Ferrari 250 P

Origine et contexte

La Ferrari 250 P est présentée en mars 1963 lors d’une démonstration à Monza. Elle marque une rupture importante pour la Scuderia Ferrari puisque c’est la première Ferrari de sport prototype à moteur V12 central arrière. Conçue sous la direction de Mauro Forghieri, elle inaugure une nouvelle génération de voitures d’endurance plus compactes, mieux équilibrées et plus efficaces sur circuit.

Quatre châssis sont construits, numérotés 0810, 0812, 0814 et 0816. Après la saison 1963, tous seront convertis en 275 P ou 330 P. Il n’existe donc plus aujourd’hui de 250 P strictement d’origine. Ce caractère éphémère en fait un modèle majeur dans l’histoire technique de Ferrari.

Moteur V12 et groupe motopropulseur

Le cœur de la 250 P est un V12 Colombo de trois litres positionné en central arrière longitudinal. L’objectif est d’obtenir un centre de gravité optimisé et une meilleure motricité, tout en conservant la puissance et la souplesse typiques des V12 Ferrari. La boîte de vitesses transaxle à cinq rapports est intégrée à l’arrière avec le différentiel, solution idéale pour l’endurance.

  • Architecture : V12 à 60 degrés Colombo
  • Cylindrée : 2 953 cm³
  • Alésage et course : 73 mm et 58,8 mm
  • Taux de compression : 9,5 pour 1
  • Distribution : un arbre à cames par banc avec deux soupapes par cylindre
  • Alimentation : six carburateurs Weber 38 DCN
  • Puissance : environ 310 chevaux à 7 500 tr par minute
  • Lubrification : carter sec
  • Boîte de vitesses : manuelle à cinq rapports plus marche arrière
  • Transmission : propulsion avec différentiel dans le transaxle

Ce moteur associe compacité, fiabilité et rendement élevé. Le rapport poids puissance supérieur à quatre cents chevaux par tonne explique les performances impressionnantes obtenues en compétition.

Châssis et technologie

La 250 P repose sur un châssis tubulaire en acier entièrement nouveau, plus rigide et adapté à la position centrale du moteur. Les suspensions sont indépendantes aux quatre roues avec triangles superposés et ressorts hélicoïdaux. Les freins à disque assurent une décélération efficace sur longue durée. Un réservoir d’environ 130 litres permet de longs relais en course, élément essentiel dans les disciplines d’endurance.

La carrosserie ouverte, dessinée par Pininfarina et réalisée en aluminium, privilégie la finesse aérodynamique. Le pare brise bas, les ailes dégagées et l’arceau caréné derrière le pilote participent à la stabilité à très haute vitesse.

Dimensions et performances

Malgré la présence d’un V12 central et d’un réservoir important, la 250 P reste étonnamment légère. Les valeurs d’usine témoignent d’un compromis réussi entre rigidité, compacité et efficacité en ligne droite.

  • Type de carrosserie : spider biplace
  • Longueur : 4 015 mm
  • Largeur : 1 670 mm
  • Hauteur : 1 080 mm
  • Empattement : 2 400 mm
  • Voie avant : 1 350 mm
  • Voie arrière : 1 340 mm
  • Poids à sec : environ 760 kilogrammes
  • Vitesse maximale : environ 290 kilomètres par heure

Les accélérations officielles ne sont pas publiées, mais les estimations situent le zéro cent à peine au dessus de quatre secondes selon les réglages de course. La combinaison d’une masse réduite et d’une aérodynamique soignée fait de la 250 P une référence en performance pure au début des années soixante.

Palmarès et carrière sportive

Dès ses débuts, la Ferrari 250 P domine les grandes épreuves internationales. Elle s’impose aux 12 Heures de Sebring, aux 1000 km du Nürburgring et surtout aux 24 Heures du Mans 1963 avec Lorenzo Bandini et Ludovico Scarfiotti. Engagée par la Scuderia Ferrari en Europe et par le North American Racing Team en Amérique du Nord, elle contribue directement au titre mondial des prototypes décroché par Ferrari cette année là.

Après 1963, les châssis sont transformés en 275 P ou 330 P. L’architecture et l’expérience acquise avec la 250 P serviront de base aux prototypes Ferrari de la seconde moitié des années soixante.

Prix et valeur en collection

La 250 P est un prototype d’usine. Elle n’a jamais fait l’objet d’un tarif catalogue et les transactions d’époque se sont déroulées de manière privée entre Ferrari et ses écuries partenaires. Sur le marché actuel, les châssis issus de la 250 P, convertis ensuite en 275 P ou 330 P, atteignent des valeurs très élevées. Leur importance historique, leur rareté et leurs victoires majeures les placent dans la catégorie des Ferrari les plus recherchées, avec des montants évalués en plusieurs dizaines de millions de dollars selon l’historique individuel.