Histoire de la marque Devinci

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Devinci est une jeune marque automobile française née dans le Tarn autour d’une idée singulière : retrouver les sensations et l’allure des voitures de Grand Prix d’avant-guerre tout en utilisant une propulsion électrique. Le projet est lancé par Jean-Philippe Dayraut, pilote automobile et concepteur de véhicules, qui imagine dès 2016 une petite voiture ouverte, légère et fabriquée artisanalement. Après la structuration de l’activité en 2017, Devinci se fait connaître avec la D417 puis fait évoluer son concept avec la DB718. Son histoire est ensuite marquée par les difficultés de la société OTO, sa liquidation et la reprise de l’activité en 2021 par une nouvelle structure. Devinci poursuit aujourd’hui sa production à Saint-Sulpice-la-Pointe sur un modèle volontairement confidentiel et de plus en plus tourné vers l’international.

2016 : Jean-Philippe Dayraut imagine la première Devinci

L’origine de Devinci se trouve dans le parcours de Jean-Philippe Dayraut. Avant de créer la marque, le Français s’est fait connaître dans la compétition automobile, notamment en pilotage sur glace, tout en développant une expérience de la conception et de la préparation de véhicules. C’est de ce double profil de pilote et de technicien que naît le projet Devinci.

En 2016, Dayraut imagine, dessine et produit une première automobile répondant à une philosophie très éloignée de celle des voitures électriques conventionnelles. Il ne cherche pas à concevoir un véhicule familial ou à battre des records d’autonomie. Son objectif est de créer une automobile de loisir dépouillée, directement inspirée dans ses proportions et son ambiance des voitures de course des années 1930.

Le choix de l’électricité participe dès l’origine à cette approche. L’absence de moteur thermique permet d’associer une mécanique silencieuse à une carrosserie très ouverte, afin de placer les sensations de conduite et l’environnement extérieur au centre de l’expérience. L’originalité historique de Devinci ne tient donc pas à une invention particulière dans le domaine des batteries ou des moteurs électriques, mais à cette association précoce entre construction artisanale, inspiration ancienne et propulsion électrique.

2017 : l’activité Devinci se structure dans le Tarn

L’année 2017 marque le passage du concept à une véritable activité automobile. La société OTO est créée au mois d’août avec un objet comprenant notamment la fabrication et les activités liées à l’automobile. Devinci s’installe à Saint-Sulpice-la-Pointe, dans le Tarn, qui devient le centre de développement et de production de ses voitures.

Cette date explique pourquoi 2017 est fréquemment présentée comme l’année de fondation de Devinci, alors que le premier véhicule avait déjà été imaginé l’année précédente. Les deux repères ne sont pas contradictoires : 2016 correspond à la naissance du projet automobile, tandis que 2017 correspond à sa structuration industrielle et commerciale.

Le modèle économique choisi reste celui d’un petit constructeur. Les véhicules ne sont pas destinés à une production de masse mais à un assemblage en faibles volumes, avec une part importante de travail manuel. Cette orientation artisanale devient rapidement une caractéristique durable de la marque.

2018 : la D417 fait connaître Devinci à Rétromobile

Le véritable lancement public intervient en 2018 avec la D417. Homologuée au début de l’année, elle est présentée en février au salon Rétromobile à Paris, rendez-vous particulièrement cohérent pour une voiture moderne dont le dessin évoque les automobiles de compétition d’avant-guerre.

La D417 fixe les principaux codes de Devinci. Sa carrosserie est entièrement ouverte, son habitacle reste minimaliste et sa propulsion est électrique. La voiture est homologuée dans la catégorie des quadricycles lourds, un choix déterminant pour le projet. Cette réglementation permet au constructeur de conserver un véhicule particulièrement léger et dépouillé sans devoir lui appliquer l’ensemble des contraintes d’homologation d’une automobile conventionnelle.

Cette première commercialisation valide l’existence d’un marché, certes réduit, pour une voiture électrique pensée avant tout comme un objet de loisir et de collection. Une trentaine de D417 sont livrées au cours de cette première phase. Plus que le volume, très modeste à l’échelle de l’industrie automobile, c’est la capacité de Devinci à passer d’une idée originale à un véhicule homologué et vendu qui constitue le véritable tournant de 2018.

2019 : la DB718 fait évoluer le concept initial

Après l’expérience acquise avec la D417, Devinci présente la DB718. Cette évolution conserve l’identité visuelle et la propulsion électrique du premier modèle, mais corrige certains de ses compromis. L’habitacle est notamment élargi afin d’améliorer l’accessibilité et le confort des occupants.

La DB718 est importante dans l’histoire de la marque parce qu’elle montre que Devinci ne se limite plus à reproduire son premier concept. Le constructeur commence à adapter sa voiture aux attentes de ses clients tout en préservant son architecture très particulière. La formule devient ainsi plus mature : une automobile de loisir électrique, fabriquée en petite série, dont l’esthétique s’inspire librement des machines de Grand Prix des années 1930.

Les références suivantes continueront à évoluer par petites touches. Devinci adopte notamment de nouveaux numéros au fil des millésimes, sans pour autant créer à chaque changement une génération totalement nouvelle. L’histoire de la marque se caractérise davantage par une amélioration continue de la même idée de départ que par une multiplication de familles de modèles.

2020 : les difficultés d’OTO conduisent à la liquidation

La trajectoire de Devinci est interrompue par une crise majeure en 2020. La société OTO, qui porte alors l’activité, est placée en redressement judiciaire en octobre. La période est particulièrement difficile pour une entreprise produisant des automobiles de loisir en très faibles volumes, et la crise sanitaire liée au Covid-19 aggrave les tensions auxquelles elle est confrontée.

Le 21 décembre 2020, la liquidation judiciaire d’OTO est prononcée, avec une poursuite temporaire de l’activité afin de permettre la recherche d’une solution. Cet épisode doit être distingué de la disparition de Devinci elle-même : c’est la société exploitante OTO qui connaît la procédure collective, tandis que le nom, le concept automobile et l’outil de production peuvent encore être repris.

Cette différence entre la marque et la société qui l’exploite est essentielle pour comprendre la suite. Devinci n’est donc pas recréée plusieurs années plus tard après une disparition complète. Une continuité industrielle est organisée dès le début de 2021.

2021 : DB Concept reprend l’activité Devinci

En janvier 2021, le tribunal arrête un plan de cession de l’activité d’OTO. Une nouvelle société, DB Concept, est créée dans le même temps et reprend l’exploitation de Devinci sous l’égide de Berlié Finance. Les registres officiels identifient OTO comme le précédent exploitant de l’établissement, ce qui établit clairement la continuité entre l’ancienne structure et la nouvelle.

La reprise permet de conserver les principales caractéristiques de Devinci : la production reste implantée à Saint-Sulpice-la-Pointe, les voitures restent électriques et leur fabrication demeure artisanale. Jean-Philippe Dayraut continue également d’intervenir dans la conception et le design. L’événement constitue néanmoins une rupture juridique importante, puisque la société ayant lancé commercialement Devinci n’est plus celle qui fabrique les véhicules après 2021.

DB Concept poursuit ensuite l’évolution progressive de la voiture plutôt que de repartir d’une feuille blanche. Les différentes références commercialisées dans les années suivantes prolongent ainsi le principe établi avec la D417 et perfectionné par la DB718 : faible poids, carrosserie ouverte, présentation néo-rétro et production en petites séries.

2024 : Philippe Berlié prend la présidence de DB Concept

La gouvernance de l’entreprise évolue à nouveau en 2024. Philippe Berlié devient président de DB Concept au mois d’août, succédant à Berlié Finance dans cette fonction. Ce changement n’entraîne pas de rupture comparable à celle de 2021, mais il marque une nouvelle étape dans la stabilisation de la société qui exploite désormais Devinci.

La marque conserve alors une stratégie très éloignée de celle des grands constructeurs électriques. Elle ne cherche pas à augmenter rapidement ses volumes ni à se diversifier dans de nombreuses catégories de véhicules. Son activité reste organisée autour d’une voiture produite artisanalement et proposée dans différentes configurations, avec une place importante accordée à la personnalisation.

2026 : Devinci poursuit sa croissance à l’international

En 2026, Devinci demeure active et ses automobiles sont toujours conçues et assemblées à Saint-Sulpice-la-Pointe par DB Concept. La gamme actuelle, souvent rattachée à la famille DB-721, reprend le principe historique de la marque tout en proposant plusieurs niveaux de présentation. Malgré ces évolutions, la production reste celle d’un micro-constructeur, avec environ une vingtaine de véhicules fabriqués par an.

La principale évolution récente concerne moins le produit que sa diffusion géographique. Environ trois quarts des ventes sont désormais réalisées hors de France et des Devinci circulent dans une vingtaine de pays. L’obtention d’une homologation au Japon en 2026 illustre cette internationalisation progressive.

Près de dix ans après le premier prototype imaginé par Jean-Philippe Dayraut, Devinci reste donc fidèle à la structure qui a façonné son histoire : une production française en très petites séries, une esthétique inspirée de la compétition automobile ancienne et une motorisation électrique. Après la liquidation d’OTO et la reprise de 2021, la continuité assurée par DB Concept a permis à la marque de poursuivre son développement sans abandonner le caractère artisanal qui avait défini ses premières voitures.