degrés reçoit des bielles en titane, un vilebrequin revu et différentes optimisations internes qui réduisent les masses en mouvement et améliorent la capacité à prendre des tours. La culasse conserve ses quatre soupapes par cylindre avec double arbre à cames en tête par rangée.
L’alimentation est assurée par une injection électronique, l’allumage est entièrement géré par électronique et la lubrification fait appel à un carter sec. L’ensemble développe une puissance d’environ 440 chevaux et un couple de l’ordre de 500 Nm, transmis aux seules roues arrière par une boîte manuelle à cinq rapports avec la traditionnelle grille Ferrari. La sonorité du flat 12, très particulière, mêle un grondement plein à bas régime et un hurlement métallique à l’approche de la zone rouge.
- Architecture : 12 cylindres à plat à 180 degrés en position centrale arrière
- Cylindrée : environ 4 943 cm³
- Alésage et course : 82 x 78 mm
- Distribution : double arbre à cames en tête par rangée avec quatre soupapes par cylindre
- Taux de compression : proche de 10,4 à 1
- Puissance maximale : environ 440 ch à 6 750 tr/min
- Couple maximal : environ 500 Nm à 5 500 tr/min
- Boîte de vitesses : manuelle à 5 rapports, propulsion avec différentiel autobloquant
Les performances sont à la hauteur, avec une vitesse maximale annoncée autour de 315 km par heure et un 0 à 100 km par heure parcouru en un peu moins de cinq secondes. Sur la route, la F512 M se distingue par des reprises vigoureuses, un allongement impressionnant du moteur à haut régime et une grande disponibilité du couple pour les longs trajets rapides.
Châssis, trains roulants et freinage
La F512 M utilise un châssis tubulaire en acier sur lequel sont fixés des trains roulants à quatre roues indépendantes. Les suspensions avant et arrière font appel à des triangles superposés, des ressorts hélicoïdaux et des amortisseurs télescopiques, complétés par des barres antiroulis. Les réglages sont revus par rapport à la 512 TR afin d’améliorer la précision de conduite et la stabilité tout en contenant au mieux les mouvements de caisse.
Le freinage repose sur de grands disques ventilés et percés aux quatre roues, associés à des étriers puissants et à un système ABS. La direction conserve un ressenti mécanique marqué, dans la tradition des grandes GT de cette époque, ce qui renforce le sentiment de contrôle lorsque la voiture est conduite à bon rythme. L’ensemble des évolutions fait de la F512 M la version la plus aboutie de la lignée Testarossa en matière de comportement et de freinage.
Production, rareté et position dans la gamme
La Ferrari F512 M est produite à un peu plus de 500 exemplaires, ce qui en fait une voiture rare comparée aux Testarossa et 512 TR. Une petite partie de cette production est destinée au marché nord américain, avec des plaques numérotées spécifiques. Cette diffusion limitée, combinée à son statut de dernière Ferrari de route dotée d’un moteur douze cylindres à plat, explique l’intérêt qu’elle suscite aujourd’hui sur le marché des collectionneurs.
Dans la gamme Ferrari, la F512 M occupe le rôle de chant du cygne de la grande GT à flat 12, juste avant que la marque ne recentre ses V12 routiers en position avant avec la 550 Maranello. Elle constitue ainsi un trait d’union entre l’époque des supercars aux lignes larges et basses de la fin du vingtième siècle et les GT modernes, tout en conservant une personnalité mécanique unique qui continue de fasciner les passionnés.












