Histoire de la marque Chamonix

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Chamonix est une marque automobile brésilienne née dans l’État de São Paulo autour de Milton Masteguin, ancien cofondateur de Puma, et de son fils Newton. Issue d’une activité de fabrication en fibre de verre, elle s’oriente à la fin des années 1980 vers la construction artisanale de répliques inspirées des grandes sportives Porsche. Le Spyder 550, puis plusieurs interprétations de la 356, lui permettent de se faire connaître bien au-delà du Brésil avant qu’une crise de ses marchés d’exportation n’interrompe sa production. Après un changement de propriétaire puis plusieurs années de sommeil, son activité est finalement relancée à la fin des années 2010.

1985 : Milton et Newton Masteguin créent Chamonix à Jarinu

Les origines de Chamonix remontent à 1985, lorsque Milton Masteguin et son fils Newton fondent Chamonix Indústria e Comércio à Jarinu, dans l’État de São Paulo. Milton possède déjà une solide expérience de l’industrie automobile brésilienne puisqu’il a participé auparavant à la création de Puma. La nouvelle entreprise ne construit toutefois pas immédiatement des voitures : son activité initiale concerne la fabrication de produits et de meubles en fibre de verre.

Cette maîtrise du matériau composite constitue la base technique sur laquelle Chamonix va rapidement bâtir son activité automobile. Une nuance demeure sur la date de naissance de la marque au sens strict : certaines sources retiennent 1985 pour la création de l’entreprise, tandis que la communication actuelle de Chamonix met plutôt en avant 1987, année où son projet automobile prend réellement forme.

1987 : Chamonix se tourne vers l’automobile avec le Spyder 550

Le véritable virage automobile intervient en 1987 avec le développement d’une réplique de la Porsche 550 Spyder. Le projet bénéficie de l’expérience de l’ingénieur américain Chuck Beck, déjà spécialisé dans ce type de voitures aux États-Unis. Chamonix associe alors une carrosserie légère en fibre de verre à un châssis tubulaire et à une mécanique issue de Volkswagen, une combinaison adaptée à une production artisanale en petite série.

Commercialisé à la fin des années 1980, le Spyder 550 définit durablement l’identité de Chamonix. Plutôt que de devenir un constructeur généraliste, l’entreprise choisit de se spécialiser dans des évocations soignées de sportives classiques, avec une attention particulière portée à la légèreté, à la fabrication manuelle et au respect des proportions des modèles d’origine.

1988 : le Super 90 élargit la gamme autour de la Porsche 356

Dès 1988, Chamonix complète son offre avec le Super 90 Cabriolet, inspiré de la Porsche 356 C. Pour ce programme, l’entreprise récupère des moules et des gabarits issus d’un projet précédemment exploité au Brésil par CBP et Envemo. Cette étape est importante car elle montre que Chamonix ne veut plus dépendre d’un seul modèle : la marque commence à constituer une véritable gamme centrée sur les Porsche classiques.

Cette spécialisation trouve rapidement un public à l’étranger. Au début des années 1990, une part croissante de la production est exportée vers le Japon, les États-Unis et différents marchés européens. La diffusion internationale du Spyder contribue particulièrement à installer la réputation de la petite entreprise brésilienne dans le milieu des répliques de sportives historiques.

1993 : le Speedster renforce le succès international de Chamonix

En 1993, Chamonix lance son Speedster, inspiré du célèbre Porsche 356 Speedster. Le modèle est produit dans le cadre d’un accord avec Beck Development et devient rapidement l’un des piliers commerciaux de la marque. À cette époque, le Japon occupe une place déterminante dans les ventes de l’entreprise : environ 70 % de sa production y est alors destinée.

Le Speedster consolide un positionnement désormais clairement établi. Chamonix ne cherche pas à multiplier les concepts sans lien entre eux, mais à développer différentes interprétations d’une même famille de voitures de sport légères et emblématiques. Cette cohérence facilite son implantation auprès d’une clientèle internationale intéressée par les lignes des Porsche des années 1950 et 1960 sans accéder nécessairement à un exemplaire d’époque.

1995 : le Spyder 550 S modernise la formule historique

En 1995, Chamonix fait évoluer son modèle fondateur avec le Spyder 550 S. Cette version ne se contente pas de reproduire l’apparence d’une sportive ancienne : elle reçoit une mécanique plus moderne, une boîte à cinq rapports, quatre freins à disque et une suspension arrière de type De Dion. Elle illustre la volonté de l’entreprise d’améliorer les performances et le comportement routier de ses voitures tout en conservant leur silhouette classique.

Cette évolution technique marque l’une des périodes les plus abouties de Chamonix. La marque est alors reconnue pour ses carrosseries en fibre de verre réalisées artisanalement et pour une fabrication en petite série qui lui permet de conserver une approche très différente de celle des grands constructeurs.

2010 : la crise des marchés d’exportation interrompt la production

La dépendance de Chamonix à l’égard de ses marchés étrangers finit cependant par fragiliser l’entreprise. En 2010, dans un contexte économique défavorable sur plusieurs de ses principaux débouchés, la production est suspendue. Cette interruption met fin à la période historique durant laquelle la société fondée par les Masteguin fabriquait directement ses répliques à Jarinu.

Les actifs liés à la marque, aux projets et aux outillages sont ensuite cédés à A+ Auto. Une tentative de reprise est menée sous l’appellation Chamonix New Generation, mais elle ne permet pas de retrouver durablement la continuité industrielle des décennies précédentes. Le changement de propriétaire marque ainsi une véritable rupture dans l’histoire de Chamonix.

2019 : Athos Cars relance les modèles historiques de Chamonix

Une nouvelle étape commence en 2019 avec la relance de la production par Athos Cars, dans un projet auquel Newton Masteguin reste associé. L’objectif n’est pas de transformer Chamonix en constructeur moderne à grande échelle, mais de prolonger son savoir-faire historique autour de voitures inspirées des Porsche classiques.

La production reprend autour de plusieurs modèles directement liés à l’histoire de la marque, notamment le Spyder 550, le Speedster 356, le 356 Roadster, le 356 C Coupé et le Super 90 Cabriolet. Chamonix subsiste ainsi aujourd’hui sous la forme d’une activité de niche consacrée à des automobiles artisanales de style classique, dans la continuité du positionnement qui avait fait sa réputation dès la fin des années 1980.