Histoire de la marque Etox

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Etox est un projet automobile turc né à Ankara dans le prolongement des activités d’Ertex, entreprise fondée par Ercan Malkoç. Apparue au milieu des années 2000 avec l’ambition de développer une voiture de sport conçue en Turquie, la marque s’est surtout fait connaître grâce au coupé Zafer puis à un prototype électrique développé avec une université turque. Malgré des projets de production plus importants, Etox est restée une initiative à très petite échelle et n’est jamais devenue un constructeur de série comparable aux marques automobiles établies.

1989 : Ercan Malkoç fonde Ertex à Ankara

L’histoire d’Etox commence avant la création de la marque elle-même. En 1989, Ercan Malkoç fonde Ertex à Ankara. L’entreprise se spécialise d’abord dans la sellerie automobile, avant d’élargir progressivement ses activités à la transformation et à la personnalisation de véhicules, notamment dans le domaine des aménagements haut de gamme.

Cette expérience acquise dans la modification de carrosseries, l’aménagement intérieur et la réalisation de véhicules spécifiques constitue le socle technique du futur projet Etox. La marque ne naît donc pas de la création d’un constructeur industriel entièrement nouveau, mais de la volonté d’Ertex d’aller plus loin en développant une automobile portant sa propre identité.

2004 : Ertex engage le projet d’une voiture de sport turque

La chronologie précise des débuts d’Etox demande une certaine prudence. La communication d’Ertex fait remonter le lancement du projet à 2004, tandis que 2006 est fréquemment cité comme l’année de création d’Etox en tant que marque ou programme automobile identifié. Dans les deux cas, l’objectif est le même : concevoir à Ankara une sportive susceptible d’incarner un savoir-faire automobile turc au-delà de la seule transformation de modèles existants.

Ercan Malkoç porte directement cette ambition et réunit une équipe chargée de développer la voiture. Etox se distingue ainsi des activités traditionnelles d’Ertex par la volonté de concevoir une carrosserie et un véhicule complets. Le projet reste toutefois dépendant de composants mécaniques provenant de constructeurs déjà établis, ce qui permet de concentrer les ressources sur la conception, la carrosserie et l’intégration.

2007 : l’Etox Zafer donne une réalité publique à la marque

Le tournant décisif intervient en 2007 avec la présentation de l’Etox Zafer. Le nom « Zafer », qui signifie « victoire » en turc, résume l’ambition symbolique du programme. Le coupé est officiellement dévoilé le 30 août, date du Jour de la Victoire en Turquie, ce qui renforce la dimension nationale donnée au projet.

La Zafer devient immédiatement le modèle central de l’histoire d’Etox. Les premiers exemplaires roulants utilisent notamment un moteur diesel 1,5 litre provenant de Renault. D’autres motorisations plus puissantes sont envisagées, mais elles restent secondaires par rapport à l’importance historique du prototype lui-même : pour la première fois, Etox dispose d’une voiture identifiable, fonctionnelle et présentée au public sous son propre nom.

Le projet obtient également les autorisations nécessaires pour envisager une commercialisation. Etox affiche alors des ambitions dépassant le simple prototype et cherche à transformer la Zafer en véritable petite série. Cette étape donne à la marque une visibilité nouvelle, mais elle ne suffit pas à résoudre les difficultés industrielles et financières liées au passage à une production régulière.

2009 : la production reste artisanale malgré les ambitions de développement

Deux ans après la présentation de la Zafer, l’écart entre les ambitions d’Etox et sa réalité industrielle devient plus net. En 2009, les informations disponibles font état de deux voitures construites, dont l’une aurait été vendue à un homme d’affaires d’Istanbul. Etox existe donc bien au-delà d’une simple maquette de salon, mais les volumes restent extrêmement faibles.

Ercan Malkoç cherche alors des investisseurs capables d’accompagner une montée en puissance du projet. Cette recherche de capitaux est essentielle : construire quelques véhicules de manière artisanale ne demande pas les mêmes moyens que développer un réseau de fournisseurs, industrialiser la fabrication et assurer une commercialisation durable. Les objectifs de production évoqués à l’époque ne se concrétisent finalement pas.

Cette période marque ainsi une rupture importante dans l’histoire de la marque. Etox a réussi à démontrer sa capacité à concevoir et assembler une sportive originale, mais elle ne parvient pas à franchir le seuil qui sépare un constructeur artisanal ou expérimental d’une véritable production automobile en série.

2013 : Etox tente un nouveau départ avec une sportive électrique

Plutôt que d’abandonner immédiatement son ambition automobile, Ertex réoriente ensuite Etox vers une technologie alors en plein développement. En collaboration avec l’Université technique du Moyen-Orient, connue sous l’acronyme ODTÜ ou METU, l’entreprise travaille pendant environ vingt mois sur une version électrique d’Etox.

Le prototype est présenté en janvier 2013. Il annonce une autonomie d’environ 180 kilomètres et une vitesse maximale proche de 170 km/h, des valeurs qui illustrent surtout la volonté de démontrer la faisabilité d’une sportive électrique développée localement. Cette évolution constitue le deuxième grand chapitre technique d’Etox après la Zafer thermique : la marque tente de prolonger son existence en s’appuyant sur l’électrification plutôt qu’en poursuivant simplement le premier programme.

Cette relance technologique ne débouche cependant pas davantage sur une production de masse. Ertex a depuis expliqué avoir renoncé à industrialiser Etox à grande échelle, estimant notamment que les conditions du marché turc et les infrastructures liées à la mobilité électrique n’étaient pas encore suffisamment favorables. Etox reste aujourd’hui un projet historique d’Ertex plutôt qu’une marque automobile produisant régulièrement des véhicules. Ertex poursuit pour sa part ses activités de transformation et d’aménagement de véhicules, tandis que la Zafer et le prototype électrique demeurent les principales réalisations associées au nom Etox.