L’Opel Agila 2 est la seconde génération de la petite citadine haute d’Opel. Révélée en 2007 et présentée au public au Salon de Francfort la même année, elle arrive dans les concessions au printemps 2008. Avec ses cinq portes, ses cinq places et seulement 3,74 m de long, elle conserve l’idée d’une voiture urbaine particulièrement compacte tout en abandonnant les proportions très cubiques de sa devancière.
Cette génération est étroitement apparentée à la Suzuki Splash. Les deux voitures sont issues de la coopération entre General Motors et Suzuki et sont assemblées dans l’usine Magyar Suzuki d’Esztergom, en Hongrie. L’Agila conserve néanmoins une identité visuelle Opel spécifique et occupe une place particulière dans la gamme, sous l’Opel Corsa, avec une conception privilégiant l’espace intérieur et la facilité d’utilisation en ville.
Une deuxième génération profondément transformée
La première Opel Agila, lancée en 2000, reposait déjà sur un modèle Suzuki, le Wagon R+. Très haute et étroite, elle adoptait une silhouette proche de celle d’un petit monospace. Pour son remplacement, Opel conserve la formule d’une voiture courte à cinq portes, mais modifie nettement ses proportions. L’Agila 2 mesure 3 740 mm de long et 1 680 mm de large pour 1 590 mm de haut. Elle devient donc plus longue et plus large, mais aussi sensiblement plus basse.
Le résultat est une voiture moins utilitaire dans son apparence et davantage intégrée à l’identité Opel de la fin des années 2000. La face avant reçoit de grands projecteurs remontant sur les ailes, une calandre chromée portant l’emblème de la marque et un capot marqué par une nervure centrale. Certains de ces codes rappellent l’Opel Corsa D, contemporaine de l’Agila 2. À l’arrière, les feux verticaux placés haut de part et d’autre du hayon constituent l’un des éléments les plus reconnaissables du modèle.
Malgré cette silhouette plus automobile, l’habitabilité reste au centre du projet. L’empattement de 2 360 mm permet d’installer cinq places dans une carrosserie très courte. Cette recherche d’espace rapproche dans son principe l’Agila de l’Opel Meriva, mais à une échelle nettement inférieure et avec une vocation avant tout urbaine.
Une Opel développée avec Suzuki
L’Agila 2 et la Suzuki Splash partagent leur architecture générale, leurs dimensions essentielles et leur site de fabrication. Cette parenté explique aussi la présence de motorisations d’origine Suzuki parmi les versions essence. Il ne s’agit cependant pas simplement d’une Splash portant un autre emblème : Opel lui donne notamment une face avant, des boucliers et des détails de finition propres afin de l’intégrer à sa gamme.
La voiture est dévoilée en 2007 avant sa première présentation publique à l’IAA de Francfort en septembre. Au lancement, la gamme mécanique comprend trois moteurs. Le petit trois cylindres essence 1.0 développe 65 ch, tandis que le quatre cylindres 1.2 atteint 86 ch. Un 1.3 CDTI de 75 ch complète l’offre avec un turbodiesel à injection directe common rail. Tous peuvent recevoir une boîte manuelle à cinq rapports, tandis qu’une automatique à quatre rapports est proposée avec le 1.2 essence.
La gamme évolue pendant la carrière du modèle. Le 1.0 passe notamment à 68 ch et le 1.2 à 94 ch. Des déclinaisons Start/Stop et ecoFLEX apparaissent afin d’abaisser consommation et émissions de CO2. Une version fonctionnant au GPL est également commercialisée sur certains marchés, dont la France. Ces évolutions expliquent pourquoi les caractéristiques d’une Agila 2 de fin de carrière ne correspondent pas toujours à celles du modèle présenté en 2007.
Fiche technique de l’Opel Agila 2
| Caractéristique | Données |
|---|---|
| Carrosserie | 5 portes, 5 places |
| Architecture | Moteur avant transversal, traction avant |
| Structure | Coque autoporteuse en acier |
| Moteurs au lancement | 1.0 essence 3 cylindres, 1.2 essence 4 cylindres, 1.3 CDTI 4 cylindres |
| Cylindrées | 996 cm3, 1 242 cm3, 1 248 cm3 |
| Puissances au lancement | 65 ch, 86 ch, 75 ch |
| Puissances ultérieures | 1.0 68 ch, 1.2 94 ch |
| Couple au lancement | 1.0 : 90 Nm à 4 800 tr/min ; 1.2 : 114 Nm à 4 400 tr/min ; 1.3 CDTI : 190 Nm à 1 750 tr/min |
| Boîte manuelle | 5 rapports |
| Boîte automatique | 4 rapports sur certaines versions 1.2 |
| Suspension avant | Type pseudo-McPherson avec barre stabilisatrice |
| Suspension arrière | Essieu de torsion avec ressorts hélicoïdaux |
| Direction | À crémaillère avec assistance électrique |
| Freins | Disques ventilés à l’avant, tambours à l’arrière, ABS |
| Pneumatiques documentés | 165/70 R14 ou 185/60 R15 selon finition |
| Longueur | 3 740 mm |
| Largeur | 1 680 mm hors rétroviseurs, 1 932 mm avec rétroviseurs |
| Hauteur | 1 590 mm |
| Empattement | 2 360 mm |
| Voie avant | 1 470 mm |
| Voie arrière | 1 480 mm |
| Poids | À partir d’environ 1 050 kg selon version et équipement |
| Vitesse maximale au lancement | 160 km/h en 1.0 ; 175 km/h en 1.2 manuel ; 165 km/h en 1.3 CDTI ; 170 km/h en 1.2 automatique |
| 0 à 100 km/h au lancement | 14,7 s en 1.0 ; 12,3 s en 1.2 manuel ; 13,9 s en 1.3 CDTI ; 14,8 s en 1.2 automatique |
| Consommation mixte homologuée au lancement | 5,0 l/100 km en 1.0 ; 5,5 l/100 km en 1.2 manuel ; 4,5 l/100 km en 1.3 CDTI ; 5,9 l/100 km en 1.2 automatique |
| Émissions de CO2 au lancement | 120 à 142 g/km selon motorisation et transmission |
| Réservoir | 45 litres |
| Volume de coffre | 225 litres sous cache-bagages ; jusqu’à 1 050 litres sièges rabattus et chargement jusqu’au toit |
| Diamètre de braquage | 9,6 m entre trottoirs, 10,0 m entre murs |
| Coefficient aérodynamique | Cx 0,35 |
Trois motorisations pour des usages différents
Le 1.0 constitue la proposition la plus simple de la gamme. Son architecture à trois cylindres et sa puissance modeste correspondent avant tout à l’utilisation urbaine pour laquelle l’Agila a été conçue. Le 1.2 à quatre cylindres offre davantage de polyvalence et constitue également la seule motorisation initialement disponible avec une transmission automatique. Son évolution à 94 ch améliore ensuite les performances sans modifier profondément le positionnement de la voiture.
Le 1.3 CDTI se distingue surtout par son couple de 190 Nm disponible à bas régime et par sa consommation homologuée inférieure à celle des moteurs essence de lancement. Cette motorisation prend davantage de sens pour un conducteur effectuant régulièrement des trajets routiers, alors que l’Agila reste fondamentalement une petite voiture destinée aux déplacements quotidiens. La diversité de l’offre mécanique illustre toutefois l’ambition d’Opel de ne pas limiter le modèle au seul rôle de seconde voiture urbaine.
Les versions apparues plus tard mettent davantage l’accent sur la réduction des émissions. Avec le Start/Stop et les évolutions des moteurs essence, certaines Agila 2 descendent autour de 5 l/100 km en cycle mixte homologué. Ces valeurs appartiennent aux anciens cycles d’homologation et ne sont donc pas directement comparables aux mesures WLTP employées sur les voitures actuelles.
Une petite voiture pensée autour de l’espace
Les dimensions extérieures constituent l’un des principaux intérêts de l’Agila 2. Avec 3,74 m de long et un diamètre de braquage inférieur à dix mètres entre trottoirs, elle reste adaptée aux rues étroites et aux manœuvres. Sa hauteur de 1,59 m permet parallèlement d’offrir une position d’assise relativement élevée et de dégager davantage d’espace vertical que dans une citadine conventionnelle de longueur comparable.
Le coffre offre 225 litres sous le cache-bagages selon la documentation Opel. Lorsque les sièges arrière sont rabattus, le volume peut atteindre 1 050 litres avec un chargement jusqu’au toit. Certaines publications donnent des capacités légèrement différentes, notamment 195 litres pour le coffre, en raison de méthodes de mesure ou de configurations distinctes. Pour caractériser le modèle dans sa configuration de référence, les chiffres publiés par Opel lors de son lancement sont les plus cohérents.
L’intérieur privilégie la simplicité et l’exploitation de l’espace disponible plutôt qu’une présentation luxueuse. La banquette arrière fractionnable sur les versions équipées facilite le transport d’objets encombrants sans transformer la voiture en véritable monospace. L’Agila 2 conserve ainsi l’avantage essentiel de la première génération, une carrosserie courte offrant un habitacle relativement généreux, tout en adoptant une position de conduite et un style plus proches d’une citadine classique.
De l’Agila 2 à l’Opel Karl
La carrière de l’Agila 2 se déroule principalement entre 2008 et 2014. Certaines bases de données françaises répertorient encore des millésimes ou mises en circulation postérieurs, ce qui peut donner l’impression d’une production prolongée jusqu’en 2015 ou 2016. Les informations disponibles sur la fabrication situent toutefois l’arrêt de la production en 2014, les dates plus tardives correspondant notamment à la commercialisation et à l’immatriculation de véhicules restant en stock.
Une source spécialisée consacrée à Opel avance un total de 220 211 Agila B produites, mais ce chiffre n’est pas suffisamment étayé par une archive constructeur pour être considéré comme un total officiel incontestable. La seconde génération reste en tout cas beaucoup moins diffusée que certaines citadines Opel, son positionnement particulier et sa parenté avec la Suzuki Splash l’ayant maintenue dans une niche de petite voiture haute et pratique.
Après son retrait, Opel change d’approche pour son entrée de gamme. L’Opel Karl, lancée en 2015, prend sa place parmi les plus petites voitures de la marque sans poursuivre la coopération industrielle avec Suzuki qui avait caractérisé les deux générations d’Agila. L’arrêt de l’Agila 2 marque ainsi la fin d’une lignée Opel dont les deux générations avaient été développées autour d’une base technique japonaise et d’un objectif commun : offrir cinq portes et un habitacle exploitable dans le minimum d’encombrement.




