Présentée en 2012 puis commercialisée au début de 2013, l’Opel Adam marque une tentative inhabituelle pour le constructeur allemand. Plutôt que de créer une simple citadine d’entrée de gamme, Opel choisit une petite trois portes très personnalisable, pensée pour rivaliser sur le terrain des citadines chic. Son nom fait directement référence à Adam Opel, fondateur de l’entreprise, tandis que son développement avait été mené sous le nom de projet Junior.
Avec moins de 3,70 m de long, quatre places et une multitude de combinaisons de couleurs, de jantes et de décors, l’Adam mise davantage sur le style que sur la polyvalence. Elle occupe ainsi une position particulière à côté de l’Opel Corsa, plus longue et plus conventionnelle dans son approche. Cette orientation explique aussi pourquoi l’Adam ne peut pas être considérée comme le simple remplacement d’une autre petite Opel.
Une citadine conçue autour de la personnalisation
Opel dévoile le nom Adam au printemps 2012 avant de présenter officiellement la voiture durant l’été. Elle fait ensuite partie des nouveautés importantes de la marque au Mondial de l’Automobile de Paris 2012. La production de série débute le 10 janvier 2013 à Eisenach, en Thuringe, où Opel avait réalisé d’importants investissements pour adapter son usine à ce modèle particulièrement riche en variantes.
Cette complexité vient de la personnalisation, placée au centre du projet. Au lancement, les univers JAM, GLAM et SLAM permettent de construire des configurations aux caractères différents. Teintes de carrosserie, couleur contrastée du pavillon, jantes et éléments de décoration intérieure peuvent être combinés. Opel propose dès les débuts une douzaine de couleurs de carrosserie, auxquelles s’ajoutent de nombreuses possibilités de finition.
L’Adam n’occupe donc pas exactement la place laissée par l’Opel Agila. Les deux voitures ont d’ailleurs coexisté. L’Agila privilégie une carrosserie haute et pratique, alors que l’Adam adopte une silhouette basse à trois portes et une présentation beaucoup plus expressive. À partir du milieu des années 2010, l’Opel Karl assume de son côté le rôle d’une petite citadine Opel plus rationnelle.
Un style immédiatement reconnaissable
Le dessin est développé par les équipes Opel sous la direction de Mark Adams, alors responsable du design de la marque. La voiture reçoit une silhouette courte mais relativement large, avec des roues visuellement repoussées vers les extrémités. Le traitement du pavillon constitue l’un de ses signes distinctifs : sa séparation visuelle avec le reste de la carrosserie permet notamment de jouer sur des combinaisons bicolores.
Les flancs sculptés, le pli inférieur des portes et les signatures graphiques des projecteurs reprennent le vocabulaire stylistique d’Opel au début des années 2010, mais dans des proportions spécifiques. Avec 3 698 mm de longueur pour environ 1 720 mm de largeur hors rétroviseurs, l’Adam possède une présence visuelle assez forte pour une voiture du segment A. Sa carrosserie reste exclusivement une trois portes dans sa définition classique.
L’habitacle poursuit la même logique. Les possibilités de personnalisation comptent presque autant que l’architecture elle-même, avec différents décors, couleurs et ambiances. L’Adam reste cependant une voiture à quatre places, et son coffre d’environ 170 litres rappelle les contraintes imposées par son gabarit. Banquette rabattue, le volume disponible peut atteindre environ 663 litres selon les configurations documentées.
Fiche technique de l’Opel Adam
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Carrosserie | Citadine 3 portes, 4 places |
| Architecture | Moteur transversal avant, traction avant |
| Moteur 1.2 | 4 cylindres atmosphérique, 1 229 cm³, injection multipoint |
| Puissance 1.2 | 70 ch à 5 600 tr/min |
| Couple 1.2 | 115 Nm à 4 000 tr/min |
| Moteur 1.4 atmosphérique | 4 cylindres, 1 398 cm³ |
| Puissances 1.4 atmosphérique | 87 ch ou 100 ch à 6 000 tr/min |
| Couple 1.4 atmosphérique | 130 Nm à 4 000 tr/min |
| Moteur 1.0 Turbo | 3 cylindres, 999 cm³, turbo, injection directe |
| Puissances 1.0 Turbo | 90 ou 115 ch selon version |
| Couple 1.0 Turbo 115 | 170 Nm |
| Moteur Adam S | 1.4 Turbo ECOTEC, 150 ch, 220 Nm |
| Boîtes de vitesses | Manuelle 5 rapports, manuelle 6 rapports avec 1.0 Turbo, Easytronic 5 rapports sur certaines versions |
| Suspension avant | Jambes McPherson |
| Suspension arrière | Essieu semi-rigide à torsion |
| Direction | Crémaillère à assistance électrique |
| Freinage | Disques avant ventilés et, sur certaines versions de base, tambours arrière ; dispositif renforcé sur Adam S |
| Longueur | 3 698 mm pour l’Adam standard |
| Largeur | Environ 1 720 mm hors rétroviseurs |
| Hauteur | Environ 1 484 mm |
| Empattement | 2 311 mm |
| Voies | Environ 1 472 mm à l’avant et 1 464 mm à l’arrière selon configuration |
| Poids à vide | Environ 1 090 à 1 200 kg selon moteur et équipement |
| Roues et pneus | Dimensions variables selon finition ; notamment 185/60 R15 et 195/55 R16 sur certaines versions |
| Coffre | Environ 170 litres ; jusqu’à environ 663 litres banquette rabattue |
| Vitesse maximale | Environ 165 km/h en 1.2 70 ch ; 196 km/h en 1.0 Turbo 115 ch ; 210 km/h pour l’Adam S |
| 0 à 100 km/h | Environ 14,9 s en 1.2 70 ch ; 9,9 s en 1.0 Turbo 115 ch ; 8,5 s pour l’Adam S |
| Consommation mixte homologuée | Environ 4,7 à 6,2 l/100 km selon versions et anciens cycles d’homologation |
| Émissions de CO2 | Environ 108 à 144 g/km selon version |
Des moteurs atmosphériques au trois cylindres turbo
Au lancement, l’Adam s’appuie sur des quatre cylindres essence déjà connus dans l’univers Opel : un 1.2 de 70 ch et un 1.4 proposé notamment avec 87 ou 100 ch. Ces moteurs atmosphériques correspondent à la première phase de carrière. L’évolution technique la plus significative intervient ensuite avec le 1.0 ECOTEC Direct Injection Turbo, un trois cylindres à injection directe disponible notamment en 90 et 115 ch.
Ce moteur inaugure une nouvelle famille mécanique chez Opel. Dans sa variante de 115 ch, il est associé à une boîte manuelle à six rapports et transforme sensiblement les performances de la petite citadine par rapport au 1.2 d’entrée de gamme. La gamme a également proposé, sur certaines versions et certains millésimes, la transmission robotisée Easytronic.
Sous sa carrosserie très personnelle, l’Adam conserve des solutions conventionnelles. Son architecture appartient à la famille technique GM utilisée par d’autres petites voitures du groupe et présente une parenté avec l’Opel Corsa D. Il est néanmoins réducteur de la décrire comme une Corsa simplement raccourcie : son empattement, ses proportions, sa carrosserie et son positionnement ont été définis spécifiquement.
Adam Rocks et Adam S, deux déclinaisons très différentes
La gamme s’élargit avec l’Adam Rocks, qui applique à la petite Opel des codes empruntés aux crossovers. Protections extérieures, présentation spécifique et toit textile coulissant Swing Top lui donnent une identité propre. Cette déclinaison accompagne également l’arrivée du trois cylindres 1.0 Turbo. Malgré son nom, l’Adam Rocks n’a aucun lien direct avec le beaucoup plus récent Opel Rocks-e, petit véhicule électrique apparu après la disparition de l’Adam.
L’Adam S explore une autre direction. Son quatre cylindres 1.4 Turbo développe 150 ch et 220 Nm, avec une vitesse maximale annoncée de 210 km/h. Opel adapte le châssis et renforce le freinage en s’appuyant notamment sur des composants liés à l’Opel Corsa OPC. La présentation extérieure évolue également avec des éléments aérodynamiques spécifiques et un becquet arrière. Une Rocks S combinera ensuite l’apparence de la Rocks avec une définition sportive.
Ces variantes ne doivent pas être confondues avec les simples niveaux de finition de l’Adam classique. Elles modifient soit la carrosserie et le positionnement, soit la mécanique et le châssis. Cette diversité explique également pourquoi dimensions, poids, pneumatiques et performances ne peuvent pas être ramenés à une fiche technique unique valable pour toutes les Adam.
Une carrière prolongée jusque dans le rallye
Opel exploite aussi l’Adam en compétition. L’ADAC Opel Rallye Cup utilise une Adam spécifiquement préparée, tandis que l’Adam R2 constitue une véritable voiture de rallye et non une Adam routière équipée d’accessoires. Sa mécanique 1.6 atmosphérique développe environ 185 ch et s’accompagne d’une boîte séquentielle Sadev à cinq rapports, d’un différentiel autobloquant, de suspensions Reiger et d’un freinage Brembo adapté à la compétition.
Cette activité sportive accompagne une carrière commerciale qui reste concentrée sur une seule génération. Contrairement à la Corsa, l’Adam ne connaît pas de renouvellement complet. Opel arrête sa fabrication à Eisenach en mai 2019, après un peu plus de six années de production de série. Le total de 339 693 exemplaires est avancé par des sources spécialisées consacrées à Opel, sans qu’un décompte constructeur primaire suffisamment précis permette de le considérer ici comme un chiffre officiel définitif.
L’arrêt de l’Adam met également fin à une formule assez particulière dans l’histoire récente d’Opel : une petite trois portes conçue autour de la personnalisation plutôt que du seul rapport entre espace et prix. Sa fabrication dans une usine allemande dédiée à ses nombreuses combinaisons, l’apparition du trois cylindres 1.0 Turbo et le développement de versions aussi différentes que Rocks, S et R2 donnent à cette unique génération une carrière plus variée que son format de citadine ne le laisse supposer.




