La Ferrari F333 SP marque le grand retour de Ferrari dans la catégorie des protos d’endurance au milieu des années 1990. Développée à la demande de clients passionnés et soutenue par la structure officielle, elle apparaît à la fin de l’année 1993 et entre réellement en compétition en 1994. Cette barquette à cockpit ouvert est conçue pour les championnats d’endurance comme l’IMSA et le World Sports Car, avec pour objectif de renouer avec la tradition des grandes sport prototypes de Maranello.
Le projet est mené en collaboration avec des partenaires techniques de haut niveau, notamment Dallara pour le châssis et plus tard Michelotto pour l’évolution des voitures. La F333 SP s’inscrit dans une période où Ferrari concentre l’essentiel de ses efforts sportifs sur la Formule 1, ce qui rend ce prototype encore plus singulier dans l’histoire récente de la marque.
Châssis et conception
La Ferrari F333 SP repose sur un châssis moderne pour son époque, utilisant une structure monocoque en carbone et nid d’abeille aluminium. Cette architecture assure une rigidité élevée pour un poids très contenu, condition indispensable pour exploiter le potentiel du V12 atmosphérique. Les trains roulants adoptent des triangles superposés avec des combinés ressorts amortisseurs actionnés par biellettes, ce qui permet un réglage très fin des lois de suspension.
L’aérodynamique est travaillée autour d’une carrosserie très basse avec cockpit ouvert, museau effilé, grandes prises d’air latérales et large aileron arrière. L’ensemble est conçu pour générer un appui important tout en limitant la traînée, afin d’atteindre des vitesses de pointe très élevées sur les longues lignes droites des circuits d’endurance.
Dimensions et gabarit
Avec son gabarit de prototype, la F333 SP se distingue par des proportions compactes en longueur mais très larges, afin d’offrir stabilité et surface d’appui suffisante. Le centre de gravité très bas et l’empattement contenu contribuent à la vivacité de la voiture dans les enchaînements rapides.
- Longueur : environ 4 570 mm
- Largeur : environ 2 000 mm
- Hauteur : environ 1 025 mm
- Empattement : environ 2 740 mm
- Voie avant : proche de 1 660 mm
- Voie arrière : proche de 1 570 mm
- Poids à sec : autour de 860 kg
Ce poids extrêmement réduit, associé à un moteur très puissant, donne à la F333 SP un rapport poids puissance exceptionnel, digne des meilleures machines de son époque. La combinaison de la légèreté, de l’appui aérodynamique et de la largeur de voie explique en grande partie son efficacité sur circuit.
Moteur et transmission
Au cœur de la Ferrari F333 SP se trouve un spectaculaire V12 atmosphérique de quatre litres, dérivé de la technologie de la Formule 1 Ferrari et adapté à l’endurance. Le nom 333 SP fait référence à la cylindrée unitaire d’environ 333 centimètres cubes par cylindre. Ce moteur, extrêmement pointu, accepte des régimes très élevés tout en conservant la robustesse nécessaire aux courses longues.
Le V12 est installé en position centrale longitudinale, et associé à une boîte séquentielle à cinq rapports commandée au volant ou par levier selon les spécifications. La gestion électronique, la distribution à plusieurs soupapes par cylindre et le taux de compression élevé permettent d’extraire une puissance de l’ordre de 650 chevaux, avec une sonorité aiguë très caractéristique des prototypes Ferrari de cette période.
- Type : V12 atmosphérique en position centrale longitudinale
- Cylindrée totale : environ 3 997 cm³
- Cylindrée unitaire : environ 333 cm³ par cylindre
- Distribution : plusieurs soupapes par cylindre avec double arbre à cames en tête par rangée
- Taux de compression : de l’ordre de 13 à 1
- Puissance maximale : environ 650 ch à plus de 11 000 tr/min
- Couple maximal : supérieur à 440 Nm
- Boîte de vitesses : séquentielle à 5 rapports, propulsion
Cette mécanique d’inspiration Formule 1 confère à la F333 SP un comportement explosif, avec une montée en régime très rapide et une puissance disponible sur une large plage de tours. La précision de la boîte séquentielle et la motricité offerte par l’ensemble châssis pneus permettent aux pilotes d’exploiter pleinement ce potentiel.
Performances et comportement sur circuit
Avec un poids inférieur à une tonne et plus de 600 chevaux, la Ferrari F333 SP atteint des performances de tout premier plan. La vitesse maximale dépasse les 360 km/h sur les circuits rapides, tandis que l’accélération de 0 à 100 km/h est effectuée en un peu plus de trois secondes lorsque la voiture est configurée pour ce type de mesure. Le freinage par disques ventilés de grande dimension assure des décélérations impressionnantes et répétables sur un relais entier.
Sur la piste, la F333 SP se caractérise par une grande stabilité à haute vitesse et une précision remarquable dans les virages rapides. L’appui aérodynamique important permet des vitesses de passage en courbe très élevées, tandis que la direction directe et le retour d’information du châssis donnent aux pilotes la confiance nécessaire pour exploiter l’auto au plus près de ses limites. Le tout est accompagné d’une bande son unique, mélange de hurlement aigu et de grondement métallique typique des V12 Ferrari à haut régime.
Production et carrière sportive
La Ferrari F333 SP est produite en nombre très limité, avec environ quarante châssis réalisés au total. Certains sont assemblés directement par Ferrari, d’autres par Dallara ou Michelotto qui assurent également une partie du développement en compétition. Chaque exemplaire est étroitement lié à une structure de course cliente, qu’il s’agisse d’écuries privées soutenues par la marque ou de programmes indépendants.
En compétition, la F333 SP remporte de nombreuses victoires dans les championnats d’endurance des années 1990, notamment en IMSA et dans les séries d’endurance internationales. Elle s’illustre aux 24 Heures de Daytona, remporte des titres dans différentes séries et devient l’une des références de la catégorie. Par son palmarès, sa technologie et sa rareté, la Ferrari F333 SP est aujourd’hui considérée comme l’un des prototypes les plus emblématiques construits par la marque après l’âge d’or des années 1960 et 1970.












