
Faralli & Mazzanti est née en Toscane au début des années 2000 de la rencontre entre deux savoir-faire liés à l’automobile artisanale : celui de Walter Faralli, issu d’une famille spécialisée dans la restauration de carrosseries en aluminium, et celui de Luca Mazzanti, formé dans cet environnement avant de se tourner vers la création de voitures de sport. La marque s’est fait connaître avec l’Antas V8 GT, puis la Vulca, avant que les trajectoires de ses deux fondateurs ne se séparent. La branche consacrée aux supercars a ensuite évolué vers Mazzanti Automobili et l’Evantra, tandis que Faralli Restauri a poursuivi indépendamment son activité historique.
1986 : Faralli Restauri pose les bases du futur projet automobile
L’histoire de Faralli & Mazzanti commence avant la création de la marque elle-même. Antonio Mario Faralli s’était spécialisé dès la fin des années 1970 dans la restauration de carrosseries automobiles, notamment celles façonnées en aluminium. En 1986, il fonde avec son fils Walter l’atelier Faralli Restauri dans la région de Pise. L’entreprise travaille sur des voitures anciennes et des carrosseries exigeant des méthodes artisanales devenues rares.
C’est dans cet environnement que Luca Mazzanti entre progressivement en contact avec les Faralli. Il effectue notamment une période d’apprentissage auprès de l’atelier au début des années 1990, puis y revient à la fin de la décennie. Cette expérience commune est essentielle pour comprendre la future marque : Faralli & Mazzanti ne naît pas comme un constructeur industriel classique, mais comme le prolongement d’un atelier capable de restaurer, façonner et construire des carrosseries à la main.
2002 : Walter Faralli et Luca Mazzanti lancent leur projet commun
Les sources historiques les plus cohérentes situent en 2002 le début de l’association entre Walter Faralli et Luca Mazzanti autour de F&M, dans la région de Pontedera. Luca Mazzanti a expliqué qu’une commande reçue cette année-là pour concevoir une voiture de sport contemporaine inspirée de la grande tradition automobile italienne avait joué un rôle décisif dans le passage de la restauration à la création d’un modèle original.
La datation mérite toutefois une nuance. L’histoire publiée aujourd’hui par Faralli Restauri mentionne 2008 comme année de fondation de F&M, alors que des documents et présentations antérieurs situent le projet commun en 2002 et que la première voiture portant le nom Faralli & Mazzanti apparaît publiquement dès 2006. Pour retracer l’histoire de la marque, 2002 constitue donc le point de départ le mieux étayé du projet automobile commun, sans que cette divergence documentaire doive être ignorée.
2006 : l’Antas V8 GT révèle Faralli & Mazzanti au public
Le véritable acte de naissance public de Faralli & Mazzanti intervient en avril 2006 avec la présentation de l’Antas V8 GT au salon Top Marques de Monaco. Jusqu’alors principalement connus pour leur travail sur des automobiles historiques, Faralli et Mazzanti montrent qu’ils sont capables de concevoir une grand tourisme complète sous leur propre nom.
L’Antas traduit directement les origines artisanales de l’entreprise. Sa carrosserie en aluminium est réalisée à la main selon des techniques proches de celles employées pour restaurer les grandes voitures italiennes du passé. Son style volontairement classique évoque l’âge des carrossiers indépendants plutôt que les supercars produites en série. La mécanique provient de Maserati, ce qui permet à F&M de concentrer son travail sur la conception, le dessin, la carrosserie et la réalisation sur mesure.
Plus qu’une simple démonstration de savoir-faire, l’Antas modifie le statut de F&M : l’atelier devient un créateur de voitures complètes destinées à une clientèle très limitée. Cette approche restera au cœur de ses projets suivants, avec une production envisagée en quantités extrêmement réduites et une forte personnalisation de chaque exemplaire.
2008 : la Vulca affirme l’ambition de devenir un constructeur de niche
Avec la Vulca, dévoilée dans la seconde moitié des années 2000, Faralli & Mazzanti cherche à dépasser le caractère très néoclassique de l’Antas. Le dessin devient plus contemporain et la voiture se rapproche davantage d’une véritable grand tourisme moderne, tout en conservant une fabrication largement artisanale.
La Vulca S illustre surtout l’évolution des ambitions de F&M. L’entreprise annonce alors une série limitée à dix voitures, ce qui témoigne de sa volonté de passer du modèle presque unique à une micro-production organisée. Ce nombre correspond toutefois à un programme annoncé et non à un volume de production qui peut être considéré comme définitivement établi. L’importance historique de la Vulca réside donc moins dans ses chiffres que dans ce changement d’échelle envisagé.
F&M reste malgré tout très éloignée d’un constructeur industriel. Son positionnement repose sur la fabrication sur commande, le travail manuel et la possibilité d’adapter profondément chaque automobile. Cette identité de petit constructeur-carrossier explique autant son originalité que les limites de son développement.
2011 : la séparation des fondateurs ouvre une période de transition
Au tournant des années 2010, Walter Faralli et Luca Mazzanti prennent des directions différentes. Walter Faralli choisit de recentrer son activité sur la restauration et la carrosserie artisanale, tandis que Luca Mazzanti souhaite poursuivre plus loin le développement de voitures de sport modernes. Les sources ne donnent pas toutes la même année pour cette séparation : certaines la situent en 2010, tandis que Faralli Restauri indique 2011.
La transition n’est de toute façon pas instantanée. À la fin de 2011, le nouveau projet Evantra est encore présenté sous l’appellation « F&M by Mazzanti Automobili ». Cette dénomination montre que le nom historique reste utilisé pendant que la nouvelle structure de Luca Mazzanti prend forme. Il est donc plus juste de parler d’une séparation progressive entre 2010 et 2012 que d’un simple changement de nom intervenu à une date unique.
Cette distinction est importante : Faralli Restauri ne devient pas Mazzanti Automobili. Les deux histoires se séparent. Walter Faralli poursuit l’activité familiale de restauration, tandis que Luca Mazzanti développe une nouvelle entreprise centrée sur les supercars.
2013 : l’Evantra installe définitivement Mazzanti Automobili
L’Evantra constitue le modèle qui fait le lien entre la période Faralli & Mazzanti et la nouvelle histoire de Mazzanti Automobili. Son développement commence encore sous une appellation associant F&M et Mazzanti, mais lorsqu’elle fait ses débuts publics à Top Marques Monaco en 2013, la marque Mazzanti Automobili s’est imposée comme l’identité principale du constructeur.
La voiture conserve plusieurs principes hérités de F&M, notamment la production en très faibles volumes et la personnalisation poussée, mais elle traduit aussi une évolution technique. Là où l’Antas faisait largement appel au savoir-faire traditionnel de carrosserie en aluminium, l’Evantra adopte davantage de matériaux composites et s’inscrit clairement dans l’univers des supercars contemporaines.
Pour l’histoire de Faralli & Mazzanti, l’Evantra doit donc être considérée comme un modèle charnière plutôt que comme une F&M au même titre que l’Antas. Elle marque la transformation du projet commun des deux hommes en une entreprise poursuivie par Luca Mazzanti seul.
2023 : la liquidation de Mazzanti Automobili clôt le prolongement industriel de F&M
Après plusieurs années consacrées à l’Evantra et à ses évolutions, Mazzanti Automobili connaît de graves difficultés. La production est arrêtée en août 2022, puis le tribunal de Pise prononce la liquidation judiciaire de l’entreprise en avril 2023. Cette procédure marque la fin de l’activité industrielle qui avait prolongé, du côté de Luca Mazzanti, l’aventure commencée avec Faralli & Mazzanti.
Les actifs de la société sont ensuite proposés aux enchères. Le lot comprend des véhicules, prototypes, châssis, moteurs et équipements, mais aussi des droits liés aux marques Mazzanti, F&M Mazzanti Automobili et Evantra. Après plusieurs tentatives de vente, l’ensemble du patrimoine est finalement adjugé en juin 2025 à un investisseur dont l’identité n’est alors pas rendue publique.
Aucune relance industrielle de Faralli & Mazzanti n’est publiquement établie après cette cession. En revanche, Faralli Restauri poursuit son activité indépendamment en Toscane, dans la restauration et la construction artisanale de carrosseries. La marque commune Faralli & Mazzanti appartient ainsi essentiellement à une courte période de l’histoire automobile italienne, celle où un atelier de restauration traditionnel a tenté de devenir un constructeur de voitures de sport exclusives avant que les deux fondateurs ne poursuivent des voies séparées.
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