Aston Martin utilise un moteur Honda depuis la saison 2026. Jusqu’à la fin de 2025, l’écurie britannique était équipée de groupes propulseurs Mercedes. La réponse dépend donc de la saison considérée : Mercedes pour les monoplaces engagées entre 2021 et 2025, puis Honda à partir de 2026.
Ce changement ne correspond pas à un simple remplacement de fournisseur. Aston Martin devient le partenaire d’usine de Honda et dispose désormais d’un groupe propulseur conçu pour être intégré à sa propre monoplace. Cette relation doit permettre une coordination plus étroite entre le moteur, le châssis, la transmission, le refroidissement et l’aérodynamique.
Quel moteur équipe Aston Martin en F1 en 2026 ?
L’Aston Martin de 2026 est équipée du groupe propulseur Honda RA626H. Il associe un moteur thermique V6 turbocompressé de 1,6 litre, un système électrique de récupération d’énergie, une batterie et une électronique de contrôle.
Le partenariat entre Honda et Aston Martin a été annoncé le 24 mai 2023, avec une entrée en vigueur prévue pour le nouveau règlement technique de 2026. Honda ne fournit donc pas seulement un moteur acheté sur catalogue : le constructeur japonais développe l’unité de puissance dans le cadre d’un partenariat d’usine exclusif avec l’écurie. Les modalités initiales de cet accord sont détaillées dans l’annonce officielle du partenariat Honda-Aston Martin.
Cette distinction est importante. Une écurie cliente doit généralement construire sa voiture autour de composants dont une partie des dimensions et des contraintes lui est imposée. Un partenariat d’usine permet au contraire de faire évoluer le moteur et le châssis en parallèle, dans les limites du règlement.
Pourquoi Aston Martin a-t-elle remplacé Mercedes ?
Mercedes a fourni les groupes propulseurs d’Aston Martin depuis le retour de la marque comme écurie de Formule 1 en 2021 jusqu’à la fin de la saison 2025. Cette collaboration apportait une technologie éprouvée, mais Aston Martin restait une équipe cliente du motoriste allemand.
Jusqu’en 2025, l’écurie achetait également à Mercedes sa boîte de vitesses et sa suspension arrière. Elle devait donc adapter une partie de sa monoplace à des composants conçus en priorité pour répondre au projet technique de Mercedes.
Avec Honda, Aston Martin maîtrise davantage l’architecture générale de sa voiture. L’écurie développe notamment sa propre boîte de vitesses et sa propre suspension arrière. Elle peut ainsi définir plus librement la position des éléments mécaniques, les besoins de refroidissement et l’organisation de l’arrière de la monoplace.
L’enjeu ne consiste pas uniquement à gagner de la puissance. Une unité de puissance influence aussi la taille des pontons, la circulation de l’air, le centre de gravité, la répartition des masses et la fiabilité. Une meilleure intégration peut donc apporter un avantage même lorsque deux moteurs délivrent une puissance comparable.
Quelles différences entre le moteur Mercedes et le moteur Honda ?
La comparaison directe doit être nuancée, car Aston Martin n’utilise pas les deux moteurs sous le même règlement. Le groupe propulseur Mercedes de 2025 appartient à l’ancienne génération technique, tandis que le Honda RA626H a été développé pour les règles entrées en vigueur en 2026.
Il serait donc trompeur d’interpréter le changement comme un simple duel entre deux motoristes produisant des équipements équivalents. Aston Martin change à la fois de fournisseur, de statut technique et de génération de groupe propulseur.
La chronologie peut être résumée ainsi :
- de 2021 à 2025, Aston Martin utilise un groupe propulseur Mercedes en tant qu’écurie cliente ;
- à partir de 2026, Aston Martin utilise le Honda RA626H dans le cadre d’un partenariat d’usine ;
- la boîte de vitesses et la suspension arrière ne sont plus fournies par Mercedes, mais développées par Aston Martin ;
- le moteur Honda répond à un règlement profondément différent de celui appliqué jusqu’en 2025.
Honda possède déjà une expérience récente de la réglementation hybride moderne grâce à sa collaboration avec Red Bull. Le contexte de ce précédent programme est détaillé dans l’article consacré au moteur de Red Bull en F1. Le projet Aston Martin reste néanmoins distinct, car il a été conçu autour des exigences spécifiques de la réglementation 2026.
Comment fonctionne le moteur Honda d’Aston Martin ?
Le RA626H conserve un V6 turbo de 1,6 litre, mais la place de l’électricité devient beaucoup plus importante. Le règlement 2026 vise une répartition de la puissance proche de 50 % pour le moteur thermique et de 50 % pour la partie électrique, alors que la génération précédente dépendait nettement davantage de la combustion.
Le MGU-H, qui récupérait de l’énergie à partir des gaz d’échappement et participait au fonctionnement du turbo, a été supprimé. Le système électrique repose désormais principalement sur le MGU-K, relié aux roues arrière. Sa puissance maximale passe de 120 kW sous l’ancien règlement à 350 kW sous le règlement 2026.
Cette valeur maximale ne signifie pas nécessairement que les 350 kW sont disponibles de la même manière à chaque endroit du circuit. Les conditions de déploiement électrique dépendent du règlement, de la vitesse, de l’énergie stockée et de la stratégie choisie par l’écurie. Des ajustements réglementaires peuvent également préciser les zones dans lesquelles la puissance complète peut être utilisée.
Pour comprendre ce que représentent ces différentes sources d’énergie dans les performances globales, il faut distinguer la puissance maximale théorique de la puissance réellement disponible pendant un tour. Cette nuance est également essentielle lorsqu’il est question de la puissance d’une Formule 1.
Que change le règlement moteur 2026 ?
Le règlement 2026 cherche à renforcer la contribution électrique tout en conservant un moteur thermique. Il simplifie également l’architecture hybride en supprimant le MGU-H, composant complexe et coûteux qui pouvait constituer une barrière pour de nouveaux motoristes.
La Formule 1 conserve donc un V6 turbo, mais modifie profondément la manière dont l’énergie est produite, récupérée et déployée. Les principales évolutions concernent :
- une puissance électrique nettement supérieure ;
- la disparition du MGU-H ;
- un rôle accru de la récupération d’énergie au freinage ;
- l’utilisation d’un carburant certifié 100 % durable ;
- une intégration plus étroite entre la gestion du moteur thermique et celle du système électrique.
Ces transformations font partie des principales innovations techniques en Formule 1 introduites pour renouveler la discipline sans abandonner le moteur à combustion.
La réglementation officielle présente une puissance maximale de 350 kW pour le MGU-K et une répartition beaucoup plus équilibrée entre les deux sources de propulsion. Ces caractéristiques peuvent être vérifiées dans la présentation du règlement moteur 2026 publiée par la Formule 1.
Quel carburant utilise l’Aston Martin-Honda ?
Depuis 2026, les unités de puissance doivent fonctionner avec un carburant certifié 100 % durable. Pour Aston Martin, le carburant Aramco ProForce+ a été développé en coordination avec le Honda RA626H.
L’objectif n’est pas seulement de remplacer un carburant par un autre. Les propriétés du carburant influencent la combustion, le rendement, la température de fonctionnement, la fiabilité et la puissance. Le motoriste et le fournisseur de carburant doivent donc travailler ensemble pour adapter le moteur à ses caractéristiques.
Cette évolution ne signifie pas que les F1 ne consomment plus de carburant ou qu’elles deviennent entièrement électriques. Elle cherche plutôt à réduire l’utilisation de ressources fossiles tout en améliorant l’efficacité du groupe propulseur. La différence entre quantité embarquée, débit de carburant et rendement doit être prise en compte lorsqu’on analyse la consommation d’une F1.
Le moteur Honda garantit-il de meilleures performances ?
Le statut d’écurie d’usine offre à Aston Martin davantage de liberté, mais il ne garantit pas automatiquement de meilleurs résultats. Le niveau de performance dépend de l’ensemble de la monoplace : moteur thermique, système électrique, batterie, refroidissement, transmission, châssis, aérodynamique, logiciel et fiabilité.
Une intégration complète peut créer un avantage à moyen terme, notamment parce que chaque composant peut être conçu en fonction des autres. Elle ajoute toutefois de nouvelles responsabilités. Aston Martin doit désormais maîtriser des éléments qu’elle achetait auparavant à Mercedes, notamment la transmission et la suspension arrière.
Le passage à Honda représente donc à la fois une occasion et un risque technique. Le potentiel est plus élevé parce que l’écurie contrôle davantage son projet, mais une faiblesse sur un seul élément peut pénaliser toute la voiture. Les performances observées devront être appréciées sur plusieurs circuits, car les besoins énergétiques, le refroidissement et le déploiement électrique varient fortement selon les tracés.
Mercedes ou Honda : quelle est la réponse exacte ?
Pour une Aston Martin engagée entre 2021 et 2025, la réponse est Mercedes. Pour l’Aston Martin conçue selon le règlement 2026 et pour les saisons suivantes couvertes par l’accord, la réponse est Honda.
Honda remplace donc Mercedes comme motoriste d’Aston Martin à partir de 2026, mais le changement va plus loin qu’un nouveau badge sur le capot moteur. Aston Martin passe d’un statut de cliente à celui de partenaire d’usine et reprend le contrôle de composants majeurs de sa monoplace. C’est cette transformation globale, davantage que le seul nom du moteur, qui peut déterminer la réussite du projet.







