
Felino Corporation est un petit constructeur automobile canadien né à Montréal autour de l’ancien pilote Antoine Bessette. À l’origine tournée vers le sport automobile, la formation à la conduite avancée et l’accompagnement de pilotes, l’entreprise s’est progressivement transformée en constructeur de voitures de haute performance. Son histoire reste étroitement liée à un même projet, la cB7, développée d’abord pour le circuit avant de donner naissance à des versions adaptées à la route. Cette évolution, menée à très petite échelle, a permis à Felino de se faire connaître comme l’un des rares projets de supercar conçus et assemblés au Canada.
2009 : Antoine Bessette fonde Felino Corporation à Montréal
La création de Felino Corporation est généralement située en 2009 à Montréal, au Québec. Son fondateur, Antoine Bessette, vient du monde de la compétition automobile. Cette expérience de pilote joue un rôle central dans l’orientation de l’entreprise : Felino ne naît pas d’un grand groupe industriel, mais d’une structure directement liée à la pratique du sport automobile.
Ses premières activités ne reposent pas encore sur la construction d’une voiture de série. La société travaille notamment dans l’événementiel automobile, les cours de conduite avancée et le coaching de pilotes. Cette origine explique la philosophie technique qui marquera ensuite ses propres voitures : priorité donnée au comportement dynamique, aux sensations de conduite et à une conception proche des besoins rencontrés sur circuit.
Une ambiguïté existe toutefois sur la chronologie initiale. Certaines présentations de Felino retiennent 2010 comme année de naissance de la marque automobile. La distinction la plus prudente consiste à situer la constitution de Felino Corporation en 2009, puis le lancement concret de son programme de voiture sportive l’année suivante.
2010 : le projet d’une sportive canadienne entre en développement
En 2010, Antoine Bessette engage Felino dans la conception de sa propre automobile. L’objectif est de créer une voiture légère et très directement orientée vers le conducteur, capable de restituer une partie des sensations d’une voiture de compétition tout en étant développée par une petite équipe canadienne.
Le projet ne suit donc pas la trajectoire habituelle d’un constructeur cherchant immédiatement une production importante. Felino privilégie le développement progressif d’un véhicule à faible volume, conçu autour d’un châssis spécifique et d’une architecture adaptée à une utilisation intensive sur piste. Cette orientation débouche sur la cB7, qui devient rapidement le centre de toute l’activité automobile de l’entreprise.
2012 : le premier prototype cB7 concrétise le projet Felino
Le premier prototype de la Felino cB7 apparaît en 2012. La voiture est développée comme une sportive légère destinée en priorité au circuit. Des essais sont notamment menés sur le circuit Gilles-Villeneuve de Montréal, un environnement cohérent avec les origines sportives d’Antoine Bessette et avec la vocation initiale du modèle.
Cette première cB7 constitue le véritable passage de Felino du statut de société active dans le sport automobile à celui de concepteur de voitures. Le travail ne s’arrête cependant pas à ce prototype. En 2013, un second véhicule permet de faire évoluer le concept avec un châssis revu et élargi, davantage de puissance ainsi que des modifications concernant les suspensions et le freinage. Felino entre alors dans une phase de mise au point plus structurée, destinée à transformer une première expérimentation en automobile réellement exploitable.
2014 : la cB7 se présente au public à Montréal
En 2014, les prototypes Felino sont exposés au Salon international de l’auto de Montréal. Cette apparition marque une étape importante pour une entreprise jusque-là essentiellement connue dans un cercle lié au sport automobile et au développement technique. La cB7 devient un projet visible du grand public et donne à Felino une identité de constructeur canadien à part entière.
La voiture se distingue alors moins par la recherche d’une production importante que par sa conception artisanale. Son architecture, l’emploi de matériaux composites et de fibre de carbone ainsi que son orientation très marquée vers la piste traduisent les priorités de la société. Felino poursuit ensuite plusieurs années de développement avant de passer du prototype à la fabrication d’un exemplaire destiné à un client.
2016 : la cB7 passe du prototype à la production artisanale
Le programme franchit un nouveau seuil en 2016 avec la fabrication et la vente d’une première cB7. Le véhicule est finalement livré en Colombie-Britannique en 2017. Cette étape est essentielle dans l’histoire de l’entreprise : Felino démontre qu’elle peut aller au-delà des prototypes de salon et construire une voiture destinée à un propriétaire.
Le volume reste cependant extrêmement réduit. Felino ne cherche pas à devenir un constructeur généraliste ni même un fabricant de voitures sportives en série relativement importante. Son modèle repose sur une production artisanale, avec des véhicules très spécialisés. Cette contrainte oriente la suite du programme : pour élargir l’usage possible de sa voiture, l’entreprise commence à travailler sur une déclinaison pouvant quitter le cadre presque exclusivement réservé au circuit.
2018 : la cB7R prépare le passage de Felino à la route
À partir de 2018, Felino développe la cB7R, évolution majeure de son concept initial. L’enjeu n’est plus seulement d’améliorer la cB7, mais d’en dériver une voiture pouvant être homologuée pour un usage routier. Ce changement repositionne le projet : la marque passe progressivement d’un track-car artisanal à une supercar routière produite en quantité très limitée.
La cB7R conserve l’approche technique issue de la compétition tout en faisant évoluer sa structure et son niveau de finition. Felino met notamment en avant un châssis associant carbone, Kevlar et métal, une solution destinée à conjuguer rigidité et masse contenue. La voiture reste animée par un V8 et peut atteindre 700 ch dans sa configuration la plus puissante, mais ce chiffre importe surtout parce qu’il illustre le changement d’échelle du projet. Felino ne présente plus simplement une voiture de piste expérimentale : l’entreprise revendique désormais une place sur le marché très restreint des supercars routières artisanales.
2020 : la cB7R installe Felino dans le monde des supercars routières
La cB7R est présentée en 2020 au Canadian International AutoShow de Toronto. Cette apparition constitue l’un des principaux jalons publics de la marque. Felino annonce une production limitée à seulement dix exemplaires, confirmant que son développement reste fondé sur l’exclusivité et la fabrication en très petite série plutôt que sur une industrialisation classique.
Cette présentation donne aussi une cohérence nouvelle à la décennie de développement entamée en 2010. Le concept de sportive canadienne orientée vers le pilote, expérimenté avec les premiers prototypes, débouche désormais sur un véhicule routier identifiable et commercialisable. Felino demeure toutefois une structure de niche : son histoire n’est marquée ni par une expansion industrielle massive ni par un changement de propriétaire, mais par l’évolution continue d’une même base technique.
2021 : la cB7+ prolonge le développement sans changer l’échelle de la marque
Felino poursuit cette évolution avec la cB7+, annoncée comme une version encore plus légère et plus puissante, accompagnée d’un travail aérodynamique approfondi. Une présentation publique était annoncée pour 2021. La documentation disponible permet toutefois moins clairement d’établir l’ampleur de sa production ou le nombre d’exemplaires effectivement livrés, ce qui impose de distinguer les ambitions présentées par l’entreprise de leur traduction commerciale.
Felino Corporation reste aujourd’hui associée à cette famille cB7 et à une activité de constructeur canadien de supercars à très faible volume dans la région de Montréal. Son site présente toujours les cB7R et cB7+, tandis qu’aucun rachat, changement majeur de propriétaire ou faillite n’a été établi dans les informations disponibles. L’entreprise demeure ainsi dans la continuité du projet lancé par Antoine Bessette : développer au Canada des voitures de haute performance issues d’une culture du circuit, sans avoir cherché à passer à une production automobile de grande série.
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