Histoire de la marque Aixam

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Aixam est un constructeur français spécialisé dans les voitures sans permis et les quadricycles légers, dont les racines remontent aux petites voiturettes Arola apparues au milieu des années 1970. Née sous son nom actuel après la reprise de cette activité au début des années 1980, la marque a progressivement transformé un véhicule très rudimentaire en un produit plus proche de l’automobile traditionnelle. Son histoire est aussi marquée par une diversification spectaculaire avec MEGA, plusieurs changements d’actionnaires, l’arrivée de l’électrique et le maintien d’une production industrielle en France.

1975 : Arola pose les premières bases de la future Aixam

L’histoire commence avec Arola, une petite voiturette française conçue autour de Daniel Manon dans la région lyonnaise. Les sources ne concordent pas parfaitement sur sa date de lancement : certaines situent les premières Arola en 1975, tandis que d’autres placent leur présentation au début de 1976. Il est donc plus juste de considérer 1975 comme le début de cette histoire industrielle, sans présenter cette date comme celle de la création d’Aixam elle-même.

Les premières Arola sont extrêmement simples. Elles se rapprochent davantage d’un cyclomoteur protégé par une carrosserie que d’une automobile classique. À la fin des années 1970, le concept évolue toutefois rapidement avec l’adoption d’une quatrième roue, d’un volant, de deux places et d’une carrosserie plus élaborée. Cette transformation accompagne l’émergence d’un marché spécifique pour des véhicules compacts accessibles sous le régime réglementaire des voiturettes.

L’activité se rapproche progressivement d’Aix-les-Bains, notamment grâce à l’entreprise industrielle Thimon. Philippe Colançon, qui participe à cette phase d’industrialisation, deviendra par la suite l’une des figures durables de l’entreprise. Malgré ces évolutions, Arola connaît des difficultés financières à la charnière de 1982 et 1983.

1983 : la reprise d’Arola donne naissance à Aixam

La disparition d’Arola ne met pas fin à son concept. En 1983, l’activité est reprise par l’industriel Georges Blain et relancée sous une nouvelle identité : Aixam. C’est cette année qui doit être retenue comme la véritable naissance de la marque, même si son héritage technique et commercial est directement issu des Arola de la décennie précédente.

La nouvelle société s’installe dans la continuité industrielle d’Aix-les-Bains, mais elle ne cherche pas simplement à poursuivre la fabrication des anciens modèles. L’objectif est de fiabiliser le produit, d’améliorer sa conception et de donner à la voiture sans permis des caractéristiques plus proches de celles d’une petite automobile. Philippe Colançon assure une partie importante de cette continuité technique puis managériale.

1984 : la 325 D définit la première génération d’Aixam

La 325 D commercialisée en 1984 constitue la première étape réellement emblématique de la nouvelle marque. Son importance tient moins à ses caractéristiques détaillées qu’au changement de méthode qu’elle représente : Aixam repart d’un cahier des charges largement revu au lieu de se contenter de prolonger les dernières Arola.

Le constructeur développe ensuite progressivement ses véhicules autour des contraintes propres aux quadricycles légers, notamment la vitesse limitée à 45 km/h, tout en travaillant l’habitabilité, la robustesse et la facilité d’utilisation. Cette période fixe le cœur de métier d’Aixam : produire des véhicules très compacts répondant à une réglementation particulière, mais conçus et présentés de plus en plus comme de véritables automobiles.

1988 : les crash-tests renforcent la crédibilité automobile de la marque

À partir de 1988, Aixam fait de la sécurité un axe important de son développement en soumettant ses voiturettes à des essais de choc. Le constructeur revendique avoir été le premier du secteur à faire homologuer une voiture sans permis au crash-test selon des critères inspirés de l’automobile, alors que la réglementation de l’époque ne l’y obligeait pas. Cette affirmation de priorité provient de la marque elle-même, mais la pratique précoce de ces essais est bien documentée.

Ce choix est historiquement important parce qu’il traduit une évolution du produit. La voiture sans permis n’est plus seulement pensée comme un moyen de déplacement minimaliste : elle doit aussi gagner en structure, en finition et en crédibilité auprès d’une clientèle qui attend davantage de confort et de protection. Cette montée en gamme progressive va accompagner l’expansion d’Aixam pendant les années suivantes.

1992 : MEGA ouvre une parenthèse sportive et automobile

En 1992, Aixam crée MEGA, une marque destinée à démontrer que l’entreprise possède des compétences dépassant largement la fabrication de voiturettes. Cette diversification donne naissance à des projets beaucoup plus ambitieux, dont la MEGA Track, une automobile très exclusive dotée d’un moteur V12 fourni par Mercedes et d’une transmission intégrale.

MEGA sert également de vitrine en compétition. L’entreprise s’engage notamment dans le Trophée Andros, qu’elle remporte à trois reprises dans les années 1990, puis obtient une deuxième place au Paris-Dakar en 2000. Ces résultats ne transforment pas Aixam en constructeur sportif de grande série, mais ils donnent au groupe une visibilité inhabituelle pour une entreprise surtout connue pour ses véhicules sans permis et mettent en avant son savoir-faire technique.

Cette aventure reste cependant périphérique par rapport au marché qui assure réellement l’activité de l’entreprise. Au début des années 2000, Aixam choisit donc de mettre fin à la production de voitures de tourisme et de sport conventionnelles.

2002 : Aixam abandonne les automobiles conventionnelles et se recentre

Le tournant de 2002 clarifie durablement la stratégie du groupe. Aixam cesse la production et la commercialisation de voitures particulières et sportives traditionnelles afin de concentrer ses moyens sur les quadricycles. MEGA est progressivement réorientée vers les petits véhicules utilitaires, un domaine beaucoup plus proche des compétences industrielles historiques de l’entreprise.

Cette réorganisation s’accompagne d’un changement de propriétaire. La Financière Norbert Dentressangle, par l’intermédiaire de FMC, prend le contrôle d’Aixam-Mega et de ses filiales. Le changement capitalistique intervient donc au moment même où l’entreprise renonce à son ambition de constructeur automobile généraliste pour revenir à un modèle beaucoup plus spécialisé.

2006 : AXA Private Equity prend le contrôle d’Aixam-Mega

Une nouvelle évolution de l’actionnariat intervient en 2006 lorsque les fonds gérés par AXA Private Equity prennent le contrôle d’Aixam-Mega. Cette période correspond à une phase de développement important du spécialiste français des quadricycles. Les ventes progressent fortement jusqu’en 2007, avant que la crise économique de la fin des années 2000 ne ralentisse le marché.

Aixam ne remet toutefois pas en cause son recentrage. La société poursuit le renouvellement de ses voitures sans permis et de ses petits utilitaires, tandis que les enjeux environnementaux et urbains favorisent progressivement l’étude de motorisations électriques. L’entreprise aborde ainsi les années 2010 avec une activité plus concentrée qu’à l’époque de la MEGA Track, mais aussi mieux adaptée à son marché historique.

2013 : Polaris rachète Aixam au moment où l’électrique prend de l’importance

En janvier 2013, Aixam lance sa gamme de voitures particulières eAixam entièrement électriques. Le groupe avait déjà travaillé auparavant sur des véhicules électriques, notamment dans le domaine utilitaire, mais cette gamme marque une intégration plus claire de cette motorisation dans l’offre destinée aux particuliers.

Quelques mois plus tard, en avril 2013, Aixam-Mega est acquis par le groupe américain Polaris. L’opération, évaluée dans les documents financiers de Polaris à environ 141 millions de dollars, constitue le dernier grand changement de propriétaire de l’histoire récente de la marque. Aixam rejoint ainsi un groupe international spécialisé dans différents types de véhicules tout en conservant son identité, son activité propre et ses implantations industrielles françaises.

2024 : la nouvelle usine d’Andancette accompagne le changement d’échelle

La période récente est marquée par une augmentation des capacités de production plutôt que par une rupture avec le métier historique d’Aixam. Après avoir dépassé 19 000 véhicules produits en 2023 selon les données communiquées par le constructeur, l’entreprise inaugure en septembre 2024 un nouveau complexe industriel à Andancette, dans la Drôme.

Ce site de 17 400 m² complète les implantations d’Aix-les-Bains et de Chanas. La réorganisation doit permettre d’atteindre une capacité d’environ 23 000 véhicules par an dans un premier temps, avec la possibilité d’aller jusqu’à 30 000 unités à moyen terme. Malgré son appartenance à Polaris, Aixam conserve ainsi un ancrage productif français important.

La marque poursuit parallèlement le développement de voitures sans permis thermiques et électriques. Elle reste donc fidèle au marché qui a assuré sa survie après la disparition d’Arola et son recentrage des années 2000, tout en l’adaptant aux nouvelles contraintes de mobilité, d’émissions et d’usage urbain.

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