
Leblanc est une petite marque automobile suisse apparue à la fin des années 1990 autour de l’ingénieur Rolf Wyss, à Wetzikon, dans le canton de Zurich. Son histoire est brève et étroitement liée à la conception de voitures de sport ultralégères inspirées de la compétition, mais capables de circuler sur route. Avec la Caroline GTR puis la Mirabeau, Leblanc a cherché à transposer les principes d’une voiture de course dans une production routière extrêmement limitée, avant que l’activité automobile de la marque ne s’éteigne au début des années 2010.
1999 : la Caroline GTR marque les débuts de Leblanc
L’histoire connue de Leblanc commence en 1999 avec la Caroline GTR. Le projet est associé à Rolf Wyss et prend forme en Suisse, dans un environnement davantage proche de l’ingénierie spécialisée et de la compétition que de l’industrie automobile de grande série. Dès son premier modèle, Leblanc choisit ainsi un positionnement très particulier : construire une sportive extrêmement légère, puissante et techniquement proche d’une machine de circuit, tout en conservant la possibilité d’une homologation routière.
La Caroline GTR traduit immédiatement cette orientation. Sa masse annoncée d’environ 785 kg et son moteur quatre cylindres 2,0 litres turbo développant 512 ch donnent une idée de la radicalité du projet. Ces chiffres ne sont pas seulement spectaculaires : ils montrent que Leblanc privilégie dès l’origine le rapport poids-puissance et la simplicité d’une architecture de compétition plutôt que le confort ou la polyvalence d’une supercar traditionnelle. La Caroline GTR établit ainsi l’identité technique de la jeune marque.
2002 : Wysstec donne une structure industrielle au projet
En 2002, la création de Wysstec GmbH à Wetzikon apporte un cadre juridique et industriel plus formel aux activités de Rolf Wyss. L’objet de la société couvre notamment l’ingénierie, la production et le commerce dans le domaine des véhicules de sport et de course. Leblanc reste néanmoins une entreprise de très petite taille, très éloignée des volumes et des moyens des constructeurs établis.
Cette structure explique en partie la trajectoire particulière de la marque. Leblanc ne cherche pas à constituer une gamme complète ni à produire en série importante. Son activité repose plutôt sur des projets automobiles très spécialisés, développés autour de solutions légères et de performances proches de celles des prototypes de compétition. Les volumes exacts de production sont d’ailleurs mal documentés, ce qui invite à parler d’une fabrication extrêmement limitée plutôt qu’à avancer des chiffres incertains.
2005 : la Mirabeau pousse le concept vers une voiture de course routière
Un nouveau tournant intervient en 2005 avec la Leblanc Mirabeau. Plus ambitieuse encore que la Caroline GTR, elle est conçue selon une philosophie directement inspirée des normes FIA et des prototypes du Mans. L’objectif reste pourtant de permettre une utilisation sur route, ce qui place la Mirabeau dans une catégorie particulièrement rare : celle des voitures dont la conception relève presque entièrement de la compétition, adaptées ensuite aux contraintes de l’homologation routière.
Pour ce modèle, Leblanc s’appuie sur un V8 4,7 litres suralimenté fourni par Koenigsegg. Développant plus de 700 ch pour une voiture d’environ 812 kg, cet ensemble permet à la Mirabeau de représenter l’aboutissement technique de la marque. Le recours à un moteur provenant du constructeur suédois constitue aussi l’un des rares partenariats extérieurs réellement structurants de l’histoire de Leblanc.
La Mirabeau sert également à donner une visibilité internationale au constructeur suisse. Au milieu des années 2000, Leblanc envisage notamment une commercialisation aux États-Unis. Cette volonté montre que la marque ne considère plus son activité comme un simple projet local d’ingénierie. Elle cherche à trouver une clientèle internationale pour une automobile très exclusive, même si son développement commercial restera limité.
2011 : l’activité automobile Leblanc arrive à son terme
La marque ne parvient finalement pas à transformer ses deux voitures radicales en une activité automobile durable à plus grande échelle. Les sources spécialisées situent généralement en 2011 la fin de l’activité de Leblanc en tant que constructeur automobile. Aucune faillite retentissante ni reprise par un grand groupe ne structure cette disparition : l’histoire s’achève plutôt avec l’arrêt du développement de voitures sous ce nom après une période d’existence d’un peu plus d’une décennie.
La même année, Wysstec GmbH devient Wysstec AG. Cette évolution juridique ne correspond toutefois pas à une relance de Leblanc comme marque automobile. Wysstec poursuit son existence en Suisse et s’oriente vers des activités industrielles de précision, tandis que Leblanc n’est plus aujourd’hui une marque automobile active. Son histoire reste donc principalement associée à deux modèles, la Caroline GTR et la Mirabeau, qui témoignent d’une tentative suisse très confidentielle de rapprocher au maximum voiture de route et prototype de compétition.
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