Pour la saison 2026, la Red Bull RB22 est propulsée par le Red Bull Ford Powertrains DM01. Ce groupe propulseur hybride est conçu par Red Bull Powertrains avec l’appui technique de Ford Racing. Il marque une rupture majeure avec les saisons précédentes, durant lesquelles Red Bull utilisait une motorisation issue de son partenariat avec Honda.
La réponse ne se résume donc pas à dire que la RB22 possède un « moteur Ford ». Red Bull est désormais directement impliquée dans la conception et la production de son groupe propulseur, tandis que Ford intervient comme partenaire technologique. Cette organisation transforme Red Bull en véritable écurie d’usine, capable de développer conjointement son châssis et sa motorisation.
Quel est le nom du moteur de la Red Bull RB22 ?
Le groupe propulseur de la RB22 porte le nom de Red Bull Ford Powertrains DM01. L’appellation DM01 rend hommage à Dietrich Mateschitz, cofondateur de Red Bull et figure déterminante dans le lancement du projet de moteur développé en interne.
Sur le plan technique, il repose sur un V6 turbocompressé de 1,6 litre associé à un système hybride. D’après les caractéristiques publiées par Red Bull Racing, le moteur thermique est limité à 15 000 tr/min et la puissance cumulée du groupe propulseur dépasse 1 000 bhp. Ce chiffre doit être compris comme une indication globale fournie par l’écurie, car la puissance exacte disponible en course dépend notamment des réglages, de la gestion énergétique et des contraintes de fiabilité.
La puissance totale ne provient plus seulement du moteur à combustion. La réglementation 2026 accorde une place beaucoup plus importante à la partie électrique, ce qui modifie profondément la manière d’évaluer la puissance d’une Formule 1.
Le moteur est-il fabriqué par Red Bull ou par Ford ?
Le groupe propulseur est développé par Red Bull Powertrains, la division créée à Milton Keynes pour permettre à l’écurie de maîtriser sa propre motorisation. Ford n’est pas un simple fournisseur dont le moteur serait installé tel quel dans la RB22. Le constructeur américain apporte des compétences, des technologies et des ressources au programme Red Bull Ford Powertrains.
La contribution de Ford concerne notamment le moteur thermique, les cellules de batterie, le moteur électrique, les logiciels de contrôle et les outils d’analyse. Red Bull conserve toutefois un rôle central dans le développement et l’intégration du groupe propulseur à la monoplace.
La formulation la plus précise consiste donc à parler d’un moteur Red Bull Ford Powertrains, plutôt que d’un moteur exclusivement Ford. Le partenariat associe les installations, les ingénieurs et la connaissance de la Formule 1 de Red Bull aux compétences industrielles et électriques de Ford.
Pourquoi Red Bull a-t-elle créé son propre moteur ?
La décision trouve son origine dans le retrait officiel de Honda de la Formule 1 à la fin de la saison 2021. Red Bull avait continué à utiliser une technologie dérivée des moteurs japonais, avec un accompagnement de Honda, mais cette solution restait transitoire.
La nouvelle réglementation prévue pour 2026 a offert à Red Bull l’occasion de construire un programme plus autonome. En développant son moteur et son châssis sur un même site, l’écurie peut théoriquement améliorer la coordination entre les deux projets. Les dimensions du groupe propulseur, son refroidissement, sa disposition dans la voiture et son fonctionnement énergétique peuvent être pensés en parallèle avec l’aérodynamique et l’architecture de la monoplace.
Cette intégration présente un potentiel important, mais elle augmente également le niveau de risque. Concevoir un groupe propulseur de Formule 1 à partir d’une nouvelle structure demande de maîtriser la combustion, l’électronique de puissance, les batteries, les logiciels, la fiabilité et la production. Le projet moteur constitue ainsi l’un des principaux défis techniques de Red Bull, en particulier dans un contexte où les difficultés récentes de Red Bull en F1 ont déjà montré à quel point l’équilibre global d’une monoplace peut être fragile.
Quelles sont les caractéristiques du moteur F1 2026 ?
Le règlement 2026 conserve le principe du V6 hybride turbocompressé de 1,6 litre, mais revoit profondément la répartition entre énergie thermique et énergie électrique. Le moteur ne change donc pas complètement de forme, mais son fonctionnement et sa gestion deviennent sensiblement différents.
Les principales évolutions concernent plusieurs éléments :
- le maintien d’un V6 turbo de 1,6 litre ;
- la suppression du MGU-H, qui récupérait auparavant l’énergie liée aux gaz d’échappement ;
- l’augmentation de la puissance du MGU-K jusqu’à 350 kW, contre 120 kW dans la génération précédente ;
- une contribution électrique représentant environ la moitié de la puissance totale ;
- l’utilisation de carburants durables avancés.
La disparition du MGU-H simplifie une partie de l’architecture, mais ne rend pas le groupe propulseur facile à concevoir. Les motoristes doivent récupérer, stocker et restituer beaucoup plus d’énergie électrique tout en maintenant les performances du moteur thermique. La batterie, le moteur électrique et le logiciel de gestion deviennent donc aussi importants que la combustion elle-même.
Ces changements s’inscrivent parmi les innovations techniques en Formule 1 les plus structurantes de ces dernières années. Ils imposent aux écuries de repenser non seulement le moteur, mais aussi la manière dont la voiture utilise son énergie sur un tour complet.
Quelle différence avec l’ancien moteur Honda ?
Jusqu’à la fin du précédent cycle réglementaire, Red Bull utilisait une motorisation étroitement liée à Honda. Même après le retrait officiel du constructeur japonais, Honda avait continué à fournir un soutien technique dans le cadre de la structure Red Bull Powertrains.
En 2026, la situation change clairement. Red Bull exploite son propre groupe propulseur en partenariat avec Ford, tandis que Honda devient le motoriste d’Aston Martin. Le contraste est important : Red Bull choisit une intégration interne, alors qu’Aston Martin s’appuie sur un constructeur extérieur dans le cadre d’un partenariat d’usine. Cette différence permet de mieux comprendre le moteur Aston Martin en F1 dès 2026.
La transition ne signifie pas que Red Bull repart sans expérience. L’écurie a recruté des spécialistes, développé de nouvelles installations et bénéficié des connaissances accumulées pendant sa collaboration avec Honda. Elle doit néanmoins transformer ces ressources en un groupe propulseur fiable et performant dans un règlement entièrement renouvelé.
Le moteur Red Bull Ford équipe-t-il une autre écurie ?
Le Red Bull Ford Powertrains est destiné à Red Bull Racing ainsi qu’à Racing Bulls, l’écurie sœur du groupe. Le partenariat annoncé entre Ford et Red Bull couvre au moins la période allant de 2026 à 2030.
Le fait d’équiper deux équipes présente plusieurs avantages. Le motoriste dispose d’un volume de données plus important, peut comparer davantage de situations d’utilisation et répartit son programme sur plusieurs voitures. Cette organisation augmente toutefois aussi les responsabilités industrielles, car les unités de puissance doivent être produites et suivies avec le même niveau d’exigence pour les deux écuries.
Le nouveau moteur peut-il rendre Red Bull plus performante ?
Le développement d’un moteur maison offre à Red Bull une liberté que ne possède pas une écurie cliente. Le châssis, le refroidissement, l’électronique et le groupe propulseur peuvent être conçus comme un ensemble cohérent. Sur le papier, cette intégration permet de gagner en compacité, en efficacité et en rapidité de développement.
Elle ne garantit toutefois aucun avantage immédiat. Les constructeurs historiques disposent de longues années d’expérience dans la conception des moteurs hybrides, alors que Red Bull Powertrains doit encore démontrer sa capacité à produire une unité à la fois puissante, fiable et exploitable pendant toute une saison.
La performance dépendra également de la gestion de l’énergie. Avec une part électrique beaucoup plus élevée, une voiture peut disposer d’une puissance importante sans être capable de la délivrer de manière optimale sur chaque ligne droite. Le logiciel, la récupération au freinage et le déploiement électrique joueront un rôle déterminant, tout comme les contraintes liées à la consommation d’une F1 et à l’efficacité énergétique.
Ce qu’il faut retenir sur le moteur de la Red Bull 2026
La Red Bull RB22 utilise le groupe propulseur Red Bull Ford Powertrains DM01, un V6 turbo hybride de 1,6 litre développé par Red Bull Powertrains avec le soutien technique de Ford Racing.
Il ne s’agit ni d’un ancien moteur Honda rebaptisé, ni d’un moteur Ford simplement fourni à l’écurie. Red Bull est directement responsable de son programme moteur et cherche à réunir sous une même structure la conception du châssis et celle du groupe propulseur. Cette autonomie constitue une opportunité majeure, mais aussi l’un des défis les plus ambitieux de son histoire en Formule 1.







