L’Ultima GTR est une supercar britannique à moteur central arrière apparue en 1999. Construite par Ultima Sports à Hinckley, en Angleterre, elle se distingue par son châssis tubulaire, sa carrosserie légère en matériaux composites et ses motorisations V8 Chevrolet. Conçue pour offrir des performances comparables à celles de voitures de compétition, elle privilégie la puissance mécanique, la légèreté et les sensations de conduite plutôt que les équipements électroniques. Proposée notamment sous forme de kit à assembler, elle a évolué au fil des années jusqu’à donner naissance à des configurations dépassant 700 chevaux.
Origines et histoire de l’Ultima GTR
L’histoire de l’Ultima GTR remonte aux années 1980, lorsque l’ingénieur britannique Lee Noble développe une série de voitures de sport à moteur central destinées principalement à la compétition. Parmi ses premières réalisations figure l’Ultima Mk1, qui pose les bases d’une formule technique reposant sur un châssis léger, une mécanique puissante et une carrosserie inspirée des prototypes d’endurance.
Cette philosophie se perfectionne avec les générations suivantes, notamment l’Ultima Mk3. Au début des années 1990, Ted et Richard Marlow reprennent l’activité Ultima et poursuivent le développement de ces voitures sous la marque Ultima Sports. Leur objectif consiste à transformer une architecture initialement pensée pour la piste en une sportive pouvant également être utilisée sur route.
En 1999, l’Ultima GTR succède à l’Ultima Sport. Elle en conserve les principes fondamentaux, notamment le moteur central arrière, la propulsion et la structure tubulaire en acier, mais bénéficie d’une carrosserie redessinée et d’une présentation modernisée. Sa silhouette reste immédiatement reconnaissable, avec un habitacle avancé, un nez plongeant et une partie arrière particulièrement large.
Contrairement aux supercars produites par les grands constructeurs, l’Ultima GTR n’est pas associée à une motorisation unique. Elle constitue une plateforme adaptable, permettant de choisir différentes configurations de moteurs, de transmissions et d’équipements. Cette particularité explique les écarts importants entre les fiches techniques publiées au cours de sa carrière.
La GTR demeure au catalogue pendant une grande partie des années 2000 et au début des années 2010. En 2015, le constructeur présente l’Ultima Evolution, destinée à prendre sa succession commerciale. Certaines bases automobiles prolongent toutefois la période de production de la GTR jusqu’en 2016.
Design et architecture d’une supercar inspirée de la compétition
L’Ultima GTR adopte une carrosserie de coupé deux portes et deux places, caractérisée par des proportions particulièrement basses. Sa longueur d’environ quatre mètres contraste avec sa largeur de 1,85 mètre et sa hauteur de seulement 1,07 mètre. Ces dimensions contribuent à son apparence de prototype de course et à son centre de gravité très bas.
À l’avant, le capot plongeant est encadré par des ailes fortement galbées qui intègrent les projecteurs sous des protections transparentes. Le pare-brise très incliné se prolonge vers un toit compact, tandis que les portes à ouverture papillon facilitent l’accès à l’habitacle malgré la faible hauteur du véhicule. Les importantes prises d’air latérales participent au refroidissement des organes mécaniques installés derrière les occupants.
La partie arrière est dominée par les larges passages de roues, les ouvertures de ventilation et un imposant aileron sur de nombreuses configurations. Les pneumatiques arrière particulièrement larges soulignent la vocation sportive de la voiture et permettent de transmettre au sol la puissance des moteurs V8.
Sous cette carrosserie en composite se trouve un châssis tubulaire en acier de type spaceframe. Cette construction permet d’obtenir une structure rigide sans recourir à une coque monocoque en carbone particulièrement coûteuse. Les panneaux de carrosserie en polyester renforcé de fibres de verre contribuent également à limiter la masse totale.
Le moteur est installé longitudinalement derrière les sièges, devant l’essieu arrière. Cette disposition favorise la motricité et réduit les moments d’inertie par rapport à une architecture à moteur avant. Associée à une suspension indépendante à doubles triangles aux quatre roues, elle permet de rechercher une grande précision de comportement, notamment sur circuit.
L’habitacle privilégie une présentation fonctionnelle. La position de conduite est basse, l’instrumentation reste orientée vers les informations essentielles et l’environnement intérieur reflète la conception artisanale du modèle. Le niveau de finition et les équipements peuvent toutefois varier sensiblement selon que la voiture a été assemblée par le constructeur ou par son propriétaire.
Motorisations V8 Chevrolet et performances
L’Ultima GTR utilise principalement des moteurs V8 Chevrolet d’origine américaine. Ces mécaniques atmosphériques, réputées pour leur couple important et leur architecture relativement compacte, s’accordent avec la philosophie du constructeur britannique. Leur préparation et leur cylindrée varient selon les exemplaires, ce qui permet d’obtenir des niveaux de puissance très différents à partir d’une même base automobile.
Les premières configurations documentées comprennent notamment un V8 de 5,7 litres développant environ 350 à 355 chevaux. D’autres versions reçoivent des moteurs préparés nettement plus puissants. Le spécialiste américain American Speed participe notamment à la fourniture de mécaniques destinées aux voitures les plus performantes.
La transmission repose sur une boîte-pont manuelle, souvent d’origine Porsche. La boîte G50 à cinq rapports équipe notamment la célèbre GTR 640. Cette solution permet d’associer un moteur Chevrolet à une transmission adaptée à l’implantation centrale arrière. La puissance est transmise exclusivement aux roues arrière.
La GTR 640, mise en avant en 2005, constitue l’une des configurations les plus célèbres. Son V8 atmosphérique développe 640 bhp, soit environ 649 chevaux métriques. Avec une masse proche d’une tonne, cette puissance procure un rapport poids-puissance particulièrement élevé. Le constructeur démontre alors qu’une voiture dépourvue d’aides électroniques sophistiquées peut atteindre des performances exceptionnelles grâce à sa conception mécanique.
En 2006, l’Ultima GTR720 pousse encore plus loin cette formule. Dotée d’un V8 annoncé à 720 bhp, elle améliore plusieurs records d’accélération et de freinage établis par la GTR 640. Cette évolution illustre les possibilités offertes par le châssis Ultima, capable d’accueillir des motorisations de puissance très élevée sans transformation radicale de son architecture.
Les performances varient donc considérablement d’une GTR à l’autre. Certaines fiches attribuent aux configurations de base un 0 à 100 km/h inférieur à quatre secondes, tandis que les versions les plus puissantes atteignent des valeurs nettement plus rapides. Les vitesses maximales théoriques dépassant 370 km/h parfois publiées pour les versions extrêmes ne doivent pas être confondues avec des records de vitesse officiellement mesurés.
Fiche technique de l’Ultima GTR
| Caractéristique | Ultima GTR |
|---|---|
| Constructeur | Ultima Sports Ltd |
| Pays d’origine | Royaume-Uni |
| Lieu de fabrication | Hinckley, Leicestershire |
| Année de lancement | 1999 |
| Période de production | 1999 à 2015 environ, certaines sources indiquant 2016 |
| Catégorie | Supercar, coupé sportif |
| Carrosserie | Coupé deux portes |
| Nombre de places | 2 |
| Structure | Châssis tubulaire en acier |
| Matériaux de carrosserie | Composite renforcé de fibres de verre |
| Architecture moteur | V8 Chevrolet essence à 90° |
| Implantation moteur | Centrale arrière longitudinale |
| Cylindrée | Variable, notamment 5,7 litres et environ 6,3 litres selon les configurations |
| Distribution | Arbre à cames central, 2 soupapes par cylindre sur les V8 Chevrolet OHV concernés |
| Alimentation | Injection électronique selon motorisation |
| Suralimentation | Atmosphérique sur les principales versions de référence |
| Puissance | Environ 350 à plus de 700 ch selon version |
| GTR 640 | 640 bhp, environ 649 ch métriques |
| GTR 720 | 720 bhp, environ 730 ch métriques |
| Couple | Variable selon préparation, 759 Nm mentionnés pour une configuration GTR 640 |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte de vitesses | Manuelle, notamment Porsche G50 à 5 rapports |
| Suspension avant | Indépendante à doubles triangles |
| Suspension arrière | Indépendante à doubles triangles |
| Amortissement | Ressorts hélicoïdaux et amortisseurs réglables |
| Direction | À crémaillère |
| Freinage | Disques ventilés aux quatre roues, équipements variables |
| ABS | Absent sur les voitures officielles de record |
| Jantes | 18 pouces sur plusieurs configurations |
| Pneumatiques avant | 235/45 ZR18 ou 245/35 ZR18 selon configuration |
| Pneumatiques arrière | 335/30 ZR18 sur plusieurs versions |
| Longueur | 4 000 mm |
| Largeur | 1 850 mm |
| Hauteur | 1 070 mm |
| Empattement | 2 560 mm |
| Poids | Environ 950 à 1 050 kg selon configuration et équipement |
| 0 à 100 km/h | Environ 3,9 s pour certaines versions de 355 ch, valeurs inférieures pour les versions puissantes |
| Vitesse maximale | Environ 253 km/h pour certaines versions de base, davantage pour les configurations puissantes |
| Record GTR 640 | 0 à 100 à 0 mph en 10,3 s |
| Record GTR 720 | 0 à 100 à 0 mph en 9,4 s |
| Commercialisation | Kit à assembler ou véhicule complet selon configuration et marché |
Records d’accélération et exploits de l’Ultima GTR
La réputation internationale de l’Ultima GTR repose en grande partie sur les performances chronométrées réalisées par les voitures de démonstration du constructeur. Plutôt que de rechercher uniquement la vitesse maximale, Ultima choisit notamment de mesurer l’exercice du 0 à 100 à 0 mph, soit une accélération jusqu’à environ 161 km/h suivie d’un freinage jusqu’à l’arrêt complet.
En 2005, la GTR 640 accomplit cet exercice en 10,3 secondes. La voiture atteint 60 mph, soit environ 97 km/h, en 2,8 secondes et 100 mph en 5,9 secondes. Ces performances sont obtenues avec un moteur atmosphérique, une boîte manuelle et des pneumatiques routiers, sans contrôle de traction ni système antiblocage des roues.
Les mesures sont réalisées avec un équipement spécialisé et sous la supervision d’un représentant de Datron Technology. Cette instrumentation apporte un cadre technique aux résultats publiés par Ultima, même si les conditions exactes de chaque essai restent importantes pour comparer les performances avec celles d’autres constructeurs.
L’année suivante, la GTR 720 améliore le temps du 0 à 100 à 0 mph à 9,4 secondes. Elle réalise également le 0 à 60 mph en 2,6 secondes, le 0 à 100 mph en 5,3 secondes et le quart de mile départ arrêté en 9,9 secondes, avec une vitesse de passage annoncée à 143 mph, soit environ 230 km/h.
Le constructeur publie également une accélération latérale de 1,176 g sur une piste circulaire de 200 pieds de diamètre. Cette mesure met en évidence les capacités d’adhérence de la voiture, liées à son centre de gravité bas, à ses suspensions indépendantes et à ses pneumatiques très larges.
Ces résultats ont contribué à faire connaître Ultima au-delà du cercle des passionnés de voitures artisanales. Ils ont également permis à la marque de confronter ses performances à celles de supercars beaucoup plus coûteuses. Il s’agit cependant de résultats historiques obtenus sur des véhicules précisément préparés, et non de performances garanties pour chaque exemplaire commercialisé.
La GTR possède également une présence en compétition automobile, notamment à travers des voitures modifiées pour les courses sur circuit et l’endurance britannique. Ces engagements prolongent la vocation sportive de son architecture, même si les exemplaires engagés peuvent différer sensiblement des configurations routières.
Production artisanale, prix et particularités de la GTR
L’une des grandes originalités de l’Ultima GTR réside dans son mode de commercialisation. Le constructeur propose des ensembles de composants permettant à un propriétaire d’assembler lui-même sa voiture, mais également des solutions de construction plus complètes. Cette approche rend possible une personnalisation mécanique importante tout en conservant la structure fondamentale conçue par Ultima Sports.
Le choix du moteur, de la boîte de vitesses, des équipements et des finitions influence directement le coût final. Il explique également pourquoi deux GTR visuellement proches peuvent présenter des performances, un comportement et une valeur très différents. Les voitures construites à partir de kits demandent une attention particulière à la qualité de l’assemblage, aux réglages de suspension et à l’installation des composants mécaniques.
Les prix d’époque ne correspondent donc pas à un tarif unique. Une fiche française de GTR 640 du milieu des années 2000 mentionne un montant de 100 000 euros, mais celui-ci ne peut pas être considéré comme le prix officiel de toutes les Ultima GTR. Le coût d’un kit incomplet, celui d’une voiture assemblée personnellement et celui d’un exemplaire terminé par des professionnels répondent à des réalités différentes.
La situation administrative constitue un autre élément déterminant. Une Ultima GTR destinée à circuler sur route doit répondre aux exigences d’immatriculation applicables dans son pays. Pour une voiture assemblée individuellement, les démarches peuvent être différentes de celles d’un véhicule industriel disposant d’une réception européenne de série. En France, la conformité et les documents propres à chaque exemplaire doivent donc être examinés avant toute acquisition.
La production artisanale rend également difficile l’établissement d’un volume total incontestable. Ultima a fabriqué et fourni des châssis et des composants sur plusieurs années, mais les exemplaires achevés peuvent présenter des configurations très différentes. La traçabilité du châssis, l’historique de construction et les factures des principaux éléments mécaniques jouent ainsi un rôle essentiel dans l’identification d’une voiture.
Sur le marché de la collection, une GTR ne s’évalue pas uniquement d’après son année ou sa puissance annoncée. L’origine de la motorisation, l’état du châssis, la qualité du montage, les modifications éventuelles et la situation administrative influencent fortement son intérêt. Une voiture utilisée sur circuit doit notamment faire l’objet d’un examen attentif de sa structure, de ses trains roulants et de sa transmission.
Après la fin de la carrière commerciale de la GTR, Ultima poursuit cette formule de sportive légère avec de nouveaux modèles. L’Ultima RS adopte ainsi une carrosserie profondément renouvelée et des motorisations V8 Chevrolet plus modernes. Elle appartient toutefois à une génération ultérieure et ne doit pas être confondue avec la GTR apparue en 1999.
