La Ferrari 250 California, officiellement désignée Ferrari 250 GT Gran Turismo Spyder California, est une décapotable de prestige produite par Ferrari à partir de 1957. Dessinée par Pininfarina et carrossée par Scaglietti à Modène, elle est pensée pour le marché nord américain qui réclame une Ferrari ouverte de grand tourisme. Elle associe les performances de la 250 GT Berlinetta à une silhouette de spider élégante qui en fera l’une des Ferrari les plus mythiques.
Période de production et séries
La production de la 250 California s’étale de 1957 à 1963 selon les châssis et les immatriculations. Au total, environ 106 exemplaires sont fabriqués toutes versions confondues. La gamme se divise en deux grandes familles. Les versions à empattement long, dites LWB, utilisent un empattement proche de 2 600 mm et sont produites de la fin des années cinquante jusqu’en 1960. Les versions à empattement court, dites SWB, adoptent un empattement d’environ 2 400 mm et sont construites à partir de 1960, pour un total d’environ 55 à 56 voitures. Les SWB se distinguent par une allure plus sportive et une hauteur réduite d’environ 30 mm par rapport aux LWB.
Concept et positionnement
La Ferrari 250 California est conçue comme une version cabriolet de la 250 GT Berlinetta adaptée aux attentes de la clientèle américaine. Elle conserve la base technique de la 250 GT et ajoute l’agrément d’un spider à deux places mêlant sobriété et sportivité. Certains exemplaires, notamment des SWB Competizione, reçoivent une carrosserie allégée en aluminium et une préparation moteur plus poussée afin d’être engagés en compétition, y compris aux 24 Heures du Mans, où une California à empattement long se classe cinquième et troisième de classe à la fin des années cinquante.
Moteur V12 Colombo et transmission
Comme les autres 250 GT, la California est animée par le célèbre V12 Colombo de trois litres, monté à l’avant en position longitudinale et associé à une propulsion arrière. La plupart des voitures de route utilisent une configuration de carburateurs et de puissance orientée vers le grand tourisme, tandis que quelques versions plus radicales reçoivent une préparation Competizione.
- Architecture V12 à 60 degrés en position avant longitudinale
- Cylindrée totale 2 953 cm³
- Distribution arbre à cames en tête par banc selon la configuration de série
- Alimentation trois carburateurs Weber 36 DCL sur la majorité des versions, plus de puissance sur certaines Competizione pouvant approcher 280 ch
- Puissance maximale environ 240 ch à 7 000 tr min pour les versions routières
- Transmission boîte manuelle à quatre rapports avec marche arrière
Châssis, suspensions et freinage
La Ferrari 250 California repose sur un châssis tubulaire en acier très proche de celui de la 250 GT Berlinetta. La suspension avant est indépendante à triangles inégaux avec ressorts hélicoïdaux et amortisseurs hydrauliques. L’arrière adopte un essieu rigide avec ressorts à lames semi elliptiques et amortisseurs hydrauliques. Les premiers exemplaires sont dotés de freins à tambours, avant que certaines versions, en particulier parmi les SWB, ne reçoivent progressivement des freins à disque sur les quatre roues selon l’année et les options.
Dimensions, masse et performances
Les dimensions reflètent un gabarit de grand tourisme compact et bas, mêlant élégance et efficacité dynamique. La combinaison d’un poids contenu pour un cabriolet et du V12 trois litres permet des performances de haut niveau pour l’époque.
- Empattement environ 2 600 mm pour les LWB et environ 2 400 mm pour les SWB
- Voie avant environ 1 354 mm
- Voie arrière environ 1 349 mm
- Poids environ 1 100 kg à vide
- Vitesse maximale environ 252 km h selon les données Ferrari
Carrière en compétition
Si la 250 California est avant tout une GT de route, certains exemplaires sont engagés en compétition, notamment en Amérique du Nord et en Europe, parfois avec une carrosserie en aluminium et un moteur plus puissant. Une California à empattement long engagée par le North American Racing Team se distingue particulièrement aux 24 Heures du Mans 1959 avec une cinquième place au général et une troisième place de classe. Ces engagements confirment la capacité de la California à concilier style et performances sur les plus grands circuits.
Valeur de collection et ventes marquantes
La Ferrari 250 California est aujourd’hui l’une des Ferrari les plus recherchées. Sa production limitée, son dessin signé Pininfarina et Scaglietti et son association au V12 Colombo en font une icône. Parmi les ventes les plus célèbres, une 250 GT California SWB de 1961 ayant appartenu à Alain Delon a été adjugée pour environ 16,3 millions d’euros à Paris. D’autres exemplaires d’origine, aux numéros concordants et à l’historique prestigieux, atteignent régulièrement des estimations comprises entre 15 et 18 millions de dollars dans les grandes ventes internationales, ce qui illustre le statut de mythe attaché à la Ferrari 250 California.












