
Bollinger Motors est une jeune marque automobile américaine née dans l’État de New York au milieu des années 2010 sous l’impulsion de Robert Bollinger. Son projet initial consistait à créer un véhicule électrique robuste, simple et réellement adapté aux usages utilitaires et tout-terrain, plutôt qu’une voiture électrique conventionnelle. Cette approche a donné naissance aux prototypes B1 et B2, qui ont rapidement attiré l’attention par leur conception fonctionnelle et leur architecture électrique. Faute d’avoir pu industrialiser ces modèles destinés aux particuliers, l’entreprise s’est ensuite tournée vers les véhicules commerciaux, avant de connaître un changement de contrôle, une mise en production tardive puis une grave crise financière qui a conduit à l’arrêt de ses activités.
2014 : Robert Bollinger lance son projet de véhicule électrique utilitaire
L’origine de Bollinger Motors remonte à 2014 à Hobart, dans l’État de New York. Certaines communications ultérieures de l’entreprise retiennent plutôt 2015 comme année de lancement, ce qui explique la variation de date selon les sources. Il est donc plus exact de considérer que la société est créée à partir de 2014 et que son développement opérationnel prend forme en 2015.
Robert Bollinger part d’un besoin concret. Installé dans un environnement rural, il cherche à concevoir un véhicule électrique capable d’accomplir des tâches utilitaires tout en conservant de réelles aptitudes hors route. Dès l’origine, le projet se distingue ainsi des berlines électriques alors au centre du marché. L’ambition n’est pas de reproduire une automobile traditionnelle avec une batterie, mais de profiter de l’architecture électrique pour repenser un véhicule de travail simple, robuste et polyvalent.
2017 : le B1 donne une identité à Bollinger
Le premier résultat visible de cette démarche apparaît en 2017 avec la présentation du Bollinger B1. Ce véhicule électrique au dessin très anguleux adopte une conception volontairement fonctionnelle et une architecture correspondant à la catégorie américaine des véhicules lourds de classe 3. Son positionnement se situe à la frontière entre le tout-terrain et l’utilitaire.
Le B1 joue un rôle essentiel dans l’histoire de la marque car il définit son identité technique et esthétique. Son groupe motopropulseur électrique permet notamment d’aménager un passage de chargement longitudinal traversant une partie du véhicule, une solution difficilement réalisable avec une mécanique conventionnelle. Bollinger se fait ainsi connaître non par un volume de production important, mais par un prototype qui exploite de manière originale les possibilités offertes par l’électrification.
2019 : le B2 transforme le concept en projet de gamme
En 2019, Bollinger franchit une nouvelle étape en dévoilant des versions quatre portes de ses véhicules et surtout le B2, déclinaison pick-up du concept initial. Le B1 et le B2 partagent la même philosophie : carrosseries simples, vocation utilitaire affirmée, capacités tout-terrain et architecture électrique conçue autour des besoins de chargement.
Cette période correspond à la volonté de passer du statut de constructeur de prototypes à celui de véritable marque automobile. Bollinger se rapproche alors de l’écosystème industriel de Detroit afin de préparer une éventuelle production. Les deux modèles deviennent les principaux vecteurs de notoriété de l’entreprise, mais le passage à la fabrication en série se révèle beaucoup plus difficile que leur développement initial.
2022 : Bollinger abandonne les B1 et B2 et se recentre sur les véhicules commerciaux
Le tournant le plus important intervient en 2022. Bollinger reporte indéfiniment la production des B1 et B2 et abandonne de fait son ambition immédiate de commercialiser des véhicules destinés aux particuliers. L’entreprise choisit de concentrer ses moyens sur les véhicules commerciaux électriques des classes 3 à 6, un marché dans lequel son expérience des châssis lourds et des architectures utilitaires paraît plus directement exploitable.
La même année, Bollinger présente le B4, un camion électrique de classe 4 conçu sous la forme d’un châssis-cabine pouvant recevoir différentes carrosseries professionnelles. Ce repositionnement modifie profondément la nature de la marque : les tout-terrain électriques à forte personnalité qui l’avaient fait connaître laissent place à un projet destiné en priorité aux flottes et aux entreprises.
En septembre 2022, Mullen Automotive acquiert 60 % de Bollinger Motors pour environ 148 millions de dollars. Cette prise de participation majoritaire donne à Bollinger un nouveau propriétaire de contrôle et doit lui apporter des ressources industrielles et financières pour mener le B4 jusqu’à la production.
2024 : le B4 devient le premier Bollinger produit commercialement
Après plusieurs années consacrées aux prototypes et au développement, Bollinger atteint enfin le stade industriel en 2024. La production du B4 débute avec Roush Industries dans le Michigan. Pour la marque, cette étape est capitale : le B4 devient le premier véhicule Bollinger à entrer réellement en production commerciale.
Ce passage à la série intervient toutefois dans un contexte très différent de celui des débuts. Bollinger n’est plus principalement identifié à un SUV ou à un pick-up électrique destiné au grand public, mais à un camion professionnel spécialisé. L’entreprise a donc réussi à concrétiser une partie de son savoir-faire technique, au prix d’un abandon du projet qui avait construit sa réputation initiale.
2025 : les difficultés financières provoquent l’arrêt de Bollinger Motors
L’industrialisation du B4 ne suffit pas à stabiliser durablement l’entreprise. En 2025, Bollinger Motors connaît une grave crise financière. Un litige opposant notamment la société à son fondateur conduit au placement de l’entreprise sous administration judiciaire au printemps. Un accord permet ensuite de sortir de cette procédure tandis que Mullen renforce son contrôle sur la société.
Les problèmes de trésorerie persistent cependant. Le 21 novembre 2025, Bollinger Motors cesse ses opérations dans un contexte marqué par des impayés et par l’impossibilité de poursuivre normalement son activité. Moins de dix ans après la présentation de son premier prototype, la marque passe ainsi d’un projet très remarqué de tout-terrain électrique à une activité industrielle interrompue après seulement une courte phase de production commerciale.
2026 : Robert Bollinger récupère une partie des actifs de la marque
En 2026, Robert Bollinger rachète pour environ 248 300 dollars plusieurs actifs issus de l’entreprise, parmi lesquels des prototypes, certains droits de propriété intellectuelle et des équipements. D’autres actifs industriels sont parallèlement proposés dans le cadre de la liquidation.
Cette opération ne constitue pas, à elle seule, une relance confirmée du constructeur. Elle marque plutôt le dernier épisode connu d’une histoire restée étroitement liée à son fondateur. À ce stade, aucune reprise de la production automobile sous la forme de Bollinger Motors n’est établie, et la trajectoire de la marque s’achève sur la récupération d’une partie de son patrimoine technique après l’arrêt de ses activités.
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