Présentée en 1985, la Ferrari 3.2 Mondial est une berlinette 2+2 à moteur V8 central arrière. Elle associe quatre places, une boîte manuelle à cinq rapports et un moteur atmosphérique de 3,2 litres développant 270 ch dans sa configuration européenne. Plus puissante que la Mondial Quattrovalvole, elle constitue l’avant-dernière évolution de la famille Mondial avant l’arrivée de la Mondial T en 1989.
Une évolution majeure de la gamme Mondial
La lignée débute avec la Ferrari Mondial 8, conçue comme une sportive à moteur central capable d’accueillir deux passagers supplémentaires. Cette architecture 2+2 distingue la Mondial des berlinettes Ferrari strictement biplaces, tout en conservant une mécanique installée derrière l’habitacle.
La 3.2 Mondial succède à la Ferrari Mondial Quattrovalvole. Le passage à une cylindrée de 3 185,76 cm³ porte la puissance de 240 à 270 ch. Cette progression s’accompagne de retouches esthétiques, de feux redessinés, d’une ergonomie intérieure revue et de finitions améliorées.
Le modèle reste fidèle au principe de la Mondial: proposer une Ferrari utilisable à quatre, sans renoncer au moteur V8 atmosphérique ni à la position centrale arrière. Les sièges postérieurs sont plus adaptés à des enfants ou à des trajets courts qu’à quatre adultes voyageant longtemps, mais ils renforcent la polyvalence de l’auto et offrent un espace complémentaire pour les bagages.
Un V8 atmosphérique de 3,2 litres
Le moteur est un V8 ouvert à 90 degrés, monté transversalement en position centrale arrière. Il dispose de quatre soupapes par cylindre et de deux arbres à cames en tête pour chaque rangée de cylindres. Son alimentation repose sur une injection mécanique Bosch K-Jetronic, tandis que l’allumage électronique est confié à un système Marelli Microplex.
Dans sa définition européenne, le V8 développe 270 ch à 7 000 tr/min et un couple maximal de 304 Nm à 5 500 tr/min. Son taux de compression atteint 9,8:1. La puissance est transmise aux roues arrière par une boîte manuelle à cinq rapports, complétée par une marche arrière.
| Caractéristique | Ferrari 3.2 Mondial |
|---|---|
| Architecture | V8 atmosphérique à 90 degrés, central arrière transversal |
| Cylindrée | 3 185,76 cm³ |
| Distribution | 32 soupapes, quatre arbres à cames en tête |
| Puissance | 270 ch à 7 000 tr/min |
| Couple | 304 Nm à 5 500 tr/min |
| Transmission | Propulsion, boîte manuelle à cinq rapports |
| Vitesse maximale annoncée | 250 km/h |
| 0 à 100 km/h annoncé | 7,4 secondes |
| Poids à sec annoncé | 1 410 kg |
Des performances de grande routière sportive
Ferrari annonçait une vitesse maximale de 250 km/h et un passage de 0 à 100 km/h en 7,4 secondes. Le constructeur communiquait également un temps de 14,6 secondes sur 400 mètres départ arrêté et de 27,2 secondes sur un kilomètre départ arrêté.
Ces valeurs doivent être replacées dans le contexte du milieu des années 1980. La 3.2 Mondial n’a pas été conçue comme une voiture de compétition homologuée pour la route, mais comme une sportive de grand tourisme offrant davantage d’espace et de confort qu’une Ferrari biplace. Son poids à sec annoncé de 1 410 kg explique en partie des accélérations moins brutales que celles de modèles plus légers, malgré la puissance respectable du V8.
La disposition transversale du moteur et de la boîte permet de contenir la longueur de l’ensemble mécanique. Elle contribue ainsi à préserver l’empattement et l’espace nécessaire aux deux places arrière, sans transformer la voiture en coupé à moteur avant.
Dimensions et architecture du châssis
La Ferrari 3.2 Mondial mesure 4 535 mm de long, 1 795 mm de large et 1 235 mm de haut. Son empattement atteint 2 650 mm. Le réservoir de carburant affiche une capacité de 80 litres, une valeur cohérente avec la vocation routière du modèle.
Le châssis repose sur une structure tubulaire en acier. Les quatre roues bénéficient de suspensions indépendantes à triangles superposés, associées à des ressorts hélicoïdaux et à des barres antiroulis. La direction adopte un mécanisme à crémaillère et le freinage est assuré par quatre disques.
Cette conception reste classique pour une Ferrari de cette période. Elle privilégie une géométrie de suspension élaborée et une répartition des masses liée au moteur central, tout en conservant une structure suffisamment longue pour intégrer l’habitacle 2+2.
Une carrosserie modernisée sans rupture
La 3.2 conserve la silhouette générale des Mondial précédentes, avec un pavillon relativement haut, un long habitacle et des prises d’air latérales alimentant la mécanique. Les modifications apportées en 1985 cherchent davantage à moderniser l’ensemble qu’à transformer son identité.
Les boucliers sont mieux intégrés à la carrosserie et les éléments avant et arrière évoluent. La présentation intérieure est également revue afin d’améliorer l’ergonomie. Ces changements permettent à la voiture de rester visuellement cohérente avec les autres Ferrari V8 de son époque, tout en préservant sa configuration particulière de coupé quatre places.
La Ferrari 3.2 Mondial Cabriolet
La gamme comprend aussi la Ferrari 3.2 Mondial Cabriolet. Cette version découvrable conserve deux petites places arrière, une caractéristique rare parmi les sportives à moteur central de cette période.
Le cabriolet utilise le même V8 de 3,2 litres développant 270 ch. Ferrari lui attribuait également une vitesse maximale de 250 km/h et un 0 à 100 km/h en 7,4 secondes. Son poids à sec annoncé, 1 400 kg, est très proche de celui du coupé.
La déclinaison ouverte prolonge la vocation de grand tourisme de la Mondial en y ajoutant la conduite à ciel ouvert. Elle sera ensuite remplacée par la Ferrari Mondial T Cabriolet, qui reprend la nouvelle implantation mécanique introduite à la fin de la décennie.
La différence entre la 3.2 Mondial et la Mondial T
En 1989, la Ferrari Mondial T succède à la 3.2. Malgré une carrosserie proche, elle ne constitue pas une simple augmentation de cylindrée. Son V8 de 3,4 litres est placé longitudinalement, tandis que la boîte reste transversale. Vue de dessus, cette implantation forme un T, à l’origine de son appellation.
La 3.2 Mondial conserve au contraire un groupe motopropulseur transversal. Son moteur produit 270 ch, contre 300 ch pour la Mondial T. Cette dernière atteint une vitesse maximale annoncée de 255 km/h, soit une progression limitée en vitesse de pointe mais accompagnée d’une architecture profondément remaniée.
La 3.2 représente ainsi l’aboutissement de la première conception mécanique de la Mondial. Elle combine la carrosserie 2+2 introduite au début des années 1980, le V8 à quatre soupapes par cylindre et une cylindrée accrue, avant la transformation technique opérée par la Mondial T.
Les points à documenter avant un achat
Sur un exemplaire ancien, l’historique d’entretien compte davantage qu’un faible kilométrage non documenté. Les factures doivent permettre de vérifier les interventions réalisées sur le moteur, l’injection, le circuit de refroidissement, le freinage et les suspensions. L’état des équipements électriques et de la présentation intérieure mérite aussi une inspection attentive.
Le remplacement des courroies de distribution constitue un point essentiel. Un guide d’achat spécialisé publié en 2018 recommandait une intervention tous les trois ans ou 30 000 miles, mais cette indication ne doit pas être interprétée comme une prescription Ferrari actuelle applicable sans nuance. La périodicité appropriée dépend notamment de l’entretien antérieur, des conditions d’utilisation et des recommandations du professionnel chargé du véhicule.
Il convient également de contrôler la cohérence entre le numéro de châssis, les documents administratifs, les factures et les caractéristiques de la voiture. Les modifications esthétiques ou mécaniques ne sont pas nécessairement problématiques, mais elles doivent être identifiées clairement afin d’évaluer l’authenticité de l’exemplaire et le coût d’un éventuel retour à sa configuration d’origine.











