La Ferrari 857 S, souvent désignée comme 857 Sport, est un prototype de compétition présenté en 1955. Cette barchetta biplace constitue l’ultime évolution des Ferrari à moteur quatre cylindres Lampredi de grande cylindrée. Elle est développée comme une solution d’usine très performante avant l’arrivée de la 860 Monza, dont elle sert directement de base technique.
Contexte et positionnement
Au milieu des années cinquante, Ferrari poursuit l’exploration des moteurs quatre cylindres pour les épreuves d’endurance. La 857 S se place au sommet de cette lignée, avec une cylindrée portée à plus de 3,4 litres afin d’augmenter le couple et la puissance. Ferrari souligne que la 860 Monza reprendra plusieurs éléments de la 857 S, tout en simplifiant certains choix techniques comme la transmission.
Production et rareté
La production de la Ferrari 857 S est extrêmement limitée. Les sources convergent vers un total de quatre exemplaires construits en 1955. Les châssis généralement cités sont 0570M, 0578M, 0584M et 0588M. Cette diffusion confidentielle fait de la 857 S l’une des Ferrari de sport les plus rares de son époque.
Architecture et châssis
La 857 S adopte une carrosserie de type spider biplace montée sur un châssis tubulaire en acier. Le moteur est implanté à l’avant en position longitudinale et entraîne les roues arrière. Les liaisons au sol sont conçues pour la compétition, avec une suspension avant indépendante à triangles inégaux, ressorts hélicoïdaux, amortisseurs hydrauliques et barre antiroulis. À l’arrière, on retrouve un pont De Dion avec bras tirés et lame transversale supérieure. Le freinage est assuré par des tambours et la direction utilise un système à vis et secteur. La transmission est confiée à une boîte manuelle à cinq rapports avec marche arrière.
Moteur quatre cylindres Lampredi
Le moteur de la Ferrari 857 S est un quatre cylindres en ligne Lampredi de très grande cylindrée, parfois référencé comme Tipo 129. Il se distingue par ses dimensions internes imposantes et par une puissance élevée pour un moteur de cette architecture.
- Architecture quatre cylindres en ligne monté à l’avant
- Cylindrée totale 3 431,93 cm³
- Cylindrée unitaire 857,98 cm³
- Alésage et course 102 mm x 105 mm
- Taux de compression 8,5 pour 1
- Distribution double arbre à cames en tête avec deux soupapes par cylindre
- Alimentation deux carburateurs Weber 58 DCOA
- Allumage double allumage avec deux bougies par cylindre
- Lubrification carter sec
- Embrayage multidisque
- Puissance maximale environ 280 ch à 6 000 tr/min
Dimensions et masses
La fiche technique Ferrari communique principalement les cotes de châssis et l’équipement roulant. Certaines valeurs comme le poids et la capacité du réservoir ne sont pas renseignées par Ferrari mais sont évoquées par des sources techniques externes.
- Empattement 2 250 mm
- Voie avant 1 278 mm
- Voie arrière 1 284 mm
- Pneus avant 5.50 x 16
- Pneus arrière 7.00 x 16
- Poids environ 860 kg selon des sources techniques non publiées par Ferrari
Performances
Ferrari ne publie pas de chiffres officiels de vitesse maximale ni d’accélération pour la 857 S sur sa fiche technique. Certaines estimations externes évoquent des vitesses élevées pour un prototype de cette période, mais les données constructeur se concentrent sur la puissance et l’architecture mécanique.
Carrière en compétition
La Ferrari 857 S connaît une carrière relativement courte en configuration d’usine. Elle est associée à des engagements en 1955, avec un début mentionné au RAC Tourist Trophy. Les sources historiques évoquent également une victoire au Giro di Sicilia 1956. Le modèle est piloté par des noms prestigieux, parmi lesquels Phil Hill et Carroll Shelby. Par la suite, les châssis poursuivent souvent leur carrière aux mains de pilotes privés, notamment en Amérique du Nord.
Valeur et marché de collection
En raison de sa production limitée à quatre exemplaires, la Ferrari 857 S apparaît très rarement sur le marché. Une vente documentée aux enchères à Monterey en 2024 pour l’exemplaire châssis 0588M faisait état d’une estimation comprise entre 6 et 8 millions de dollars, avec un montant post vente rapporté autour de 5,35 millions de dollars. La valeur finale dépend fortement de l’historique sportif, de l’authenticité et de l’état de chaque châssis.












