Histoire de la marque Saker

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Saker est une petite marque de voitures de sport née en Nouvelle-Zélande à la fin des années 1980 autour de l’ingénieur Bruce Turnbull. Son histoire est étroitement liée à la recherche de légèreté, à la construction artisanale et à la compétition sur circuit. Après une première phase néo-zélandaise, la marque a changé de dimension avec le transfert de sa production en Europe, d’abord aux Pays-Bas puis en Allemagne, tout en conservant une gamme de voitures radicales conçues avant tout pour le pilotage.

1989 : Bruce Turnbull lance le projet Saker en Nouvelle-Zélande

L’origine de Saker remonte à 1989, lorsque Bruce Turnbull commence à développer une voiture de sport au sein de Turnbull Engineering, à Feilding, en Nouvelle-Zélande. Le projet s’inscrit dans une logique de constructeur artisanal : produire une automobile légère, simple et performante plutôt que rivaliser avec les grands constructeurs généralistes.

Cette première Saker est pensée comme une machine pouvant servir aussi bien sur route que dans un cadre sportif. Dès l’origine, la marque privilégie donc une architecture légère et une conception adaptée à différents usages et motorisations, une approche qui restera au cœur de son identité.

1992 : la Saker SV1 fait entrer la marque en production

En 1992, la Saker SV1 atteint le stade de la production en petite série. Cette date est parfois retenue comme celle de la fondation effective de Saker en tant que constructeur, alors que 1989 correspond davantage au lancement du projet par Bruce Turnbull.

La SV1 fixe les premières caractéristiques importantes de la marque : faible poids, structure destinée à privilégier les performances et possibilité d’adapter différentes mécaniques. Sa diffusion reste confidentielle, mais elle donne à Saker une existence concrète au-delà du prototype et installe le nom dans le milieu des voitures de sport artisanales.

1999 : les SVS GT et Sprint accentuent l’orientation vers la compétition

En 1999, Saker fait évoluer son concept avec les SVS GT et SVS Sprint. Ces modèles reposent sur une structure tubulaire plus aboutie et rapprochent nettement la marque d’une utilisation sur circuit. La GT adopte une carrosserie fermée, tandis que la Sprint propose une configuration ouverte.

Cette évolution constitue un tournant, car Saker cesse progressivement d’être seulement un petit constructeur de sportives atypiques pour se spécialiser dans des voitures pensées avant tout pour la course et les journées de roulage. Les bases techniques posées à cette période serviront durablement aux générations suivantes.

2002 : Saker passe sous contrôle néerlandais

Au début des années 2000, les droits de fabrication de Saker sont transférés en Europe. Les sources situent cette transition entre 2002 et 2003, période durant laquelle Saker Sportscars B.V. prend forme aux Pays-Bas et développe la production à Etten-Leur. Cette reprise éloigne la marque de ses racines industrielles néo-zélandaises tout en lui donnant un accès plus direct au marché européen de la compétition amateur et semi-professionnelle.

La nouvelle structure poursuit le développement des voitures issues de la philosophie originelle de Bruce Turnbull, mais concentre davantage son activité sur les modèles de circuit. Saker devient ainsi une marque européenne dans son fonctionnement, même si son origine historique demeure néo-zélandaise.

2004 : le Saker Sportscar Challenge structure l’activité sportive

En 2004, la création du Saker Sportscar Challenge aux Pays-Bas donne à la marque un cadre sportif propre. Ce championnat monomarque permet aux propriétaires de courir avec des voitures conçues selon une base technique comparable, tout en donnant au constructeur une vitrine régulière en compétition.

Cette initiative joue un rôle important dans l’histoire de Saker : la course ne constitue plus seulement un débouché pour ses voitures, elle devient un élément structurant de l’écosystème de la marque. Le championnat contribue également à entretenir une clientèle de pilotes et d’équipes autour des Saker GT et Sprint.

2010 : les RapX et Sniper modernisent la gamme

En 2010, Saker présente les RapX et Sniper, deux modèles qui modernisent fortement l’apparence de ses voitures sans rompre avec la conception légère et orientée circuit des générations précédentes. La RapX adopte une carrosserie fermée plus contemporaine, tandis que la Sniper reprend le principe d’une voiture ouverte.

Ces modèles donnent une nouvelle visibilité à la marque et prolongent son développement européen. La mécanique boxer fournie par Subaru devient également un élément important de cette génération de Saker, adaptée à des voitures dont la priorité reste le rapport poids-puissance plutôt que la sophistication d’une sportive routière classique.

2023 : une reprise allemande relance Saker

En 2023, Saker connaît un nouveau changement de propriétaire lorsque Tobias Möhring reprend l’activité et l’installe à Neresheim-Elchingen, en Allemagne. Ce transfert marque une troisième étape géographique dans l’histoire de la marque après la Nouvelle-Zélande et les Pays-Bas.

La reprise permet de maintenir Saker en activité et de poursuivre la production de voitures destinées principalement au circuit. La gamme conserve des noms issus des différentes périodes de son histoire, notamment GT, Sprint, RapX et Sniper. Saker reste ainsi un constructeur de niche, désormais établi en Allemagne, dont la continuité repose toujours sur le principe qui avait guidé Bruce Turnbull à l’origine : proposer des voitures de sport légères, simples et directement orientées vers le pilotage.