Produite de 1960 à 1964, la Ferrari 400 Superamerica est une grande routière à moteur V12 conçue pour une clientèle particulièrement restreinte. Elle associe un moteur de près de quatre litres, une vitesse maximale annoncée de 265 km/h et des carrosseries Pininfarina largement personnalisables. Deux séries se distinguent principalement par leur empattement, tandis que plusieurs exemplaires uniques rendent le décompte exact de la production plus complexe qu’il n’y paraît.
Une Ferrari destinée au sommet de la gamme
La 400 Superamerica occupe une place particulière dans la lignée Ferrari Superamerica. Ces voitures ne sont pas pensées comme des modèles de grande diffusion, mais comme des GT rapides, luxueuses et souvent réalisées selon les demandes de leur premier propriétaire. Leur positionnement les rapproche davantage d’une automobile construite sur commande que d’une voiture proposée dans une configuration strictement standardisée.
Elle succède à la Ferrari 410 Superamerica, dont elle reprend le principe général d’une Ferrari routière très puissante, produite en faible quantité et habillée par un grand carrossier italien. La nouvelle venue adopte cependant un moteur différent et une présentation plus moderne, particulièrement visible sur les coupés à carrosserie Aerodinamica.
Ce positionnement correspond à la stratégie développée par Enzo Ferrari pour ses modèles les plus exclusifs. La marque pouvait ainsi proposer une mécanique issue de son savoir-faire sportif dans une automobile destinée aux longs trajets, avec un niveau de finition et de personnalisation supérieur à celui de ses modèles routiers plus courants.
Pourquoi porte-t-elle le nombre 400 ?
Le nom du modèle marque une évolution dans la nomenclature de Ferrari. Sur de nombreuses voitures antérieures, le nombre correspondait approximativement à la cylindrée unitaire d’un cylindre. Ici, le nombre 400 fait référence à la cylindrée totale du moteur, proche de quatre litres.
Cette appellation peut créer une confusion avec la Ferrari 400 GT, apparue bien plus tard. Malgré un nombre identique, les deux voitures n’appartiennent ni à la même période ni à la même famille technique. La 400 Superamerica est une GT du début des années 1960, alors que la 400 GT s’inscrit dans une autre génération de grandes Ferrari à moteur avant.
La distinction vaut également pour la Ferrari 400 GTi, équipée d’une alimentation par injection et commercialisée plusieurs décennies après la Superamerica. Employer simplement l’expression « Ferrari 400 » ne suffit donc pas pour identifier correctement le modèle concerné.
Un V12 de près de quatre litres
La Ferrari 400 Superamerica reçoit le moteur Tipo 163, un V12 atmosphérique ouvert à 60 degrés et installé longitudinalement à l’avant. Sa cylindrée exacte est de 3 967,44 cm³. Ferrari annonce une puissance de 250 kW, soit environ 340 ch, atteinte à 7 000 tr/min.
L’alimentation repose sur trois carburateurs Weber 46 DCF/3. La distribution utilise un arbre à cames en tête par rangée de cylindres, avec deux soupapes par cylindre. Cette architecture reste relativement classique pour une Ferrari routière de cette période, mais la cylindrée et la puissance placent la 400 Superamerica au-dessus de nombreuses autres GT contemporaines de la marque.
La transmission est assurée par une boîte manuelle à quatre rapports complétée par un overdrive. Ce dispositif ajoute un rapport démultiplié destiné à réduire le régime moteur lors des déplacements rapides, un choix cohérent avec la vocation de grande routière du modèle.
Ferrari annonçait une vitesse maximale de 265 km/h. Cette valeur doit être comprise comme une donnée constructeur liée à la configuration de la voiture et aux méthodes de mesure de l’époque. Elle reste néanmoins révélatrice du niveau de performances recherché pour une GT de luxe commercialisée au début des années 1960.
Châssis, freinage et principales caractéristiques
La 400 Superamerica repose sur un châssis tubulaire en acier. Le freinage est confié à quatre freins à disque, une solution adaptée à la puissance et à la vitesse maximale de la voiture. Le réservoir peut contenir 120 litres de carburant, une capacité importante qui correspond à son usage de grande routière.
Ferrari indique un poids à sec de 1 250 kg pour le coupé à empattement court. Ce chiffre ne doit pas être appliqué automatiquement à toutes les 400 Superamerica, car la carrosserie, l’empattement et les équipements pouvaient varier d’un exemplaire à l’autre.
Deux séries et deux empattements
La production est généralement divisée en deux séries. La différence la plus facile à documenter concerne l’empattement. Les premières voitures utilisent un châssis court de 2 420 mm, tandis que la seconde série adopte un empattement de 2 600 mm afin d’améliorer l’espace disponible dans l’habitacle.
| Caractéristique | Première série | Deuxième série |
|---|---|---|
| Empattement | 2 420 mm | 2 600 mm |
| Positionnement | Configuration plus compacte | Habitacle rendu plus spacieux |
| Période | Début de la production | Évolution ultérieure du modèle |
| Appellation courante | SWB, pour empattement court | LWB, pour empattement long |
Les sigles SWB et LWB, fréquemment utilisés dans les catalogues de vente et les ouvrages spécialisés, signifient respectivement « Short Wheelbase » et « Long Wheelbase ». Ils permettent de distinguer les deux configurations, mais ne suffisent pas toujours à identifier précisément une voiture, car les carrosseries et certains détails de finition diffèrent également.
Des carrosseries Pininfarina très variées
Toutes les Ferrari 400 Superamerica sont associées à Pininfarina, mais elles ne présentent pas pour autant une apparence uniforme. Le modèle a existé sous forme de coupé, de cabriolet et de spider. La carrosserie la plus emblématique reste le Coupé Aerodinamica, dont les lignes privilégient une silhouette basse et fluide.
La 400 Superamerica est montrée au public au Salon automobile de Bruxelles en février 1960 sous la forme d’un cabriolet Pininfarina. Le Coupé Aerodinamica, qui donnera ensuite au modèle son identité visuelle la plus connue, est présenté au Salon de Turin au cours de la même année.
La gamme comprend également des réalisations uniques ou fortement individualisées. Ferrari mentionne notamment les Superfast II, Superfast III et Superfast IV. Ces automobiles servent à explorer de nouvelles solutions de style et ne doivent pas être considérées comme de simples versions produites en série selon une fiche technique identique.
Une personnalisation qui complique l’identification
Les acheteurs pouvaient choisir la teinte extérieure, la sellerie, certains équipements, l’organisation des instruments et plusieurs détails de carrosserie. La face avant pouvait elle aussi varier. Deux 400 Superamerica appartenant à la même série peuvent donc présenter des différences visibles sans que l’une d’elles ait nécessairement été modifiée après sa sortie d’usine.
Cette diversité impose de ne pas identifier une voiture uniquement à partir de sa calandre, de ses projecteurs ou de quelques éléments décoratifs. Le numéro de châssis, l’empattement, le type de carrosserie et la documentation historique sont plus fiables pour déterminer la configuration d’origine d’un exemplaire.
Un cas particulièrement connu est celui d’une voiture réalisée pour Gianni Agnelli. Commandée à la fin des années 1950, elle reçoit une carrosserie gris métallisé, une grande calandre rectangulaire et une présentation volontairement discrète. Cet exemplaire illustre la liberté laissée aux clients les plus importants, mais il ne constitue pas une configuration représentative de toutes les 400 Superamerica.
Combien de Ferrari 400 Superamerica ont été produites ?
La rareté du modèle est incontestable, mais le nombre exact d’exemplaires doit être présenté avec prudence. Les décomptes peuvent varier selon que les auteurs incluent certaines voitures uniques, des prototypes, des transformations ou des automobiles dont la configuration a évolué.
Des catalogues de maisons de vente reconnues recensent 25 voitures sur châssis à empattement court et 22 exemplaires de seconde série à empattement long. Ces chiffres conduisent à un total de 47 voitures, mais ils doivent être considérés comme un recensement établi selon un périmètre donné, et non comme une donnée universellement présentée de la même manière par toutes les sources.
Parmi les voitures à empattement court, les cabriolets sont particulièrement rares. Un décompte publié dans le cadre d’une vente spécialisée en identifie sept. Là encore, l’intérêt historique d’un exemplaire dépend autant de sa carrosserie, de son état et de sa provenance que du nombre global de voitures produites.
Ce qui distingue réellement la 400 Superamerica
La Ferrari 400 Superamerica ne se résume pas à son moteur de quatre litres ou à sa vitesse maximale. Sa singularité vient de la combinaison d’un V12 puissant, d’un châssis destiné à la route, d’une fabrication très limitée et d’un degré élevé de personnalisation.
La coexistence de deux empattements, de plusieurs types de carrosserie et de modèles uniques explique pourquoi les fiches consacrées à la voiture peuvent sembler contradictoires. Une valeur de poids, une dimension ou un détail esthétique observé sur un exemplaire ne peut pas toujours être généralisé à l’ensemble de la production.
Pour décrire correctement une Ferrari 400 Superamerica, il faut donc préciser au minimum sa série, son empattement et sa carrosserie. Ces trois éléments permettent de replacer chaque voiture dans une production où la mécanique commune sert de base à des réalisations souvent individualisées.






