La Ferrari 250 GT 2+2 est présentée en 1960 et reste en production jusqu’en 1963. C’est la première Ferrari de série offrant de véritables quatre places, avec une configuration 2+2 pensée pour un usage familial tout en conservant les performances et le caractère d’une véritable Gran Turismo. Elle ouvre la voie à toute une lignée de Ferrari 2+2 de grand tourisme.
Contexte, lancement et production
Développée à partir des coupés 250 GT existants, la 250 GT 2+2 adopte un empattement allongé et une carrosserie redessinée afin d’augmenter l’espace intérieur. Le moteur est avancé d’environ 200 mm dans le châssis et la carrosserie est allongée de plus de 300 mm par rapport à la 250 GT Coupé pour dégager une banquette arrière utilisable. La voiture est produite à environ 954 exemplaires, ce qui en fait l’une des Ferrari 250 les plus diffusées. Les derniers exemplaires reçoivent un moteur quatre litres de 330 America tout en conservant la même présentation extérieure.
Moteur V12 et caractéristiques techniques
La Ferrari 250 GT 2+2 est animée par le fameux V12 à 60 degrés de la famille Colombo en version trois litres. Ce moteur est conçu pour offrir souplesse et puissance sur de longues distances. Il est alimenté par trois carburateurs Weber et accouplé à une boîte manuelle à quatre rapports avec overdrive, idéal pour les trajets rapides sur autoroute.
- Architecture V12 à 60 degrés monté longitudinalement à l’avant
- Cylindrée 2 953 cm³
- Code moteur Tipo 128 F puis Tipo 128 E 63 selon les séries
- Alésage et course 73 mm x 58,8 mm
- Distribution un arbre à cames en tête par banc avec deux soupapes par cylindre
- Alimentation trois carburateurs Weber 36 DCL6
- Puissance maximale environ 240 ch à 7 000 tr min
- Transmission boîte mécanique à quatre rapports avec overdrive et marche arrière
Châssis, suspensions et freinage
La 250 GT 2+2 utilise un châssis tubulaire en acier avec un empattement de 2 600 mm. La suspension avant est indépendante avec doubles triangles et ressorts hélicoïdaux. À l’arrière, un essieu rigide associé à des ressorts semi elliptiques et des amortisseurs hydrauliques offre un bon compromis entre confort et stabilité. Les freins à disque hydrauliques aux quatre roues représentent une avancée importante pour une GT de cette période et contribuent à la sécurité à haute vitesse.
Dimensions, poids et performances
Avec sa carrosserie allongée et son habitacle spacieux, la 250 GT 2+2 reste une voiture élancée et sportive. Ses performances demeurent très élevées pour une quatre places du début des années soixante grâce à la combinaison du V12 et de l’aérodynamique soignée.
- Longueur environ 4 700 mm
- Largeur environ 1 710 mm
- Hauteur environ 1 341 mm
- Empattement 2 600 mm
- Poids à vide environ 1 450 kg
- Vitesse maximale de l’ordre de 210 à 240 km h selon les configurations
- Accélération environ 8,1 secondes pour passer de 0 à 100 km h selon les estimations
Habitacle, confort et usage
L’intérieur de la Ferrari 250 GT 2+2 est aménagé pour offrir un vrai confort de grand tourisme. Les sièges arrière sont séparés par un accoudoir central et bénéficient d’un espace généreux pour l’époque. Les matériaux utilisés, notamment le cuir et les garnitures soignées, renforcent le caractère luxueux de cette GT. La voiture permet de voyager rapidement à quatre personnes, ce qui tranche avec les Ferrari strictement deux places produites jusque là.
Carrière, héritage et valeur actuelle
Présentée au public lors d’événements majeurs comme les 24 Heures du Mans 1960 et le Salon de Paris, la Ferrari 250 GT 2+2 rencontre un succès commercial important. Elle contribue à installer durablement le concept de Ferrari 2+2 dans la gamme, annonçant des modèles comme la 330 America et les GT 2+2 suivantes. Longtemps moins recherchée que les versions plus radicales de la famille 250, elle est désormais reconnue comme un maillon essentiel de l’histoire Ferrari. Sur le marché de la collection, les exemplaires en très bon état, bien documentés et conformes à l’origine atteignent aujourd’hui des valeurs élevées, tout en restant souvent plus accessibles que les 250 GT de compétition.












