Une Ferrari pensée pour la fiscalité italienne
La Ferrari GTB Turbo est présentée en 1986.
Elle est développée principalement pour le marché italien, où les moteurs de plus de deux litres sont lourdement taxés.
Pour contourner cette fiscalité sans renoncer aux performances, Ferrari conçoit un V8 de deux litres seulement, mais suralimenté par un turbocompresseur.
La GTB Turbo reprend le style et le châssis de la 328 GTB, tout en adoptant une mécanique très spécifique.
Produite jusqu en 1989 à un peu plus de trois cents exemplaires, la Ferrari GTB Turbo reste l une des berlinettes les plus rares de la marque.
Elle combine l esthétique élégante et équilibrée des V8 des années quatre vingt avec un caractère moteur explosif, typique des premières Ferrari de route turbocompressées.
Dimensions et gabarit
Visuellement, la GTB Turbo se rapproche beaucoup d une 328 GTB.
Elle conserve le format de berlinette compacte à deux places, dotée d un moteur en position centrale arrière transversale.
Son châssis tubulaire en acier reçoit une carrosserie dessinée par Pininfarina, avec des proportions basses et ramassées qui favorisent l efficacité aérodynamique.
- Longueur d environ 4 255 mm
- Largeur d environ 1 730 mm
- Hauteur d environ 1 128 mm
- Empattement d environ 2 350 mm
- Voie avant proche de 1 485 mm et voie arrière d environ 1 465 mm
- Poids à sec voisin de 1 265 kg
Ce gabarit compact, associé à des voies larges et à une hauteur réduite, donne une voiture très stable et agile.
La GTB Turbo conserve ainsi le comportement précis et joueur des berlinettes V8 Ferrari de cette génération, tout en y ajoutant la poussée caractéristique de la suralimentation.
Design extérieur et détails spécifiques
Le style de la Ferrari GTB Turbo reprend celui de la 328, avec des pare chocs intégrés couleur carrosserie, une face avant plus arrondie que celle des 308 et des lignes globalement adoucies.
Certaines touches permettent cependant de distinguer la version turbo, comme les prises d air supplémentaires, les ouvertures spécifiques pour les échangeurs et quelques détails de finition propres au modèle.
À l arrière, on retrouve les quatre feux ronds sous une grille noire, signature de nombreuses Ferrari de l époque.
Le capot moteur ajouré et les prises d air latérales alimentent le V8 et son turbocompresseur en air frais.
L ensemble conserve une élégance typiquement italienne avec une pointe d agressivité technique qui rappelle le lien avec la compétition.
Habitacle et poste de conduite
L habitacle de la GTB Turbo est identique dans l esprit à celui des 328.
Deux sièges baquets recouverts de cuir accueillent conducteur et passager dans une position de conduite basse, les jambes légèrement allongées.
Le volant trois branches et la grille métallique de la boîte de vitesses rappellent immédiatement que l on se trouve à bord d une Ferrari.
Le tableau de bord propose une instrumentation complète, à laquelle s ajoute un manomètre de pression de suralimentation pour surveiller le travail du turbo.
La console centrale regroupe les commandes de climatisation, les leviers de ventilation et les interrupteurs de fonctions électriques.
L ambiance est sportive mais suffisamment confortable pour envisager de longs trajets, surtout à deux.
V8 2,0 litres turbocompressé
Le cœur de la Ferrari GTB Turbo est un V8 de seulement deux litres de cylindrée, monté en position centrale arrière transversale.
Pour compenser cette faible cylindrée, Ferrari utilise un turbocompresseur IHI associé à un échangeur air air et à une injection mécanique Bosch K Jetronic.
Le taux de compression est abaissé afin de supporter la suralimentation, mais la puissance spécifique atteint un niveau remarquable pour l époque.
- Cylindrée totale d environ 1 991 cm³
- Architecture V8 à 90 degrés en alliage léger, monté en position centrale arrière transversale
- Distribution par deux arbres à cames en tête par rangée et 16 soupapes
- Alimentation par injection mécanique Bosch K Jetronic avec turbocompresseur IHI et intercooler
- Taux de compression proche de 7,5 pour 1
- Puissance maximale voisine de 254 ch à 6 500 tr/min
- Couple maximal d environ 328 Nm autour de 4 100 tr/min
- Vitesse maximale proche de 253 km/h
- Accélération de 0 à 100 km/h en environ six secondes et quelques dixièmes
La boîte de vitesses manuelle à cinq rapports, commandée par le levier à grille, transmet la puissance aux seules roues arrière via un différentiel à glissement limité.
Le caractère moteur est marqué par un certain temps de réponse à bas régime, puis par une poussée franche lorsque le turbo atteint sa pleine charge, ce qui donne à la GTB Turbo une personnalité très différente d une 328 atmosphérique.
Châssis, trains roulants et freinage
La GTB Turbo repose sur un châssis en treillis tubulaire d acier très proche de celui de la 328, avec un berceau arrière supportant moteur, boîte et suspension.
Les quatre roues bénéficient d une suspension indépendante à triangles superposés, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques, complétée par des barres antiroulis.
Ce dispositif confère à la voiture un comportement précis et équilibré.
La direction à crémaillère offre un ressenti direct et communicatif une fois la voiture en mouvement, même si elle demande un peu d effort en manœuvre.
Les freins à disques ventilés aux quatre roues assurent un freinage performant, capable de contenir les vitesses élevées que peut atteindre la berlinette.
Les pneus larges montés sur jantes alliage de seize pouces garantissent une bonne motricité et une adhérence élevée en virage.
Production et place dans l histoire Ferrari
Produite entre 1986 et 1989 à environ 308 exemplaires, la Ferrari GTB Turbo fait partie des modèles les plus rares de la famille des V8 transversaux de Maranello.
Destinée d abord au marché italien pour des raisons fiscales, elle est aujourd hui très recherchée par les passionnés en raison de sa combinaison unique entre style de 328 et mécanique turbo spécifique.
À la fois héritière des 208 GTB Turbo et sœur technique de la 328 GTB, la GTB Turbo occupe une place à part dans l histoire Ferrari.
Elle illustre la manière dont la marque a su adapter sa mécanique aux contraintes fiscales de son marché d origine tout en préservant l essence de ce qui fait une Ferrari, c est à dire un châssis précis, un moteur expressif et un style immédiatement reconnaissable.












