Origine et positionnement
La Ferrari 365 GTS est présentée à la fin des années soixante comme la version spider de la 365 GTC. Elle reprend la base technique de cette GT raffinée, mais y ajoute le plaisir de rouler à ciel ouvert. Carrossée par Pininfarina et produite en 1969 seulement, elle vient remplacer la 330 GTS et représente alors le sommet des cabriolets V12 de route chez Ferrari.
Avec seulement une vingtaine d’exemplaires construits, la 365 GTS se situe tout en haut de l’échelle de l’exclusivité. Elle s’adresse à une clientèle qui souhaite profiter d’un grand tourisme ouvert, doté du prestigieux V12 Ferrari de quatre virgule quatre litres, mais avec une présentation plus discrète que les berlinettes les plus spectaculaires de la marque.
Style, carrosserie et architecture
La ligne de la Ferrari 365 GTS est signée Pininfarina. Elle reprend l’allure très équilibrée de la 365 GTC, avec un capot long, un pare brise assez vertical et une poupe courte et nette. La disparition du pavillon fixe met en valeur la pureté des volumes et permet de profiter pleinement de la sonorité du V12 lorsque la capote est repliée.
La carrosserie repose sur un châssis tubulaire en acier qui assure la rigidité nécessaire à une voiture ouverte. Les panneaux extérieurs sont soigneusement formés, avec des proportions élégantes plus que démonstratives. Les entrées d’air latérales abandonnées par rapport à la 330 GTS sont remplacées par des grilles sur le capot, signe distinctif de cette évolution. La capote en toile se replie dans un logement derrière les sièges et se dissimule sous une housse lorsque l’auto est découverte.
Moteur V12 et transmission
Au cœur de la 365 GTS se trouve un V12 Colombo de quatre virgule quatre litres. Ce moteur à soixante degrés est installé en position avant longitudinale et constitue l’une des dernières évolutions de la lignée des V12 à simple arbre à cames par banc. Sa cylindrée unitaire d’environ trois cent soixante cinq centimètres cubes explique l’appellation 365 utilisée par Ferrari.
L’alimentation est confiée à trois carburateurs double corps Weber qui assurent un remplissage homogène des douze cylindres et contribuent à la réponse très progressive de la mécanique. La puissance se situe autour de trois cent vingt chevaux à environ six mille six cents tours par minute, avec un couple généreux disponible dès le moyen régime. La boîte de vitesses manuelle à cinq rapports est montée en transaxle à l’arrière, ce qui améliore la répartition des masses et la motricité.
- Architecture : V12 à soixante degrés en position avant longitudinale
- Cylindrée totale : environ 4 390 cm³ pour une cylindrée unitaire de 365 cm³
- Distribution : un arbre à cames en tête par banc avec deux soupapes par cylindre
- Alimentation : trois carburateurs double corps Weber 40 DFI
- Rapport volumétrique : proche de 8,8 pour un
- Puissance maximale : environ 320 ch à 6 600 tr min
- Couple maximal : autour de 360 newton mètres à moyen régime
- Boîte de vitesses : manuelle à cinq rapports en disposition transaxle arrière
Châssis, suspensions et freinage
La Ferrari 365 GTS repose sur un châssis tubulaire en acier de type classique chez Ferrari à cette époque. Les suspensions sont indépendantes aux quatre roues, avec triangles superposés, ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques. Des barres antiroulis complètent l’ensemble afin de contenir les mouvements de caisse en virage.
Les freins à disques sont montés sur les quatre roues et assistés, ce qui procure un freinage puissant et progressif en adéquation avec les performances de la voiture. La direction à vis et galet offre un bon compromis entre précision et confort, en particulier sur longs trajets. L’association de la suspension indépendante, de la boîte transaxle et de la direction bien calibrée fait de la 365 GTS une GT très homogène, agréable aussi bien en conduite coulée qu’en rythme soutenu.
Dimensions, poids et gabarit
La 365 GTS est un grand spider deux places, mais ses dimensions restent relativement contenues pour une GT V12 de la fin des années soixante. L’empattement identique à celui de la 365 GTC confère une bonne agilité, tandis que la longueur et la largeur assurent une stabilité suffisante sur autoroute. Le poids à sec, voisin d’une tonne trois, reste raisonnable compte tenu de la taille du moteur et de l’équipement de confort.
- Empattement : environ 2,40 m
- Longueur totale : proche de 4,47 m
- Largeur : autour de 1,67 m
- Hauteur : environ 1,30 m
- Voies avant et arrière : légèrement supérieures à 1,40 m
- Poids à sec : environ 1 350 kg
- Capacité du réservoir : voisine de 90 litres, adaptée aux longs trajets
Performances et agrément de conduite
Grâce à ses trois cent vingt chevaux et à son poids contenu, la Ferrari 365 GTS offre des performances de tout premier plan pour un cabriolet de son époque. La vitesse maximale atteint environ deux cent quarante cinq kilomètres par heure et le zéro à cent kilomètres par heure s’effectue en un peu plus de cinq secondes selon les mesures couramment admises. Ces chiffres placent la 365 GTS au niveau des meilleures GT fermées tout en offrant le plaisir de rouler cheveux au vent.
Sur route, la voiture séduit par la souplesse de son V12, qui accepte de reprendre à bas régime, puis par sa montée en régime pleine et régulière lorsque l’on sollicite davantage l’accélérateur. La sonorité du moteur devient particulièrement envoûtante capote ouverte. Le châssis reste sain et prévisible, avec une légère tendance au confort plutôt qu’à la fermeté extrême, ce qui correspond bien à la vocation de grand tourisme de ce spider d’exception.
Production, rareté et valeur
La Ferrari 365 GTS n’a été produite qu’à environ 20 exemplaires, tous en conduite à gauche. Cette production très limitée est due à la courte période pendant laquelle le modèle est resté au catalogue, la marque concentrant ensuite ses efforts sur d’autres V12 plus récents comme la 365 GTB/4. Dès l’origine, la 365 GTS se positionne comme un modèle d’élite, construit en très petite série pour des clients triés sur le volet.
Aujourd’hui, cette rareté, associée à la beauté de sa ligne Pininfarina, à la noblesse de son V12 de quatre virgule quatre litres et à son rôle de spider haut de gamme dans la gamme Ferrari de la fin des années soixante, en fait l’un des cabriolets Ferrari les plus recherchés. Les exemplaires parfaitement restaurés, dotés d’un historique limpide et conformes à l’origine, atteignent des montants très élevés sur le marché de la collection, souvent au sommet de la catégorie des spiders V12 classiques.












