La Ferrari 512 BB LM naît à la fin des années soixante dix comme version de compétition de la 512 BB de route. LM signifie Le Mans, ce qui traduit clairement l objectif d origine. Ferrari souhaite proposer à ses clients sportifs une berlinette capable de tenir un rythme très élevé pendant vingt quatre heures, en particulier sur la ligne droite des Hunaudières. Le développement est confié au service compétition clients de la marque, en étroite collaboration avec Pininfarina pour la partie aérodynamique.
Les premières voitures apparaissent autour de 1978 et courent dès 1979. Elles ne sont pas engagées officiellement par la Scuderia mais par des équipes privées soutenues par l usine, comme Charles Pozzi en France ou le NART de Luigi Chinetti. Au fil des évolutions, la 512 BB LM gagne en efficacité, jusqu à décrocher une victoire de catégorie aux 24 Heures du Mans au début des années quatre vingt.
Carrosserie spécifique et aérodynamique de course
La Ferrari 512 BB LM reprend la base de la 512 BB mais sa carrosserie est profondément transformée. Le dessin, retravaillé en soufflerie par Pininfarina, allonge le nez, intègre un splitter marqué et modifie radicalement l arrière avec un volume plus étiré et un aileron fixe. Les ailes avant et arrière sont élargies pour recouvrir des voies plus importantes et des pneus de compétition de très grande largeur.
Les panneaux de carrosserie sont réalisés en matériaux composites, mélange de fibre de verre et parfois de Kevlar sur certaines parties, afin d alléger la voiture par rapport au modèle de route. L habitacle est dépouillé, avec un arceau multipoints, un tableau de bord simplifié et un siège baquet unique ou deux selon les configurations. Tout est pensé pour réduire le poids, améliorer la pénétration dans l air et assurer une stabilité maximale à plus de 300 km h.
Moteur douze cylindres à plat de compétition
Au cœur de la 512 BB LM se trouve un douze cylindres à plat de près de cinq litres, dérivé du moteur de la 512 BB mais largement retravaillé. Toujours disposé en position centrale arrière longitudinale, ce bloc conserve l architecture à 180 degrés, la distribution à double arbre à cames en tête par rangée et deux soupapes par cylindre, mais adopte une alimentation par injection mécanique au lieu des carburateurs de la version routière.
Le taux de compression est relevé, les arbres à cames sont plus agressifs et l admission ainsi que l échappement sont optimisés pour un usage piste. La lubrification par carter sec garantit une alimentation en huile constante lorsque la voiture prend de forts appuis dans les virages rapides. La puissance progresse nettement pour atteindre environ 470 chevaux, avec un couple important disponible sur une large plage de régime afin de supporter de longs relais en endurance.
- Type de moteur : douze cylindres à plat à 180 degrés en position centrale arrière longitudinale
- Cylindrée : environ 4 943 cm³
- Alésage x course : environ 82 mm x 78 mm
- Distribution : double arbre à cames en tête par rangée avec deux soupapes par cylindre
- Alimentation : injection mécanique indirecte développée pour la compétition
- Taux de compression : supérieur à celui de la 512 BB de route avec une valeur voisine de 10,3 à 1
- Puissance maximale : autour de 470 chevaux à plus de 7 000 tr min
- Lubrification : carter sec avec réservoir séparé
- Embrayage : multidisque à sec
- Boîte de vitesses : manuelle à cinq rapports plus marche arrière
Avec ce groupe motopropulseur, la Ferrari 512 BB LM peut dépasser les 320 km h en configuration Le Mans, ce qui en fait l une des voitures de Grand Tourisme les plus rapides de son époque. Les accélérations sont très violentes, mais c est surtout la capacité à maintenir un rythme élevé pendant des heures qui caractérise ce moteur conçu pour l endurance.
Châssis, suspensions et freinage
La 512 BB LM repose sur un châssis tubulaire en acier de type multitubulaire, plus léger et plus rigide que celui de la version routière. Des renforts en tôle sont ajoutés aux endroits stratégiques pour améliorer la résistance en cas de choc et encaisser les contraintes d une utilisation intensive sur circuit. Les suspensions indépendantes reprennent le principe des triangles superposés, mais utilisent des articulations sur rotules uniball et des combinés ressort amortisseur réglables.
Les freins sont dimensionnés pour un usage intensif, avec de grands disques ventilés à chaque roue et des étriers de compétition. La voiture peut être équipée de systèmes de refroidissement des freins par conduits d air afin de supporter les freinages répétés à haute vitesse, en particulier au bout de la ligne droite des Hunaudières. La direction à crémaillère sans assistance conserve un ressenti très direct, apprécié des pilotes pour guider la voiture avec précision dans les portions rapides.
Dimensions, poids et profil aérodynamique
Par rapport à la 512 BB de route, la BB LM gagne quelques centimètres en longueur et en largeur, mais perd plusieurs centaines de kilogrammes grâce à l utilisation de matériaux allégés et à l épuration de l habitacle. Son empattement reste identique, ce qui permet de conserver une base de comportement connue tout en modifiant fortement la répartition des charges et l appui aérodynamique.
- Longueur : environ 4 895 mm
- Largeur : environ 1 830 mm
- Hauteur : environ 1 120 mm
- Empattement : environ 2 500 mm
- Voie avant : environ 1 560 mm
- Voie arrière : environ 1 710 mm
- Poids : de l ordre de 1 050 kg avec les fluides
Ce rapport poids puissance très favorable, associé à un profil étudié en soufflerie, explique la capacité de la 512 BB LM à atteindre des vitesses de pointe très élevées sur les grandes lignes droites tout en conservant une bonne stabilité. La voiture profite d un réservoir d environ 120 litres pour permettre des relais de durée significative sans arrêt ravitaillement trop fréquent.
Programme en compétition et production limitée
Engagée principalement par des écuries privées, la Ferrari 512 BB LM participe aux grandes épreuves d endurance à la fin des années soixante dix et au début des années quatre vingt. On la retrouve aux 24 Heures du Mans, aux 24 Heures de Daytona et sur plusieurs manches du championnat du monde d endurance. Les meilleurs résultats incluent des victoires de catégorie et plusieurs places dans le top dix au classement général, avec une pointe en notoriété lors d une victoire de classe à Le Mans pour une voiture préparée et engagée par l importateur français.











