Histoire de la marque TAC

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TAC est un constructeur automobile brésilien né au début des années 2000 à Joinville, dans l’État de Santa Catarina. Son histoire est étroitement liée au développement d’un véhicule tout-terrain conçu au Brésil, le Stark, qui restera le modèle central de la marque. Porté notamment par Adolfo César dos Santos, avec l’appui d’industriels locaux et d’une initiative de la FIESC, le projet ambitionnait de créer un véritable 4×4 national. TAC connaîtra ensuite une industrialisation difficile, un déménagement vers le Ceará, une tentative d’électrification, un projet de rachat avorté par un groupe chinois, puis un changement de contrôle qui mettra fin à son existence comme constructeur indépendant.

2004 : TAC naît autour d’un projet de 4×4 brésilien

TAC, pour Tecnologia Automotiva Catarinense, prend forme en 2004 à Joinville. La société est issue d’un projet automobile soutenu dans l’environnement industriel de Santa Catarina, notamment par la FIESC, la fédération des industries de l’État. Adolfo César dos Santos joue un rôle majeur dans sa création et son développement, aux côtés d’un groupe d’investisseurs locaux. Il est donc plus exact de le présenter comme l’un des principaux fondateurs et porteurs du projet que comme son unique initiateur.

L’activité de TAC se concentre dès l’origine sur un véhicule tout-terrain compact alors connu sous le nom de projet A4. L’objectif n’est pas de constituer une large gamme, mais de mettre au point un 4×4 robuste pouvant être produit au Brésil avec une forte participation de fournisseurs nationaux. Cette spécialisation initiale déterminera toute l’histoire de l’entreprise.

2006 : le projet A4 devient le TAC Stark

En 2006, TAC franchit une étape décisive avec la réalisation d’une petite série pilote et la présentation publique du véhicule au Salon de l’automobile de São Paulo. Le projet A4 reçoit alors son nom définitif : TAC Stark. Cette transformation marque le passage d’un programme de développement industriel à un véhicule destiné à être réellement commercialisé.

Le Stark adopte une conception adaptée à un usage tout-terrain, avec notamment une structure tubulaire, une carrosserie en matériau composite et quatre roues motrices. Ces choix techniques servent surtout une ambition précise : proposer un véhicule relativement léger et spécialisé plutôt qu’un SUV conventionnel. Le Stark devient immédiatement l’identité de TAC et restera, de fait, le modèle autour duquel toute l’entreprise s’organise.

2008 : les premières livraisons installent le Stark sur une niche

Les premières unités destinées aux clients sont livrées à partir de la fin des années 2000. Le Stark reçoit également une nouvelle motorisation turbodiesel fournie par FPT, tandis que son dessin est distingué au Brésil. TAC parvient ainsi à transformer son prototype en produit commercial, sans toutefois atteindre les volumes nécessaires à une véritable production de grande série.

La montée en cadence reste lente et l’entreprise demeure un constructeur de niche. Cette faiblesse industrielle constitue un problème durable : malgré une identité technique claire et un véhicule original dans le paysage automobile brésilien, TAC dispose de moyens bien plus limités que ceux des grands constructeurs implantés dans le pays.

2012 : l’eStark ouvre une piste électrique avant le déménagement au Ceará

En 2012, TAC explore une évolution particulièrement ambitieuse avec l’eStark, une déclinaison électrique développée avec la société américaine MotoCzysz. Le projet montre la volonté de l’entreprise de faire évoluer son 4×4 au-delà de sa motorisation thermique traditionnelle. Il ne débouche cependant pas sur une production électrique à grande échelle et reste avant tout une étape technologique dans l’histoire de la marque.

Au même moment, TAC prépare une transformation plus profonde de son organisation industrielle. La production quitte progressivement Santa Catarina pour Sobral, dans l’État du Ceará, où l’entreprise bénéficie d’incitations destinées à soutenir son implantation. Le transfert vise aussi à rapprocher TAC de marchés jugés favorables aux véhicules tout-terrain. L’usine de Sobral doit permettre une montée en puissance, mais les volumes espérés ne se matérialisent pas. Au milieu des années 2010, la fabrication fonctionne essentiellement selon la demande, signe des difficultés persistantes de la société.

2015 : le projet de rachat par Zotye ne se concrétise pas

En 2015, une possibilité de changement d’échelle apparaît lorsque le constructeur chinois Zotye annonce son intention de reprendre TAC et d’investir dans ses activités au Brésil. Pour la petite entreprise brésilienne, l’opération pourrait apporter les capitaux et les capacités industrielles qui lui ont jusque-là manqué.

Le projet n’aboutit finalement pas. Cette acquisition avortée constitue un tournant important, car TAC reste alors confrontée à ses contraintes de financement et de production sans bénéficier du soutien d’un grand groupe automobile. L’activité s’amenuise et le Stark demeure produit en très faibles quantités.

2018 : TAC tente une relance artisanale du Stark

Après une période de faible activité, TAC remet en avant le Stark en 2018 avec une fabrication essentiellement réalisée sur commande. Une version baptisée Stark Black Cover accompagne cette tentative de relance. Plutôt qu’un redémarrage industriel de grande ampleur, cette phase confirme le repositionnement du véhicule sur une niche très spécialisée.

La marque conserve ainsi son modèle historique mais ne parvient pas à transformer cette relance en développement durable. Le Stark reste reconnu comme la création emblématique de TAC, mais l’entreprise ne dispose toujours pas d’une gamme ou d’une capacité de production suffisante pour changer de dimension.

2019 : le groupe Ferreira Souza reprend l’activité et CAB Motors succède à TAC

En 2019, l’histoire de TAC comme constructeur indépendant connaît son dernier grand tournant avec la prise de contrôle par le groupe Ferreira Souza. L’activité liée au Stark est alors intégrée sous le nom de CAB Motors. De nouveaux développements sont annoncés, dont le Stark Mountain, qui prolonge le concept du 4×4 originel sous une nouvelle structure industrielle.

TAC ne se présente dès lors plus comme un constructeur automobile autonome comparable à celui fondé à Joinville en 2004. La continuité du Stark est assurée sous l’identité CAB Motors, qui maintient le véhicule et ses évolutions dans son offre. L’histoire de TAC reste donc celle d’une initiative automobile brésilienne très concentrée autour d’un seul modèle, passée du projet industriel régional à une production de niche avant d’être reprise et prolongée sous une autre entité.