Présentée en 1960, la Ferrari 250 GT 2+2 occupe une place particulière dans l’histoire de Maranello. Également appelée Ferrari 250 GTE, elle est considérée par le constructeur comme sa première automobile à quatre places produite à grande échelle. Elle conserve le V12, les performances et l’élégance attendus d’une Ferrari, tout en proposant un habitacle capable d’accueillir deux passagers supplémentaires.
Cette formule transforme la 250 GT en véritable grande routière. La voiture ne cherche pas à devenir une berline familiale conventionnelle : elle reste un coupé bas, rapide et raffiné, dont les places arrière offrent surtout une polyvalence absente des modèles strictement biplaces. La 250 GT 2+2 ouvre ainsi une lignée qui se prolongera notamment avec la Ferrari 330 GT 2+2.
Pourquoi parle-t-on aussi de Ferrari 250 GTE ?
Les désignations Ferrari 250 GT 2+2 et Ferrari 250 GTE renvoient au même modèle. Le nom 250 GT 2+2 décrit directement sa configuration, avec deux places principales et deux places arrière. L’appellation 250 GTE est cependant devenue la plus courante dans les ouvrages, les catalogues de ventes et les rassemblements de voitures anciennes.
Cette précision est importante, car la famille 250 comprend de nombreux modèles aux vocations très différentes. Une Ferrari 250 GT Coupé, une berlinette de compétition et une 250 GT 2+2 peuvent partager une architecture mécanique proche sans offrir le même espace, le même comportement routier ni le même usage.
Une Ferrari pensée pour voyager à quatre
La difficulté consistait à créer un habitacle plus accueillant sans dénaturer les proportions d’un coupé Ferrari. L’empattement reste fixé à 2 600 mm. Pour libérer de la place dans l’habitacle, le V12 est avancé d’environ huit pouces, soit près de 20 cm. La partie arrière du pavillon est également relevée et les voies sont élargies.
Le dessin est confié à Pininfarina. La silhouette demeure sobre, avec un long capot, une cabine vitrée et un arrière suffisamment haut pour accueillir les passagers et leurs bagages. Le résultat apparaît moins radical qu’une berlinette, mais plus adapté aux longs trajets. Cette orientation prolonge la tradition des grandes routières V12 amorcée par des modèles comme la Ferrari 250 Europa.
Les deux places arrière ne doivent toutefois pas être interprétées selon les standards d’une voiture familiale moderne. Elles augmentent surtout la polyvalence du modèle. Elles peuvent accueillir des passagers sur des distances raisonnables, des enfants ou des bagages supplémentaires, tout en préservant une carrosserie de coupé.
Présentation en 1960 et production jusqu’en 1963
La 250 GT 2+2 apparaît publiquement lors des 24 Heures du Mans 1960, où un exemplaire est utilisé comme voiture du directeur de course. Sa présentation officielle intervient ensuite au Salon de Paris de la même année. Cette mise en scène souligne son double caractère : une Ferrari liée au monde de la compétition, mais conçue pour un usage routier plus pratique.
La production se poursuit jusqu’à la fin de 1963. Ferrari indique un total de 957 exemplaires, un volume important pour la marque à cette période. D’autres chiffres légèrement inférieurs apparaissent dans certaines sources historiques, mais le total communiqué par le constructeur constitue la référence la plus cohérente.
Ce succès valide l’idée d’une Ferrari rapide et luxueuse dotée de quatre places. La formule évoluera ensuite vers des automobiles plus spacieuses et plus confortables, comme la Ferrari 365 GT 2+2, sans abandonner le moteur V12 placé à l’avant.
Le V12 Colombo de trois litres
La Ferrari 250 GT 2+2 reçoit un moteur V12 à 60 degrés de 2 953,21 cm³. Ce bloc appartient à la célèbre famille de moteurs conçue à l’origine par Gioachino Colombo. Il est alimenté par trois carburateurs Weber 40 DCL 6 et développe 176 kW, soit 240 ch à 7 000 tr/min.
La puissance est transmise aux roues arrière par une boîte manuelle à quatre rapports, complétée par un overdrive. Ce dispositif ajoute un rapport de démultiplication favorable aux parcours rapides et permet de réduire le régime moteur sur les longues distances. Il correspond bien à la vocation de grand tourisme du modèle.
Ferrari annonce une vitesse maximale de 230 km/h. Cette valeur place la 250 GT 2+2 parmi les voitures de route les plus rapides de son époque, malgré un poids et un gabarit supérieurs à ceux des berlinettes plus sportives de la gamme.
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Moteur | V12 à 60 degrés |
| Cylindrée | 2 953,21 cm³ |
| Alimentation | Trois carburateurs Weber 40 DCL 6 |
| Puissance | 240 ch à 7 000 tr/min |
| Transmission | Boîte manuelle à quatre rapports avec overdrive |
| Vitesse maximale | 230 km/h |
| Poids à sec | 1 280 kg |
Un châssis de grand tourisme
La structure repose sur un cadre tubulaire en acier. La suspension avant est indépendante, tandis que l’arrière conserve un essieu rigide, une solution courante sur les Ferrari de grand tourisme de cette génération. Les quatre roues sont équipées de freins à disque, un élément important pour une voiture capable de dépasser largement les 200 km/h.
Avec une longueur de 4 700 mm, une largeur de 1 710 mm et une hauteur de 1 340 mm, la 250 GT 2+2 est sensiblement plus imposante qu’une petite berlinette. Son poids à sec atteint 1 280 kg et son réservoir peut contenir 100 litres, une capacité cohérente avec sa vocation de voyage rapide.
| Dimension | Valeur |
|---|---|
| Longueur | 4 700 mm |
| Largeur | 1 710 mm |
| Hauteur | 1 340 mm |
| Empattement | 2 600 mm |
| Capacité du réservoir | 100 litres |
Les trois séries de la Ferrari 250 GT 2+2
La carrière du modèle se répartit en trois séries. Les changements ne bouleversent pas sa conception générale, mais permettent de distinguer les périodes de production. Ils concernent principalement le tableau de bord, certains détails de finition ainsi que la disposition des feux avant et arrière.
Les premiers exemplaires correspondent à la Série I. La Série II reçoit plusieurs modifications de présentation, puis la Série III apporte de nouvelles évolutions visuelles. Ces différences intéressent particulièrement les collectionneurs, car elles permettent de vérifier la cohérence d’une voiture avec son année, son numéro de châssis et sa configuration d’origine.
La distinction entre les séries ne doit cependant pas masquer l’essentiel : le moteur de trois litres, le châssis tubulaire, la carrosserie Pininfarina et la philosophie générale restent étroitement liés pendant toute la production.
Les dernières voitures et la transition vers la 330 America
Selon Ferrari, les 50 dernières voitures reçoivent un V12 de quatre litres associé à la 330 America. Ces exemplaires constituent une transition entre la famille 250, définie par son moteur de trois litres, et les modèles Ferrari de plus forte cylindrée qui se développent au début des années 1960.
Cette évolution annonce le remplacement de la 250 GT 2+2 par la 330 GT 2+2. Ferrari conserve alors le principe du coupé V12 quatre places, mais augmente la cylindrée et poursuit la recherche de confort. La lignée continuera ensuite à évoluer jusqu’à la Ferrari 365 GT4 2+2 des années 1970.
Une place à part dans la famille Ferrari 250
La 250 GT 2+2 n’est ni la plus légère ni la plus orientée vers la compétition des Ferrari 250. Son intérêt réside ailleurs. Elle associe le caractère du V12 Colombo à une carrosserie plus habitable, une autonomie adaptée aux grands trajets et un niveau de polyvalence inhabituel pour une Ferrari du début des années 1960.
Elle joue également un rôle industriel important. Avec 957 exemplaires annoncés, elle atteint une diffusion supérieure à celle de nombreuses Ferrari antérieures et contribue à installer la marque sur le marché des grandes GT de prestige. Son succès montre qu’une Ferrari peut conserver des performances élevées tout en répondant à des besoins plus pratiques.
La Ferrari 250 GT 2+2 doit donc être comprise comme une étape fondatrice plutôt que comme une simple déclinaison assagie de la 250 GT. Elle définit une architecture durable chez Ferrari : moteur V12 à l’avant, habitacle 2+2, carrosserie élégante et aptitude aux longues distances.











