Ferrari 250 LM

FERRARI 250 LM

Origine et conception

La Ferrari 250 LM apparaît en 1963 au Salon de Paris. Le sigle LM signifie Le Mans, rappelant immédiatement la vocation d’endurance de cette berlinette à moteur central. Pensée comme une version fermée de la 250 P, elle reprend le châssis de prototype et la base mécanique V12 de la famille 250, mais habillée d’une carrosserie de coupé compact.

Ferrari souhaite à l’origine faire homologuer la 250 LM en Grand Tourisme afin qu’elle succède à la 250 GTO. La FIA refuse et la classe dans la catégorie prototype. Cette décision l’oblige à affronter les prototypes les plus avancés du plateau, tout en prolongeant la carrière de la GTO dans la catégorie GT. Malgré ce handicap réglementaire, la 250 LM va construire un palmarès d’exception.

Production et rareté

Entre 1963 et 1966, Ferrari produit au total 32 exemplaires de la 250 LM. Tous sont assemblés à Maranello sur un châssis tubulaire de type prototype, avec une carrosserie de berlinette deux places dessinée par Pininfarina et réalisée en aluminium par Scaglietti. Certains châssis sont utilisés en compétition pure, d’autres livrés à des clients pour un usage mêlant route et circuit, mais tous partagent les mêmes grandes caractéristiques techniques.

La 250 LM se situe à la frontière entre voiture d’usine et GT client. Elle est directement liée au programme compétition de Ferrari, mais accessible à quelques écuries privées prestigieuses comme le North American Racing Team ou la Scuderia Filipinetti. Cette diffusion limitée et très ciblée contribue à son statut de voiture de légende.

V12 Colombo et caractéristiques mécaniques

La Ferrari 250 LM reçoit un V12 Colombo à soixante degrés en position centrale arrière longitudinale. Par rapport aux 250 GT antérieures, sa cylindrée est portée à environ trois virgule trois litres afin d’augmenter la puissance tout en conservant la souplesse et la fiabilité qui font la réputation des V12 Ferrari.

  • Type de moteur : V12 Colombo à soixante degrés
  • Cylindrée totale : 3 285,72 centimètres cubes
  • Alésage et course : 77 millimètres et 58,8 millimètres
  • Compression : 9,7 pour 1
  • Distribution : un arbre à cames en tête par banc avec deux soupapes par cylindre
  • Alimentation : six carburateurs Weber de type 38 ou 40 DCN double corps
  • Puissance maximale : environ 320 chevaux à 7 500 tours par minute
  • Puissance spécifique : proche de 97 chevaux par litre
  • Allumage : une bougie par cylindre avec deux bobines
  • Lubrification : carter sec
  • Boîte de vitesses : manuelle à cinq rapports plus marche arrière
  • Transmission : propulsion avec moteur central arrière
  • Embrayage : monodisque

Avec environ 320 chevaux pour environ 820 kilogrammes, la 250 LM affiche un rapport poids puissance supérieur à celui de la 250 GTO. Le moteur bénéficie d’une grande disponibilité à moyen et haut régime, ce qui facilite les relances sur les circuits rapides et les longues lignes droites des épreuves d’endurance.

Châssis, suspensions et freinage

Le châssis de la 250 LM est un cadre tubulaire en acier de type 577, dérivé de celui des prototypes à moteur central. L’empattement de 2 400 millimètres est identique à celui de la 250 GT SWB et de la 250 GTO, mais la position centrale du moteur modifie profondément la répartition des masses et le comportement routier.

Les suspensions sont entièrement indépendantes. À l’avant, des triangles superposés de longueur inégale travaillent avec des ressorts hélicoïdaux, des amortisseurs télescopiques Koni et une barre antiroulis. À l’arrière, on retrouve des triangles superposés, des ressorts hélicoïdaux, des amortisseurs télescopiques et une barre antiroulis. Le freinage est confié à des freins à disque Dunlop sur les quatre roues, avec de grands disques ventilés adaptés à l’endurance. La direction à crémaillère assure une grande précision, et un réservoir d’environ 130 litres permet de longs relais en course.

Les jantes de quinze pouces reçoivent à l’origine des pneus de type 5,50 par 15 à l’avant et 7,00 par 15 à l’arrière. Cette combinaison favorise la motricité et la stabilité tout en préservant l’agilité de la voiture dans les portions sinueuses.

Dimensions, poids et performances

La Ferrari 250 LM adopte une carrosserie de berlinette deux places extrêmement compacte et basse. Les proportions sont étudiées pour réduire la traînée aérodynamique et offrir une bonne stabilité à très haute vitesse, sans sacrifier la maniabilité.

  • Longueur : environ 4 090 millimètres
  • Largeur : environ 1 700 millimètres
  • Hauteur : environ 1 115 millimètres
  • Empattement : 2 400 millimètres
  • Voie avant : environ 1 350 millimètres
  • Voie arrière : environ 1 340 millimètres
  • Poids à sec : environ 820 kilogrammes selon Ferrari certaines sources indiquent jusqu’à 850 kilogrammes selon la configuration
  • Vitesse maximale annoncée : proche de 287 kilomètres par heure avec des valeurs approchant parfois 290 kilomètres par heure
  • Accélération estimation : environ 4,5 à 5 secondes de zéro à cent kilomètres par heure en configuration course et autour de 6,1 secondes pour une valeur plus conservatrice

Grâce à son moteur central, son poids contenu et son aérodynamique soignée, la 250 LM se révèle plus rapide et plus efficace qu’une 250 GTO sur la plupart des circuits, tout en restant relativement docile pour un pilote expérimenté.

Carrière sportive et palmarès

Malgré son absence d’homologation en GT, la Ferrari 250 LM va écrire l’une des pages les plus célèbres de l’histoire de la marque. Elle est engagée à la fois par la Scuderia Ferrari et par de grandes écuries privées. Dès 1964, elle remporte des victoires importantes comme les 12 Heures de Reims ou les 9 Heures de Kyalami, confirmant son potentiel en endurance.

Le moment le plus marquant survient aux 24 Heures du Mans 1965. Une 250 LM, châssis 5893, engagée par le North American Racing Team, triomphe au classement général avec Masten Gregory et Jochen Rindt au volant. C’est la dernière victoire Ferrari au général au Mans pendant de nombreuses décennies et la seule obtenue par une 250 LM engagée par une équipe privée. Les autres 250 LM se classent aussi très bien et permettent à Ferrari de signer un résultat d’ensemble remarquable.

Prix d’époque et valeur actuelle

À l’époque de sa sortie, la Ferrari 250 LM n’est pas proposée avec un tarif catalogue standard comme une GT de route. Il s’agit d’une voiture de compétition très exclusive, vendue au cas par cas à quelques écuries ou clients privilégiés. On sait qu’elle était plus coûteuse qu’une 250 GTO, mais les montants précis restent liés à des négociations privées et au niveau de soutien technique accordé par l’usine.

Sur le marché de la collection moderne, la 250 LM fait partie du cercle très fermé des Ferrari aux valeurs à huit chiffres. Les ventes publiques des années récentes montrent des adjudications comprises entre environ neuf et dix huit millions de dollars selon l’historique du châssis. La voiture victorieuse au Mans en 1965 atteint quant à elle des montants encore plus élevés, aux alentours de la trentaine de millions en équivalent monétaire moderne, ce qui place la 250 LM parmi les Ferrari les plus chères et les plus recherchées au monde.