Histoire de la marque Thunder Power

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Thunder Power est une marque automobile électrique aux racines taïwanaises, issue d’un environnement industriel bien antérieur à ses premiers prototypes. Son histoire remonte à Motomax Electric, entreprise spécialisée dans l’outillage électrique, avant que Wellen Sham n’oriente le projet vers l’automobile électrique au début des années 2010. La marque se fait connaître internationalement en 2015 avec une grande berline électrique dessinée avec Zagato, puis développe plusieurs projets de véhicules et d’usines sans parvenir à passer à une commercialisation automobile à grande échelle. Restructurations, introduction en Bourse puis radiation du Nasdaq ont ensuite profondément modifié sa trajectoire.

1987 : Motomax pose les racines industrielles de Thunder Power

L’origine de Thunder Power ne se trouve pas immédiatement dans l’automobile. En 1987, Motomax Electric Co. Ltd. est créée à Taïwan avec une activité centrée sur les outils électriques portatifs et les composants associés. Cette base industrielle est importante pour comprendre la suite : le projet Thunder Power ne naît pas comme une simple start-up automobile, mais à partir d’un savoir-faire développé dans les technologies électriques et la fabrication.

Cette filiation explique également pourquoi l’identité historique de la marque est généralement rattachée à Taïwan, même si les structures créées ensuite pour porter l’activité automobile seront implantées dans plusieurs juridictions et viseront d’emblée un développement international.

2013 : Wellen Sham structure le projet automobile électrique

Au début des années 2010, Wellen Sham, également mentionné sous différentes translittérations de son nom, engage l’entreprise dans la conception de véhicules électriques. La chronologie exacte mérite une nuance : certaines sources situent le lancement du projet en 2011, tandis que la création de Thunder Power Electric Vehicle et celle de structures liées à Hong Kong sont documentées autour de 2013. Cette dernière année constitue donc le repère le plus solide pour la structuration de l’activité automobile.

L’ambition est alors de développer une marque de voitures électriques haut de gamme reposant sur une architecture dédiée plutôt que de convertir des modèles thermiques existants. Thunder Power travaille sur une plateforme électrique modulaire destinée à accueillir plusieurs types de carrosseries, avec l’objectif de mutualiser une partie du développement technique.

2015 : la Thunder Power Sedan révèle la marque à Francfort

Thunder Power acquiert une véritable visibilité internationale au salon de Francfort 2015. La marque y dévoile la Thunder Power Sedan, grande berline électrique dont le dessin est confié à Zagato, ainsi qu’une déclinaison plus sportive baptisée Racer. Ces deux prototypes constituent le moment fondateur de son image publique.

La Sedan concentre les ambitions techniques annoncées par Thunder Power : batterie de grande capacité, forte autonomie revendiquée et architecture conçue dès l’origine pour la propulsion électrique. La batterie annoncée à 125 kWh attire particulièrement l’attention à une époque où les véhicules électriques de série disposent généralement de capacités plus modestes. Le Racer, de son côté, sert surtout de démonstrateur de performance et montre que la plateforme doit pouvoir soutenir plusieurs positionnements.

Cette présentation installe Thunder Power parmi les nombreux nouveaux acteurs qui cherchent alors à profiter de l’essor mondial de la voiture électrique. Elle ne correspond toutefois pas au lancement commercial d’un modèle : la Sedan reste un projet de développement et de démonstration.

2017 : le SUV électrique élargit les ambitions industrielles

Deux ans plus tard, Thunder Power revient au salon de Francfort avec un SUV électrique. Le constructeur entend ainsi montrer que son architecture modulaire peut servir plusieurs catégories de véhicules et ne se limite pas à la berline dévoilée en 2015. Le SUV reprend notamment le principe d’une batterie de 125 kWh, avec une autonomie maximale annoncée pouvant atteindre environ 650 km.

La même période est marquée par des projets d’industrialisation beaucoup plus ambitieux. Thunder Power envisage des implantations en Chine et en Europe, notamment à Ganzhou, en Catalogne et en Belgique. L’objectif est alors de transformer les prototypes en une véritable activité de constructeur, avec des capacités de production capables d’alimenter plusieurs marchés.

Ces projets constituent un tournant important car ils révèlent l’écart croissant entre l’ambition de la marque et sa capacité à entrer réellement en production. Les annonces industrielles successives ne débouchent pas sur le lancement en série des véhicules présentés à Francfort.

2021 : une restructuration réduit fortement le périmètre de Thunder Power

Après plusieurs années consacrées au développement de véhicules et à la recherche d’une base industrielle, Thunder Power engage une restructuration importante en 2021. La société se sépare notamment de China New Energy Vehicle Company et de Thunder Power Hong Kong, tandis que TP NEV demeure sa principale filiale automobile.

Cette réorganisation marque la fin de la première phase d’expansion internationale. Thunder Power conserve ses ambitions dans la mobilité électrique, mais avec une structure plus réduite et sans avoir encore converti ses prototypes en véhicules commercialisés. Son histoire bascule alors progressivement d’un projet de constructeur en phase d’industrialisation vers celle d’une entreprise cherchant de nouvelles solutions de financement et de relance.

2024 : la fusion avec un SPAC conduit Thunder Power au Nasdaq

En 2024, Thunder Power franchit une nouvelle étape financière en fusionnant avec Feutune Light Acquisition Corporation, un SPAC. L’ensemble prend le nom de Thunder Power Holdings, Inc. et commence à être coté au Nasdaq en juin sous le symbole AIEV.

Cette opération vise à donner au groupe un accès plus direct aux marchés financiers afin de soutenir la poursuite du développement de ses activités. Elle modifie aussi profondément le statut de Thunder Power, qui devient une société cotée aux États-Unis. L’entrée en Bourse ne résout cependant pas la difficulté essentielle rencontrée depuis la présentation de la Sedan : le passage d’un programme de véhicules électriques à une production et à des ventes effectives.

2025 : la radiation du Nasdaq fragilise la relance

La période boursière sur le Nasdaq est courte. En 2025, le titre Thunder Power est suspendu puis radié de cette place de marché. Les actions continuent ensuite à être négociées sur le marché de gré à gré américain, avec une admission sur l’OTCQB en juin.

Cette radiation constitue un revers majeur pour une entreprise qui comptait sur son nouveau statut coté pour soutenir sa relance. Elle confirme également que Thunder Power reste confrontée à des difficultés financières et opérationnelles importantes, alors qu’aucun des véhicules présentés au cours de la décennie précédente n’a encore atteint une commercialisation régulière.

2026 : Thunder Power se diversifie sans avoir encore commercialisé de voiture

En 2026, Thunder Power Holdings élargit son périmètre en réalisant un échange d’actions avec Electric Power Technology Limited, société taïwanaise active notamment dans les technologies énergétiques et les énergies renouvelables. Cette opération traduit une volonté de diversifier les sources de revenus au-delà du seul développement automobile.

La situation de la marque reste néanmoins particulière : malgré plus d’une décennie de prototypes, de projets industriels et de restructurations, Thunder Power indique toujours ne pas avoir commercialisé de véhicule ni généré de revenus issus de ventes automobiles. Le projet de petite voiture électrique, parfois présenté sous le nom de Compact City Car ou Chloe, est devenu l’un des axes de développement envisagés, avec un lancement désormais projeté pour 2028.

Thunder Power existe donc toujours comme entreprise et comme projet automobile, mais son histoire reste celle d’une marque qui n’a pas encore franchi le seuil décisif de la production commerciale. Sa trajectoire, commencée dans l’industrie électrique taïwanaise, est passée par une exposition internationale spectaculaire, des projets d’usines, une restructuration et une tentative de relance boursière avant de s’orienter vers une activité plus diversifiée.