Ferrari 340 mm

FERRARI 340 MM

La Ferrari 340 MM, pour Mille Miglia, apparaît en 1953 comme une voiture de sport conçue pour remporter les plus grandes épreuves routières. Évolution radicale de la 340 Mexico avec empattement raccourci et puissance accrue, elle est bâtie pour la vitesse de pointe et l’endurance. La victoire de Giannino Marzotto à la Mille Miglia 1953 consacre ce modèle comme l’une des Ferrari les plus rapides de son époque.

Production et rareté

La 340 MM est produite en un nombre extrêmement limité avec seulement 10 exemplaires, tous fabriqués en 1953. La série comprend quatre berlinette carrossées par Pinin Farina, deux spiders Touring et quatre spiders Vignale dessinés par Giovanni Michelotti. Certaines voitures seront ensuite converties en 375 MM avec un moteur porté à 4,5 litres, ce qui rend les 340 MM d’origine encore plus rares.

Chaque châssis repose sur une structure tubulaire en acier, motorisation avant longitudinale et propulsion. La voiture adopte une architecture biplace, disponible en berlinette fermée ou en spider barchetta, avec des carrosseries entièrement en aluminium adaptées à la compétition.

Le V12 Lampredi de 4,1 litres

La Ferrari 340 MM utilise le V12 Lampredi longue course de 4,1 litres. Ce moteur en alliage léger, conçu pour les courses de longue distance, délivre un couple généreux et une puissance élevée tout en supportant des charges prolongées à haut régime, indispensables pour les grandes classiques comme la Mille Miglia.

  • Cylindrée totale d’environ 4 101 centimètres cubes
  • Cylindrée unitaire de 341,8 centimètres cubes
  • Alésage et course de 80 par 68 millimètres
  • Architecture V12 à soixante degrés
  • Taux de compression voisin de 8 pour 1
  • Distribution simple arbre à cames par rangée
  • Deux soupapes par cylindre soit vingt quatre soupapes
  • Alimentation par trois carburateurs Weber 40 DCF
  • Allumage par deux magnétos avec une bougie par cylindre
  • Lubrification par carter humide
  • Embrayage multidisques
  • Puissance officielle d’environ 280 chevaux à 6 600 tr par minute

Cette mécanique est associée à une boîte manuelle à cinq rapports avec marche arrière, idéalement étagée pour les longues lignes droites. Le rapport poids puissance est exceptionnel, grâce à la légèreté du châssis et de la carrosserie en aluminium.

Châssis, suspensions et freinage

Le châssis tubulaire reçoit une suspension avant indépendante avec triangles superposés, ressort à lame transversal et amortisseurs hydrauliques. À l’arrière, la voiture adopte un pont rigide avec bras tirés, ressorts à lames semi elliptiques et amortisseurs hydrauliques. La direction est à vis sans fin et secteur et le freinage repose sur des tambours hydrauliques aux quatre roues. Les pneus de compétition sont montés en 5,50 par 16 à l’avant et 6,50 par 16 à l’arrière, avec un réservoir de carburant d’environ 177 litres pour les longues courses.

Dimensions et performances

L’empattement réduit par rapport à la 340 Mexico améliore l’agilité tout en conservant une grande stabilité à haute vitesse. Le poids à sec d’environ 850 kilogrammes pour les spiders permet d’exploiter pleinement la puissance du V12.

  • Empattement d’environ 2 500 millimètres
  • Voie avant d’environ 1 325 millimètres
  • Voie arrière voisine de 1 320 millimètres
  • Poids à sec proche de 850 kilogrammes
  • Vitesse maximale annoncée d’environ 282 kilomètres par heure
  • Accélération de zéro à cent kilomètres par heure estimée autour de six secondes

Ces chiffres placent la Ferrari 340 MM parmi les voitures les plus rapides au monde en 1953, avec une capacité unique à maintenir des vitesses très élevées sur de grandes distances.

Carrière sportive

Conçue pour le premier championnat mondial des voitures de sport, la 340 MM connaît une série de succès majeurs. La victoire à la Mille Miglia 1953 avec Giannino Marzotto et Marco Crosara établit un nouveau record de vitesse moyenne. Luigi Villoresi s’impose au Tour de Sicile et d’autres résultats marquants suivent à Silverstone, Montlhéry et dans plusieurs épreuves américaines. Certaines voitures participent également aux 24 Heures du Mans, parfois reconfigurées en 375 MM. Cette campagne contribue au titre mondial des constructeurs décroché par Ferrari en 1953.

Valeur et ventes aux enchères

La 340 MM n’a jamais été une voiture de catalogue standard. Chaque exemplaire a été construit pour la course et vendu à des clients triés sur le volet. Aujourd’hui, la combinaison de la rareté, du palmarès et de la puissance en fait l’une des Ferrari d’après guerre les plus recherchées. Des ventes récentes montrent des valeurs allant de plus de quatre millions de dollars pour certains spiders Vignale à près de dix millions d’euros pour des berlinette à l’historique exceptionnel. Un exemplaire authentifié, restauré et certifié, surtout s’il a participé à des épreuves majeures, figure parmi les pièces les plus précieuses du patrimoine Ferrari.