Ferrari Luce

La Ferrari Luce, dévoilée en 2026, est la première automobile entièrement électrique de série du constructeur de Maranello. Cette grande berline de grand tourisme à cinq portes et cinq places inaugure une nouvelle orientation technique et esthétique pour Ferrari. Avec quatre moteurs électriques, une puissance maximale annoncée de 1 050 ch et une batterie de 122 kWh, elle associe des performances de supercar à une habitabilité inhabituelle dans la gamme italienne.

Présentée intégralement le 25 mai 2026 à Rome, la Luce se distingue également par son design développé avec LoveFrom, le collectif fondé par Jony Ive et Marc Newson. Son architecture électrique spécifique, ses suspensions actives et son habitacle privilégiant les commandes physiques traduisent une approche différente de celle des Ferrari thermiques et hybrides. Elle ne remplace aucun modèle existant, mais ouvre une nouvelle famille au sein du catalogue du constructeur.

Histoire et développement de la Ferrari Luce

Le développement de la Ferrari Luce s’inscrit dans la stratégie d’électrification progressive de la marque italienne. Après avoir introduit l’hybridation sur ses modèles sportifs, Ferrari entreprend la conception d’une automobile entièrement électrique sans abandonner ses motorisations thermiques. Le projet doit répondre à une difficulté particulière : préserver les sensations de conduite, la précision du châssis et les performances caractéristiques de Ferrari en l’absence de moteur à combustion.

Les travaux de développement commencent approximativement en 2021. Contrairement à une adaptation électrique d’un modèle existant, la Luce repose sur une architecture spécifiquement étudiée pour accueillir une batterie de grande capacité et quatre moteurs indépendants. Ferrari développe notamment ses unités motrices, ses systèmes de contrôle dynamique et l’intégration structurelle de la batterie.

Cette évolution industrielle accompagne l’ouverture, en juin 2024, du nouveau bâtiment de production de Maranello, généralement désigné sous le nom d’e-building. Cette installation permet au constructeur de produire des automobiles électriques tout en conservant la fabrication de véhicules thermiques et hybrides sur son site historique.

Le 9 octobre 2025, Ferrari présente les principales caractéristiques techniques de son futur modèle sous l’appellation provisoire Ferrari Elettrica. Cette première communication révèle notamment la disposition des moteurs, la batterie de 122 kWh, la puissance de recharge et les objectifs de performances. La carrosserie définitive reste alors dissimulée.

Le 9 février 2026, Ferrari officialise le nom Luce, qui signifie « lumière » en italien, et dévoile son habitacle. Cette présentation met particulièrement en avant le travail de LoveFrom sur les commandes, l’instrumentation et les matériaux. La révélation complète de la voiture intervient le 25 mai 2026 à Rome, avant le lancement commercial prévu au cours de la même année.

La Luce ne constitue pas une descendante directe d’une Ferrari antérieure. Elle prolonge néanmoins une tradition de grand tourisme dans laquelle le confort et l’élégance accompagnent les performances. La Ferrari 250 GT Lusso illustrait déjà cette philosophie dans les années 1960, avec une carrosserie raffinée et un moteur V12 destiné à une utilisation routière.

Un design signé LoveFrom et un habitacle inédit

La Ferrari Luce marque une rupture esthétique avec les créations contemporaines de Maranello. Son développement stylistique repose sur une collaboration avec LoveFrom, le collectif de design fondé par Sir Jony Ive, ancien responsable du design d’Apple, et Marc Newson. Ferrari conserve la responsabilité de l’ingénierie et de l’industrialisation du véhicule, tandis que cette collaboration apporte une approche inhabituelle des formes et des interfaces.

La carrosserie adopte une silhouette de grande berline fastback, avec un pavillon relativement haut, une surface vitrée généreuse et un hayon arrière. Ses proportions diffèrent de celles des coupés Ferrari traditionnels. Le capot est court par rapport aux modèles à moteur V12 avant, tandis que l’empattement important favorise l’espace intérieur.

La face avant se caractérise par un traitement épuré, rendu possible par l’absence de moteur thermique et de sa calandre de refroidissement traditionnelle. Les surfaces latérales sont volontairement lisses, avec des volumes simples et peu d’ornements. L’ensemble privilégie la continuité des lignes plutôt que les prises d’air spectaculaires généralement associées aux supercars.

Cette sobriété ne signifie pas que l’aérodynamique soit secondaire. La gestion des flux d’air reste essentielle pour limiter la consommation électrique, assurer le refroidissement des composants et maintenir la stabilité à grande vitesse. Les formes de la carrosserie et le traitement du soubassement participent à ces objectifs.

L’habitacle représente l’une des particularités majeures du modèle. Alors que de nombreuses voitures électriques multiplient les surfaces tactiles, la Luce accorde une place importante aux commandes physiques. Boutons, molettes et commandes de conduite sont conçus pour offrir une manipulation directe, sans obliger le conducteur à passer systématiquement par un écran central.

L’instrumentation numérique s’intègre dans une présentation volontairement dépouillée. Les matériaux associent notamment aluminium, verre et cuir, avec une attention particulière portée aux sensations tactiles et à la qualité des assemblages. Le volant possède un dessin spécifique qui contribue à distinguer immédiatement l’intérieur de celui des autres Ferrari.

Avec cinq places et cinq portes, la Luce répond aussi à des usages plus polyvalents. Son coffre arrière annoncé à 597 litres renforce cette orientation vers le voyage. Elle se différencie ainsi du Purosangue, qui propose quatre places dans une carrosserie de SUV sportif, et des coupés Ferrari à vocation plus traditionnelle.

Quatre moteurs électriques et une transmission intégrale sophistiquée

La chaîne de traction de la Ferrari Luce repose sur quatre moteurs électriques indépendants, répartis entre les essieux avant et arrière. Cette configuration permet de contrôler individuellement le couple transmis à chaque roue, sans recourir à une liaison mécanique classique entre les deux essieux.

Les moteurs avant et arrière présentent des caractéristiques différentes. Lors de la présentation technique de 2025, Ferrari annonçait une puissance de 210 kW pour l’ensemble avant et de 620 kW pour l’ensemble arrière. La puissance maximale combinée retenue pour la Luce de série atteint 1 050 ch, soit environ 772 kW. Cette valeur correspond à la puissance annoncée du véhicule complet et ne doit pas être confondue avec l’addition des puissances maximales individuelles des unités motrices.

Les moteurs électriques peuvent atteindre des régimes particulièrement élevés, jusqu’à 30 000 tr/min à l’avant et 25 500 tr/min à l’arrière. Leur conception privilégie la compacité, le rendement et la réponse immédiate à l’accélérateur. Ferrari annonce un rendement pouvant atteindre 93 % pour ses unités motrices.

La transmission intégrale bénéficie d’une vectorisation électronique du couple. En virage, le système peut modifier très rapidement la force motrice appliquée à chaque roue pour améliorer la motricité et influencer le comportement de la voiture. La répartition des efforts peut également favoriser l’essieu arrière afin de conserver des réactions proches de celles d’une propulsion sportive.

Le calculateur central de contrôle dynamique, appelé Vehicle Control Unit, coordonne les moteurs, les freins, la direction et les suspensions. Cette intégration permet de gérer simultanément l’accélération, les mouvements de caisse et l’adhérence, plutôt que de faire fonctionner chaque système indépendamment.

La Luce dispose également de suspensions actives issues des développements technologiques récents de Ferrari. Leur rôle consiste à maîtriser les mouvements de caisse malgré la masse importante de la batterie, tout en préservant le confort sur route. Les roues arrière directrices contribuent à la maniabilité à basse vitesse et à la stabilité lors des changements de direction rapides.

Le freinage combine un système hydraulique et une récupération d’énergie électrique pouvant atteindre 500 kW dans les conditions prévues par le constructeur. Cette récupération transforme une partie de l’énergie cinétique en électricité lors des décélérations, tout en réduisant la sollicitation des freins mécaniques.

Cette architecture entièrement électrique constitue une autre voie que celle suivie par la Ferrari 296 Speciale, dont la motorisation hybride rechargeable associe un V6 biturbo à une machine électrique. Les deux modèles illustrent des solutions techniques différentes pour développer les performances sans dépendre exclusivement d’un moteur thermique.

Fiche technique de la Ferrari Luce

CaractéristiqueFerrari Luce (2026)
ConstructeurFerrari
OrigineItalie
ProductionÀ partir de 2026
Site de fabricationMaranello, Italie
CatégorieGrande berline de grand tourisme électrique
CarrosserieFastback à 5 portes
Nombre de places5
Motorisation4 moteurs électriques indépendants
Puissance maximale combinée1 050 ch (772 kW)
Puissance des moteurs avant annoncée en 2025210 kW
Puissance des moteurs arrière annoncée en 2025620 kW
Couple combiné annoncé990 Nm
Régime maximal des moteurs avant30 000 tr/min
Régime maximal des moteurs arrière25 500 tr/min
TransmissionIntégrale électrique
Boîte de vitessesTransmission à rapport fixe
Gestion de motricitéVectorisation électronique du couple sur quatre roues
StructureArchitecture spécifique utilisant largement l’aluminium
SuspensionsSuspensions actives pilotées électroniquement
DirectionAssistée électrique, roues arrière directrices
FreinageHydraulique avec récupération d’énergie
Récupération d’énergie maximale annoncée500 kW
Pneumatiques avant265/35 R23
Pneumatiques arrière315/30 R24
Longueur5 026 mm
Largeur hors rétroviseurs1 999 mm
Hauteur1 544 mm
Empattement2 961 mm
Voie avant1 696 mm
Voie arrière1 690 mm
Poids à vide annoncé2 260 kg en configuration allégée
Répartition des masses47 % avant / 53 % arrière
0 à 100 km/h2,5 s annoncées
0 à 200 km/h6,8 s annoncées
Vitesse maximale310 km/h annoncés
Type de batterieLithium-ion NMC
Capacité brute de batterie122 kWh
Nombre de cellules210, réparties en 15 modules
Densité énergétique annoncée du pack195 Wh/kg
Densité énergétique annoncée des cellules305 Wh/kg
Architecture électriqueClasse 800 V
Tension maximale annoncée880 V
Autonomie annoncéeEnviron 530 km WLTP
Puissance maximale de recharge DC350 kW
Recharge AC22 kW annoncés
Volume du coffre arrière597 litres

Batterie, autonomie et recharge rapide

La batterie de la Ferrari Luce est intégrée dans la partie inférieure de la structure afin d’abaisser le centre de gravité et de limiter les conséquences de sa masse sur le comportement dynamique. Son implantation participe également à la rigidité de l’ensemble. La répartition des composants a été étudiée pour conserver une légère prédominance du poids sur l’essieu arrière.

Le pack utilise 210 cellules lithium-ion réparties en 15 modules de 14 cellules. Ferrari annonce une densité énergétique de 195 Wh/kg au niveau du pack et de 305 Wh/kg au niveau des cellules. Ces valeurs traduisent la recherche d’un compromis entre capacité énergétique, compacité, puissance disponible et gestion thermique.

L’architecture électrique de classe 800 V permet d’accepter une puissance de recharge élevée tout en limitant l’intensité nécessaire au transfert d’énergie. La tension maximale annoncée atteint 880 V. Le système doit notamment répondre aux contraintes thermiques provoquées par les accélérations répétées, la récupération d’énergie et les sessions de recharge rapide.

Avec une puissance de recharge en courant continu pouvant atteindre 350 kW, la Luce se situe parmi les grandes GT électriques capables d’utiliser les bornes ultrarapides. Cette valeur représente toutefois un maximum instantané : la puissance réellement obtenue dépend notamment de la température de la batterie, de son niveau de charge et des capacités de la borne. Elle ne permet donc pas, à elle seule, de calculer un temps de recharge complet.

L’autonomie annoncée d’environ 530 km doit être comprise comme une valeur issue du cycle WLTP ou des objectifs communiqués autour du lancement. Sur autoroute, la vitesse élevée augmente sensiblement la résistance aérodynamique et donc la consommation. À l’inverse, la circulation urbaine permet de récupérer davantage d’énergie lors des décélérations. Les conditions météorologiques, les pneumatiques et l’utilisation de la climatisation influencent également le rayon d’action réel.

La Luce ne cherche donc pas seulement à maximiser l’autonomie. Sa batterie doit aussi fournir une puissance importante pendant les fortes accélérations et absorber une récupération d’énergie particulièrement élevée. La gestion thermique et électronique constitue ainsi un élément central de sa conception.

Performances et comportement routier

La Ferrari Luce revendique des performances comparables à celles de nombreuses supercars thermiques. L’accélération annoncée de 0 à 100 km/h en 2,5 secondes repose sur la disponibilité immédiate du couple électrique et sur la capacité de la transmission intégrale à exploiter l’adhérence des quatre roues.

Au-delà du départ arrêté, le principal enjeu consiste à maintenir des accélérations soutenues malgré l’augmentation de la vitesse. La puissance élevée des moteurs arrière et leur régime maximal contribuent à cette capacité. La gestion électronique doit simultanément contrôler la température des composants et éviter les pertes de motricité.

La masse constitue un défi particulier. Même avec une structure utilisant largement l’aluminium, la Luce reste sensiblement plus lourde que les Ferrari sportives à moteur thermique. Pour compenser cette différence, Ferrari associe une répartition des masses étudiée, des suspensions actives, des roues arrière directrices et une vectorisation rapide du couple.

La conduite électrique modifie également la dimension sonore de l’expérience Ferrari. L’absence de moteur thermique supprime les montées en régime et les changements de sonorité caractéristiques des V8 et V12. Le constructeur a donc travaillé sur une restitution sonore spécifique liée au fonctionnement de la chaîne de traction, plutôt que de faire reposer l’identité du modèle uniquement sur le silence.

Cette orientation distingue la Luce des Ferrari de grand tourisme traditionnelles, notamment de la Ferrari 12Cilindri Spider, dont le caractère repose sur un V12 atmosphérique. La Luce privilégie une réponse instantanée de ses moteurs électriques et un contrôle électronique très poussé du comportement dynamique.

Prix, production et positionnement dans la gamme Ferrari

La Ferrari Luce occupe une position particulière dans le catalogue de Maranello. Son tarif annoncé lors de sa présentation se situe autour de 550 000 euros TTC sur le marché italien. Certaines bases automobiles françaises ont référencé une version à 541 606 euros, mais les tarifs peuvent varier selon le pays, les équipements et la personnalisation.

Ce positionnement la place dans l’univers des automobiles de grand luxe plutôt que dans celui des berlines électriques sportives conventionnelles. Elle se distingue notamment par sa chaîne de traction développée spécifiquement, son architecture à quatre moteurs, ses solutions de châssis et son design réalisé en collaboration avec LoveFrom.

La production est organisée à Maranello, où Ferrari conserve la maîtrise de l’assemblage et des principaux développements techniques. La Luce n’est pas présentée comme une série limitée numérotée. Son volume de fabrication dépendra de la demande, des capacités industrielles et de la stratégie commerciale du constructeur.

À l’été 2026, plusieurs informations de presse font état d’un carnet de commandes déjà rempli jusqu’en 2027. Cet intérêt commercial intervient alors que les premières livraisons sont annoncées pour la fin de l’année 2026. Il ne permet cependant pas de déterminer le nombre exact de voitures fabriquées ou remises à leurs propriétaires.

La Luce élargit la clientèle potentielle de Ferrari avec une proposition combinant cinq places, un grand coffre et une motorisation sans émissions directes à l’échappement. Elle ne remplace ni les coupés à moteur V12, ni les supercars hybrides, ni le Purosangue. Ferrari conserve ainsi plusieurs architectures mécaniques dans sa gamme, chacune répondant à des attentes différentes.

La personnalisation reste un élément important de l’offre commerciale. Couleurs extérieures, finitions intérieures et choix de matériaux permettent d’adapter chaque exemplaire aux préférences de son propriétaire. Cette diversité de configurations peut également expliquer les écarts de prix entre les véhicules, indépendamment de leur motorisation commune.

Marque Ferrari

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