
Goupil est un constructeur français spécialisé dans les petits véhicules utilitaires électriques, bien davantage que dans la voiture particulière au sens traditionnel. Née en 1996 dans le Lot-et-Garonne autour de Pascal Duclos et Thierry Zerbato, la marque a choisi l’électrique dès ses débuts pour répondre aux besoins des collectivités, des sites industriels et des professionnels travaillant sur de courtes distances. Des premiers véhicules conçus à la fin des années 1990 au développement du G3, puis au rachat par Polaris et à l’arrivée du G4, son histoire est celle d’un constructeur de niche devenu un acteur durable de l’utilitaire électrique européen.
1996 : Pascal Duclos et Thierry Zerbato lancent le projet Goupil
L’histoire de Goupil commence en 1996 dans le Lot-et-Garonne. Le projet repose sur deux profils complémentaires. Pascal Duclos est ingénieur électrotechnicien et possède une expérience dans la commande des moteurs électriques, tandis que Thierry Zerbato connaît les véhicules et équipements automoteurs utilisés dans le monde professionnel.
Leur idée ne consiste pas à électrifier une automobile conventionnelle. Ils cherchent plutôt à créer un véhicule compact capable d’assurer des missions précises dans les collectivités, l’industrie, les espaces verts ou les sites privés. Les premiers essais réalisés à partir de matériels électriques importés des États-Unis montrent rapidement leurs limites face aux usages envisagés. Les deux entrepreneurs choisissent donc de concevoir leurs propres véhicules.
Cette orientation définit très tôt l’identité de Goupil : produire des véhicules électriques simples à exploiter, compacts et capables de recevoir différents équipements professionnels. La société qui porte aujourd’hui l’activité est juridiquement créée à la fin de 1998, mais Goupil retient bien 1996 comme point de départ de son histoire industrielle.
1999 : les premiers véhicules Goupil concrétisent le projet
Après plusieurs années de développement, Goupil présente en 1999 son premier véhicule, le V2. Il est suivi du V3 au début des années 2000. Ces premières réalisations restent encore proches de l’univers des véhicules de site, mais elles permettent à l’entreprise de mettre au point les principes qui feront sa spécialité.
L’enjeu est moins la performance routière que l’adaptation au travail quotidien. Les véhicules peuvent recevoir des carrosseries et des équipements différents selon leur mission : transport de matériel, entretien, collecte ou déplacements internes. Cette modularité devient un élément essentiel du développement de Goupil, car elle lui permet de répondre à des besoins très différents à partir d’une base compacte commune.
Ces premières années servent surtout à préparer une étape décisive : passer d’un véhicule destiné principalement aux espaces fermés ou aux usages très locaux à un utilitaire capable de circuler légalement sur la voie publique.
2005 : le G3 fait entrer Goupil sur la route
Le tournant intervient en 2005 avec l’homologation routière du G3. Les sources consacrées aux débuts de la marque ne datent pas toutes de la même manière sa genèse : un véhicule correspondant à ce programme est déjà évoqué au début des années 2000, tandis que la chronologie officielle distingue les V2 et V3 avant de retenir 2005 pour l’homologation du G3. Cette dernière date constitue donc le repère le plus pertinent pour mesurer son impact commercial.
Avec le G3, Goupil dépasse progressivement le cadre du véhicule de site. Le modèle évolue ensuite vers des versions autorisées à circuler plus rapidement et obtient par la suite une homologation dans une catégorie d’utilitaire routier plus conventionnelle. Cette évolution élargit considérablement les possibilités d’utilisation de la marque.
Le G3 devient ainsi le premier modèle véritablement structurant de son histoire. Il permet à Goupil de proposer aux communes et aux professionnels un petit véhicule électrique utilisable pour l’entretien urbain, les tournées techniques ou la collecte, à une époque où l’offre de véhicules utilitaires électriques reste encore limitée.
2008 : l’exportation et le transfert à Bourran changent l’échelle de Goupil
À partir de 2008, Goupil commence à vendre ses véhicules à l’étranger. Cette ouverture internationale marque une nouvelle étape : l’entreprise ne dépend plus seulement de son marché français et trouve en Europe d’autres collectivités et entreprises intéressées par les véhicules électriques compacts.
Cette progression impose également une organisation industrielle plus importante. Après ses premières implantations dans le Lot-et-Garonne, Goupil transfère son activité vers Bourran à la charnière de 2009 et 2010. Les documents administratifs situent le transfert du siège et de l’établissement principal en 2009, tandis que le constructeur présente généralement son implantation à Bourran comme datant de 2010.
Le changement de site accompagne une montée en puissance de l’entreprise et l’élargissement de son offre. Le G5 apparaît en 2010 et montre que Goupil cherche désormais à couvrir des missions dépassant celles du G3. À la veille de son changement de propriétaire, le constructeur est déjà présent dans une vingtaine de pays et a construit une activité suffisamment solide pour attirer l’attention d’un groupe industriel international.
2011 : Polaris rachète Goupil Industrie
En novembre 2011, l’américain Polaris Industries acquiert Goupil Industrie. Ce rachat constitue le principal changement de propriétaire de l’histoire de la marque. Polaris, déjà présent dans différents types de véhicules spécialisés, voit dans Goupil un moyen de renforcer son offre de petits véhicules électriques et son implantation sur le marché européen.
Goupil n’est alors plus une jeune société expérimentale. L’entreprise a réalisé environ 25 millions de dollars de ventes au cours de l’année 2010 et commercialise ses véhicules dans 18 pays. Le groupe américain choisit de maintenir l’activité et les équipes à Bourran plutôt que de déplacer la production.
L’intégration à Polaris donne surtout à Goupil des moyens supplémentaires pour développer ses produits, élargir leur homologation et renforcer leur diffusion internationale. Il ne s’agit donc pas d’une disparition de la marque derrière son nouveau propriétaire : Goupil conserve son identité et sa spécialisation dans les véhicules professionnels électriques, tout en s’insérant dans un groupe beaucoup plus vaste.
2015 : le lithium prépare le renouvellement de la gamme
Au milieu des années 2010, Goupil fait évoluer ses véhicules sur le plan technologique. Le G5 reçoit notamment une déclinaison équipée de batteries lithium en 2015. Cette étape reflète une transformation plus générale du véhicule électrique : les technologies de batteries deviennent mieux adaptées aux contraintes d’autonomie, de masse et d’utilisation quotidienne des professionnels.
Le renouvellement le plus important arrive l’année suivante avec le G4. Lancé en 2016 pour prendre progressivement la relève du G3, il conserve le principe d’un utilitaire électrique compact et adaptable, mais le transpose dans une génération plus moderne, avec de meilleures performances et un niveau de confort supérieur.
Le G4 devient le modèle central de Goupil pendant près d’une décennie. Son importance ne tient pas seulement à sa longévité : en avril 2025, le constructeur annonce avoir livré le 16 000e exemplaire. Ce volume en fait le principal succès de la période ouverte par le rachat de Polaris et confirme le passage de Goupil à une production industrielle plus importante.
2019 : les G2 et G6 transforment Goupil en constructeur de gamme
Après avoir renouvelé son modèle principal, Goupil élargit son offre. Le G2 apparaît en 2019 pour répondre aux usages nécessitant un véhicule particulièrement compact. En 2020, le G6 vient au contraire occuper un échelon supérieur, avec davantage de capacité et une utilisation adaptée à des trajets urbains ou périurbains plus exigeants.
L’intérêt historique de ces deux véhicules réside moins dans leurs caractéristiques détaillées que dans ce qu’ils révèlent de l’évolution de l’entreprise. Goupil n’est plus dépendant d’un modèle unique décliné pour de multiples métiers. Le constructeur dispose désormais de plusieurs gabarits qu’il peut ensuite adapter grâce à différentes carrosseries et équipements professionnels.
Cette spécialisation explique également l’absence d’une véritable histoire sportive chez Goupil. Contrairement à de nombreux constructeurs automobiles traditionnels, la compétition n’a pas joué de rôle structurant dans sa réputation ou son développement technique. Son évolution s’est faite presque exclusivement autour des besoins des collectivités, des entreprises et des opérateurs de services.
2022 : Goupil renforce son outil industriel et prépare une nouvelle génération
À partir de 2022, Goupil poursuit l’intégration de certaines opérations industrielles sur son site de Bourran, notamment dans la mécanosoudure et le traitement des pièces. Cette évolution traduit la volonté de mieux maîtriser la fabrication tout en préparant les véhicules appelés à succéder aux modèles développés au cours de la décennie précédente.
Cette préparation prend une dimension supplémentaire avec le projet FUTÉ, retenu dans le cadre du programme France 2030. Le programme doit contribuer au développement de nouveaux véhicules électriques intégrant notamment des progrès en matière de sécurité, de recyclabilité, d’autonomie et de cybersécurité. Goupil annonce en 2024 une aide publique de 3,105 millions d’euros pour accompagner ce projet.
En 2026, année du trentième anniversaire de la marque, cette nouvelle phase devient visible avec l’arrivée du G4+, appelé à renouveler le modèle qui avait profondément marqué la gamme depuis 2016. Goupil demeure alors contrôlé par Polaris, qui compte également Aixam parmi ses activités automobiles européennes. La conception et la production de Goupil restent implantées à Bourran, où la marque poursuit sa spécialisation historique dans les utilitaires électriques destinés aux usages professionnels.
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