
Gillet est un constructeur automobile belge né au début des années 1990 autour de Tony Gillet, pilote, préparateur et entrepreneur passionné par les voitures légères. La marque s’est fait connaître grâce à la Vertigo, une sportive produite artisanalement autour d’un châssis faisant largement appel aux matériaux composites. Son histoire est étroitement liée à la compétition, mais aussi à une activité d’ingénierie qui lui a permis de travailler sur des projets réalisés pour d’autres créateurs automobiles. Malgré des volumes de production très faibles, Gillet a conservé une continuité rare parmi les petits constructeurs indépendants.
1979 : Tony Gillet forge son expérience dans la compétition
L’histoire de Gillet commence avant la création officielle de la marque. Tony Gillet évolue d’abord dans le sport automobile et devient champion de Belgique de course de côte en 1979 puis en 1980. Cette expérience lui donne une connaissance concrète de la préparation, du comportement des voitures et de l’importance du rapport entre poids et puissance.
Son parcours se poursuit dans différents projets liés à la compétition, notamment autour du Paris-Dakar. En 1982, il devient également importateur belge de Donkervoort, constructeur néerlandais spécialisé dans les sportives légères. Cette activité constitue une étape importante dans sa formation de futur constructeur. Tony Gillet ne s’intéresse pas seulement aux performances du moteur, mais à l’ensemble de la voiture, à son poids, à son châssis et à son efficacité dynamique.
En 1990, il établit un record d’accélération avec une Donkervoort préparée. Ce résultat précède directement la création de sa propre automobile et confirme l’orientation qu’il souhaite lui donner.
1991 : Gillet Automobiles naît autour du projet Vertigo
Gillet Automobiles est constituée juridiquement en Belgique le 21 mars 1991. La même période voit apparaître le premier prototype de la Vertigo, une sportive conçue selon des principes très éloignés de ceux des constructeurs généralistes. La nouvelle société vise une production artisanale et extrêmement limitée plutôt qu’une fabrication en grande série.
Le projet repose sur une architecture légère et sur l’utilisation de matériaux composites, avec un châssis faisant appel au carbone et à une structure en nid-d’abeilles. Pour une entreprise disposant de moyens très modestes face aux grands constructeurs, ce choix technique permet de rechercher les performances principalement par la réduction de masse.
Les premières Vertigo sont associées à des mécaniques d’origine Ford, mais le moteur n’est pas l’élément qui définit à lui seul la voiture. Dès l’origine, c’est surtout la combinaison entre légèreté, rigidité du châssis et fabrication artisanale qui donne son identité au projet Gillet.
1992 : la Vertigo est révélée au Salon de Bruxelles
Le prototype est présenté au public au Salon de Bruxelles en 1992. Cette date explique pourquoi Gillet se présente parfois comme constructeur depuis 1992, alors que la société et le premier prototype remontent à l’année précédente. Les différentes dates régulièrement associées à la naissance de la marque correspondent donc à des étapes distinctes et non à des versions contradictoires de son histoire.
Après cette présentation, il reste encore à transformer le prototype en automobile homologuée. Gillet consacre notamment du temps aux essais et aux procédures nécessaires pour permettre une utilisation routière. Pour une petite structure indépendante, cette phase représente un défi aussi important que la conception elle-même, puisqu’il faut satisfaire aux contraintes réglementaires sans disposer des ressources industrielles d’un grand groupe.
1994 : la première Vertigo commercialisée fait connaître Gillet
La première Vertigo destinée à la commercialisation apparaît en 1994. C’est à ce moment que Gillet passe réellement du statut de créateur de prototype à celui de constructeur proposant une automobile à des clients. La production reste toutefois volontairement artisanale et se compte en très petites séries.
La même année, la Vertigo se fait remarquer par une accélération de 0 à 100 km/h annoncée en 3,266 secondes, performance alors enregistrée comme un record et largement utilisée pour faire connaître cette nouvelle sportive belge. Ce chiffre n’a d’intérêt historique que replacé dans son époque : il donne immédiatement de la visibilité à une marque inconnue face à des constructeurs disposant de moyens incomparablement supérieurs.
La Vertigo évolue ensuite sans perdre son architecture fondamentale. Des versions ultérieures reçoivent notamment des moteurs provenant d’Alfa Romeo, tandis que la carrosserie et la présentation deviennent progressivement plus adaptées à une sportive de route aboutie. Gillet développe ainsi son unique grande lignée de modèles plutôt que de multiplier les gammes.
1999 : la compétition devient un laboratoire pour la Vertigo
À partir de 1999, une Vertigo spécifiquement préparée pour la compétition commence à apparaître dans les épreuves automobiles. L’engagement sportif constitue une évolution logique pour une voiture issue de l’expérience de Tony Gillet, mais il devient aussi un outil de développement technique et de reconnaissance pour la marque.
Gillet crée le Belgium Racing Team en 2001 et élargit progressivement son programme. Une première participation internationale importante intervient à Bahreïn en novembre 2004, avant une présence dans l’environnement du championnat FIA GT à partir de 2005. La Vertigo n’y est pas engagée pour affronter directement toutes les GT selon les mêmes règles techniques, mais dans une catégorie correspondant à son statut particulier de voiture produite en très faible quantité.
Cette période donne à Gillet une visibilité internationale que ses volumes commerciaux ne lui auraient jamais permis d’obtenir seuls. Elle permet également de confronter le châssis, l’aérodynamique et les matériaux composites à des contraintes bien plus sévères que celles d’un usage routier.
2006 : les succès en FIA GT consacrent la Vertigo en compétition
Entre 2006 et 2008, Gillet connaît sa période sportive la plus marquante avec trois succès consécutifs associés à la catégorie G2 du FIA GT. Cette précision est importante : il ne s’agit pas de trois titres au classement général face aux principales GT1 et GT2, mais de résultats obtenus dans la catégorie correspondant à la Vertigo.
Ces performances renforcent néanmoins considérablement la crédibilité du constructeur. Pour une entreprise belge produisant seulement quelques voitures, parvenir à faire évoluer son propre modèle sur des épreuves internationales constitue déjà une réalisation notable. La compétition devient ainsi l’une des principales vitrines de la marque, sans que Gillet cherche pour autant à se transformer en constructeur de grande série.
En 2008 apparaît également la Vertigo .5, évolution majeure du modèle. Elle prépare le retour de l’entreprise vers une priorité plus nettement accordée à la voiture de route après plusieurs années durant lesquelles la compétition a occupé une place centrale.
2011 : la Vertigo .5 Spirit prolonge la lignée avec un V8 Maserati
Après avoir réduit son programme sportif à partir de 2009, Gillet présente en 2011 la Vertigo .5 Spirit. Cette nouvelle évolution conserve l’idée fondatrice d’une voiture très légère construite autour d’une structure composite, mais adopte une mécanique plus prestigieuse, un V8 provenant de Maserati.
La Vertigo .5 Spirit ne marque pas la naissance d’une nouvelle gamme indépendante. Elle représente plutôt l’aboutissement de vingt années d’évolution autour du même concept. Cette continuité est caractéristique de Gillet : contrairement aux constructeurs qui renouvellent régulièrement plusieurs familles de véhicules, la société concentre son savoir-faire sur une automobile produite à très faible cadence et continuellement perfectionnée.
2010 : les collaborations avec Zagato élargissent l’activité de Gillet
Au début des années 2010, une autre dimension de l’entreprise prend davantage d’importance. Gillet ne se limite plus à fabriquer des Vertigo sous son propre nom, mais met ses compétences en châssis et en matériaux composites au service de projets extérieurs.
En 2010, le carrossier italien Zagato utilise notamment une base technique liée à la Vertigo pour l’Alfa Romeo TZ3 Corsa. Quelques années plus tard, Gillet réalise également des châssis roulants destinés à la Zagato Mostro. D’autres projets confidentiels, comme la VDS GT001, témoignent de la même évolution.
Ces réalisations ne doivent pas être considérées comme de nouveaux modèles Gillet. Leur importance est industrielle : elles montrent comment une société incapable de compter sur de gros volumes de vente peut valoriser les compétences acquises dans la conception de la Vertigo. L’ingénierie, les composites et la fabrication de petites séries deviennent ainsi des prolongements naturels de l’activité de constructeur.
2022 : la continuité familiale accompagne une marque toujours active
Gillet n’a pas connu le scénario fréquent des petits constructeurs sportifs passant par une faillite, une disparition puis une relance sous de nouveaux propriétaires. Les informations juridiques disponibles ne font apparaître ni rachat structurant ni rupture comparable dans l’histoire de Gillet Automobiles. La société créée en 1991 est toujours active.
En 2022, Antoine Gillet devient administrateur délégué de l’entreprise. Cette évolution de gouvernance ne correspond pas à une vente de la marque et ne permet pas de parler d’un changement de propriétaire au sens d’un rachat industriel. Elle s’inscrit plutôt dans la continuité d’une structure familiale restée de très petite taille.
En 2026, Gillet Automobiles demeure enregistrée comme entreprise active en Belgique. Son activité reste celle d’un constructeur et spécialiste d’ingénierie fonctionnant à une échelle artisanale. Plus de trois décennies après le premier prototype, la Vertigo demeure le modèle autour duquel s’est construite l’identité de la marque, tandis que les projets spéciaux et le travail sur les matériaux composites expliquent en partie la permanence de cette petite entreprise automobile belge.
Informations sur Gillet
Pays :
Belgique
Depuis :
1991
Jusqu'à :
Aujourd'hui
Découvrez d'autres marques automobiles du même pays
